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ACTE III. — SCÈNE I

Qu'ils se rassurent. Nous laissons La banqueroute aux monarchies.

Europe, sors de ton linceul. J'ai reconquis mon héritage, .Je suis le peuple qui partage.

Je ne sais pas être heureux seul.

Des lampions! des lampions! Druides,

César, et le pape, et le roi,

Ont fait les ténèbres en moi

Pour que j'eusse besoin de guides.

Nous voulons, enfin déchaînés, Marcher seuls. Donc, que la première De nos paroles soit lumière !

Illuminez ! illuminez !

Que la ville qui nous est chère Soit étoilée en nombre tel Qu'on se demande si le ciel N'est pas descendu sur la terre !

Des lampions ! Comme nous rampions Dans l'ombre où nous tenaient nos maîtres !

122 FUTLRA.

Vile, aux esprits comme aux feiiôlres, Vite, des lampions! des lampions!

FAUST

Peuple aujourd'hui plus ^rand que les auti'es enseml)le Tout oc que tu voudras, tu peux le faire : tremble. Tu l'amuses, tu ris, tu railles, c'est ton jeu De faire rayonner la nuit. Un gamin dieu N'aurait pas dans le ciel d'autres enfantillages ; Tous les oiseaux dont Juin emplit les verts feuillages Semblent s'être envolés des jardins dans ton cœur. Tant tu chantes! — je viens te consoler, vainqueur! Toi l'esclave éternel, te voilà libre et maître. Maintenant, il faudra vouloir, choisir, permettre Et défendre, dompter le flot, trouver le port. Le capitaine est mort, et le second est mort. Et le pilote est mort ; le matelot gouverne ; Et l'écueil, noir bandit, attend dans sa caverne. Oh! délivré, debout, grandi, mais connaissant Que tout droit est devoir, ô pauvre tout-puissant! Conscience lâchée à travers le mystère, Oh! que de fois, géant jaloux du ver de terre, Tu maudiras avec des larmes dans la voix Toute cette grandeur sévère! que de fois,

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