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ACTE IV. — SCENE II. lOo

Tous les gueux sans souliers qui veulent des voilures Et que leur pauvreté dispose aux aventures, Car qui n'a pas d'habit ne tient guère à sa peau, Et ceux qui pour patrie ont l'ombre d'un drapeau, Et les vieux serviteurs du césar mort qu'enivre L'apparence de voir leur jeunesse revivre, Et puis les intrigants déçus, les affamés De places et d'honneurs, et puis les mal famés. Les véreux, les gredins aux figures sinistres Qui sont galériens s'ils ne sont pas ministres, Tous entourent le prince, et vont le gangrenant De leurs conseils, poussant son coude, lui donnant La couronne et, pour peu qu'un scrupule l'arrête, Prêts à la lui planter de force sur la tête. Pas même un mot à dire, et l'on est Majesté! On résiste aisément quand on n'est pas tenté; iMais si, de l'aube au soir, tout ce qui t'environne, A genoux, te disait : Règne! si la couronne D'elle-même s'offrait à tes doigts embrasés? Combien en connais-tu d'empires refusés?

Cet homme accepta. Vol, serment, viol, massacre, Dès lors tout lui fut bon ; il gagna bien le sacre ! Et c'est sombre à penser combien la terre but De sang, et le chemin était digne du but. Je ne conteste aucun des crimes que tu comptes;

166 FUÏURA.

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