ACTE 111. — SCÈNE V. I kI
Et je ne me sens pas la générosité De te faire cadeau de notre éternité, Je ne porterai pas ce denier à ta Rome.
Au I liesse.
ïu ne crois pas à Dieu, soit. Mais tu crois à l'homme.
C'est un étrange efYel de ta croyance à lui
Que d'en faire un éclair éteint dès qu'il a lui,
De réduire son être à cette chair grossière
Qui commence en ordure et finit en poussière,
D'en faire un pauvre objet qui serait un moment
Si peu de chose et puis rien éternellement!
Et le dogme pourra rire de ta bravade
Si c'est dans le néant que le penseur s'évade !
Pour moi, l'homme est plus grand que la terre ! Comment
Vit-on après la mort? Quel autre vêtement
Que le corps porte -t-on? Qui sait? Ce qu'à cette heure
J'affirme, c'est qu'il est impossible qu'on meure,
C'est que rien ne finit ! J'ai la profonde foi
Que mort on \it : ici dans tous, ailleurs en soi.
LE BLESSÉ
Vivre ailleurs qu'ici? Non! C'est de cette espérance Qu'est faite la misère humaine! La souffrance S'insurgerait: — <> Pourquoi? disent les jouisseurs. Pour des ennuis d'un jour qui sont les précurseurs
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IVun bonheur éternel! Quand demain, tout à l'heure, La mort va vous ouvrir le ciel ! Heureux qui ])lcure ! Plus on aura souffert, plus on sera comblé. Ne nous enviez pas , frères , les champs de blé , Les vignes, les sacs d'or; car nous en devrons compte. Et plus on est chargé, moins aisément on monte. » — Kl, sûre de trouver son rcve dans ce trou, La résignation stupide tend le cou.
Et, comme le vin sort des grappes (iii'oii pressure. L'enivrement des rois sort de notre blessure. Ah! l'homme est las enfin d'être celui qui vend La chair pour l'ombre! Il veut vivre de son vivant! Tout (le suite ! Voici trop longtemps que Lazare Ne mange que demain. Quant à moi, je déclare Que le premier devoir est de se battre en duel Avec ce meurtrier de la terre, le ciel!
FAUST
(^est pour que l'homme soit plus heureux sur la Ici'i-e Que tu lui prends le ciel? Suppose ton progrès Accompli; plus de maître et plus de prolétaire; Pain et lumière, tout à tous, — et rien après;
Suppose l'homme tel que tu le veux, superbe, Libre, seigneur du lieu, cueillant tous les beaux fruits ,