‹ FuturaChapitre 5 sur 131 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Elles ont à tout croire une pente si molle

Qu'elles croient quelquefois ù leur propre parole !

C'est cela, donne-lui ton immortalité,

Elle te répondra par sa fidélité,

Vos cadeaux se vaudront. — Mais ceux-ci sont des hommes.

De plus, rien que le lieu meurtrier oîi nous sommes

Leur dit assez. . . — Mais c'est qu'ils paraissent contents !

Ces moribonds croiraient qu'ils vont survivre au temps !

Quand les trois quarts déjà n'ont plus membre qui vaille !

Quand vous sortez de voir comment la mort travaille,

il vous faut un orgueil robuste, compagnons.

Pour croire à l'avenir sans fin de vos moignons !

Vous immortels! on peut vous prendre à cette attrape!

Mais rien qu'en vous touchant...

FAUST

IN 'es-tu pas armé? frappe,

LE SOLDAT, tirant son épêc.

Lequel?

FAUST

Tu peux choisir.

LE SOLDAT, à Anacréon .

Voici, vieil éclopé.

L'instant d'être immortel.

Il le frappe. Anacréon tombe.

li riTI MA.

l'AUST.

Il l'esl.

Il l'iiil riM'Minicr le sdlilul cl lui uicphum' Aiinrrt'dii (li>li(iul cl Sdiiri.iiil . LE SOLDAT.

J'ai mal IVappé.

FAUST

Uecommence.

LE SOLDAT, riMi,j):int.

Au cœur!

Anaci'ciiii lonilii'.

FAUST, le iiiiiiiliMui (lelnuii.

\'ois.

LE SOLDAT. j

Cette fois je te fauche !

Il le pprcc de coujts reilnulil('s vl s".irciMui)ii sui' le r,ul;ivfo. F A U S T .

Non.

LE SOLDA']', rcviiyaiii Anacrémi sain cl sauf.

Qu"est-ce que ceci?

FAUST, le lui iiiiiiilrant ailleurs.

Regarde.

IMtOI.OCLi:. Ib

Encore

LE SOLDAT

Encore !

LE SOLDAT

FAUST

A gauche.

A droite.

LE SOLDAT

Encore! encore! — Ah! mon sang houlî N'importe! j'ai bon bras. Tiens, pare-moi ce coup. Toi. Crevé. — Tiens, pour toi. S'il vous faut un carnage, Vous l'aurez. — Vieux fragment, tu veux vivre, à ton Age ! C'est une ambition qui vaut un châtiment. Accepte-le. — Cher cœur, nous allons gentiment Nous coucher, n'est-ce pas? Aide-moi, mort chérie! — Tiens, toi! — Tiens, toi! — Tiens, toi!.. Mais cette bouclicrie D'un seul homme ne fait que le multiplier. Il n'était qu'un d'abord, et j'en vois un millier, Des milliers, pullulant sous les coups que j'assène. Il aura découvert quelque méthode obscène De reproduction. Gomorrhe, va! J'en vois De plus en plus. L'infâme est partout à la fois!

FAUST

Oui. partout à la fois! Et c'est pouniuoi, génies, \ Dus aile/, défier toutes les tyrannies; t^ar (jui serait puissant contre l'ubiquité? Oui, vous serez partout! Oui, sans avoir quitté Un lieu, vous surgirez dans tous les autres. Londre, Francfort, Rome et Paris vous entendront répondre; Vous serez, de la Seine au Nil, du Gange au Meiu, Les interlocuteurs de tout le genre humain ; Vous vous entretiendrez à la même minute Avec le maître, avec l'esclave, avec la brute, Avec l'àtre, l'autel, le trône et l'échafaud, Tout bas avec la vierge, avec le roi tout haut; Nul césar désormais ne peut vous faire taire, Et vous ne finirez qu'avec toute la terre!

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