‹ FuturaChapitre 57 sur 131 · ACTE III. — SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE III. — SCENE III

LE REÎTRE

Je ne sais pas, moi, je me suis batlu, Et puis, mon commandant, en me donnant ce verre Et ces gourdes, m'a dit ce que j'avais à faire. J'obéis.

l'écolier.

Malheureux ! mais ce que tu détruis , C'est la Bibliothèque ! Oui , l'amas des grands fruits Dont toute âme, excepté la tienne, est afTamée. Nous en vivons ! Tu veux faire de la fumée Du legs de tous les temps et de tous les pays ! Tu veux déshériter l'avenir!

LE REÎTRE

J'obéis.

l'écolier.

Emmenez cette brute.

On emmène le reitre.

A présent, au Musée!

Car les chefs de ces gens haïssent la pensée D'abord, ensuite l'art. — Qu'un groupe, citoyens, Reste à garder ici les meilleurs de nos biens.

128 FITURA.

l'n groupe sp détache, dont un bor^ino. — Aux autres.

Allons !

L'écolier sort avec les autres.

LE «ORGN'E.

Rien n'est meilleur qu'un livre, — et rien n'est pire. Oui, par ce qu'il enseigne et par ce qu'il inspire Le livre rend à l'homme un service constant. Le livre est le grand frère et le grand combattant. Le livre fait le bien, défait le mal, délivre, Empoigne, démolit, construit. C'est par le livre Que le passé revit et que l'avenir naît. Hien n'est meilleur qu'un livre. Et c'est pourquoi rien n'est Pire qu'un livre. Ayant ce pouvoir, quel ravage S'il l'emploie à rebours , s'il est pour l'esclavage Et s'il aide le blanc à la chasse du noir. Si de porte-lumière il se fait éteignoir. Si, lui le précurseur, il nous traîne en arrière. Si ton imprimerie est une meurtrière, F'aust! C'est pourquoi, sans être indulgent au crétin Qui, comme on éteindrait l'étoile du matin Et comme un musulman incendierait la Mecque, Voulait assassiner cette bibliothèque,

ACTi^ 111. — S Ci: M*: m. i-iu

Je comprendrais qu'on fit un choix, et qu'on cédât,

Les bons livres triés, le reste ù ce soldat.

J'aime et je hais le livre, et je serai fort aise

Qu'il parle, s'il dit vrai, mais, s'il ment, qu'il se taise!

LA FOULE,

Il a raison !

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