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CHAPITRE III

La famille, dians sa propagande sacerdotale, doit être aidée par le clergé, qui est, au fond, le premier intéressé dans la question des vocations. Monsieur le curé ou ses vicaires ont tout d'abord mission de donner aux parents une direction éclairée sur l'estime qu'ils sont tenus d'avoir pour le sacerdoce, et sur la manière de former l'âme de leurs enfants. Ces prêtres zélés apprendront aux pères et aux mères comment mettre en pratique à leur foyer les conseils, qui viennent d'être exposés, au chapitre précédent, sur le « Rôle de la famille » dans le recrutement.

Mais là ne se bornera pas l'action du clergé. Il devra surtout exercer sur l'enfant lui-même une influence bienfaisante, en vue de le maintenir toujours dans des dis-positions morales telles que Pappel de Dieu, s'il venait à se produire, pût être facilement entendu et suivi.

LA PEUR DE L'iNFLUËN» IDOTALE 61

Chose étrange ! Celte action directe du prêtre sur les jeunes fîmes, au lieu d'être appréciée à sa juste valeur, est souvent, au contraire, redoutée des pères et des mères qui s'efforcent, par les moyens les plus divers, de soustraire, autant que possible, leurs fils à 1' « emprise » ecclésiastique.

On comprendrait encore la conduite de familles non chrétiennes arrachant leur enfant à l'ascendant du prêtre par horreur de la vocation. Mais comment s'expliquer que des catholiques puissent craindre que leurs fils aient des rapports affectueux avec le clergé ?

Cette « phobie » de l'influence sacerdotale, dont quelques parents sont atteints de nos jours, provient d'une illusion, qu'au début d'un chapitre comme celui-ci, il est nécessaire de dissiper. On s'imagine dans le monde que la fréquentation du prêtre nuir à la liberté de l'enfant... et, comme cette liberté est « chose sacrée », on y attenterait en laissant s'établir des relations qui pourraient « forcer la conscience ».

Qui ne voit du premier coup l'erreur cachée sous ces formules ? Refuser au prêtre le droit d'exercer autour de lui une influence sacerdotale, ce serait tomber dans cette étrange contradiction qui consisterait à nier à tout homme, par respect pour la liberté, le droit d'agir et de parler. Si l'on admet en effet qu'une « propagande », des « conseils », des « avis motivés », des « appels à l'attention et à l'action » sont des entraves intolérables au libre arbitre, il faut bannir l'éloquence, supprimer les

affiches, les réclames, les prospectus, les consultations médicales ou juridiques... On mesure vite la folie d'une telle prétention. Est-ce que l'Etat, par exemple, attente à la liberté des concitoyens, quand, placardant à profusion l'annonce d'une émission de rentes, il proclame qu'y souscrire c'est faire œuvre patriotique, et conjure les évêques et le clergé de soutenir cet emprunt de leur autorité ? Le capitaliste qui, à la suite de ces exhortations a versé son argent aux caisses publiques, agit en connaissance de cause : jamais il n'aura raison d'adresser à qui que ce soit le reproche d'avoir nui à son vouloir. Alors, pourquoi accuserait-on le prêtre d'abuser de la confiance en promulguant les bienfaits de la vocation sacerdotale ?

Il a d'autant plus le droit et le devoir de poursuivre sa sainte croisade que la cause pour laquelle il plaide est celle de l'Eglise, qui, « n'ayant ni taches ni rides » (1) est encore plus belle qu'on ne peut la décrire. Alors que les Finances risquent de ne pas tenir les engagements jurés, le Sacerdoce fait toujours honneur aux siens. Il donne ce qu'il promet : des pouvoirs divins, des grâces de choix, une autorité qui lie et délie sur terre et au ciel, une dignité plus grande que celle des empereurs et des rois.

Les enfants ou les jeunes gens, entendant prêcher ces merveilles, dresseront l'oreille et écouteront. Les uns passeront, comme le pauvre, ou l'insouciant qui, n'ayant pas un sou à placer, salue l'affiche de la rente en levant les épaules et en lui tour-

(1) Ephes. V. 27.

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