I- AUST
Merci, chères vaillantes.
(Cherchons vite à présent. — Ces pierres plus brillantes Doivent l'avoir touchée. Oh! j'approche. — 11 fait jour, C'est elle !
Ik'lènc apparaît.
0 Dieu! gisante! Hélène, mon amour, Ma vie! p]lle respire!... — Attends que je relève Ton front céleste, oîi saigne une trace de glaive! 0 crime horrible ! ils ont meurtri ton corps sacré. Mais me voici, je l'aime, et je te guérirai, \il je te défendrai contre eux, et de manière A leur faire éviter l'abord de ma tanière ! M'entends-tu, dis? — Ses veux se rouvrent !
HÉLÈNE
Laisse-moi Je suis morte.
PROLOGUi:. Il
FAUST
Tu vas ressusciter I
HÉLÈNE
Pourquoi?
l'our mourir deux fois?
FAUST
Non ! la vie où je t'appelle Ne finira jamais ! Ni la flamme cruelle Ni le fer ne pourront désormais te blesser. Tu verras tout finir et les siècles passer Impuissants à te faire une ride. — Oh ! je t'aime D'un amour que n'eut pas pour toi ton Paris môme , Car il ne t'enleva, dans son modeste effort, Qu'à Ménélas, et moi je te vole à la mort!
HÉLÈNE
Comment croire qu'un corps de matière fragile?...
FAUST
Regarde.
Avec un geste île eonimiiailemeiit.
Debout, tous! Job, Eschyle, Virgile, Esope , Juvénal , Platon , Lucrèce , tous , Tous! Les lettres sont là qui combattent pour vous, Venez !
12 IITIIIA.
J.KS CiÉMES, surgissant (les ruines.
Qui nous apjx'lle ainsi?
1 AUSÏ.
Je vous apporte Lue bonne nouvelle, amis : la mort est morte! .l'ai trouvé le moyen de vous faire immortels.
LES (.ÉNIES.
Que (lil-il?
FAUST
^ ous vivrez à tout jamais, et tels Que vous êtes. Hélas ! je ne peux pas vous rendre C-e que stupidement l'incendie a fait cendre ; Mais quand tous les césars uniraient leurs courroux, Je leur arracherai ce qui reste de vous !
LE SOLDAT
Pourquoi les traites-tu comme des imbéciles?
FAUST
Vivez !
LE SOLDAT
Ils ne sont pas encore assez fossiles l*our croire à ton mensonge inepte. Amuse-toi De cette femme. Étant femelle, elle a la foi.