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LE RESPECT DE LA LIBERTÉ GS

ri.ml le dlos. Les autres qui ont conscience d'avoir un capital d'une grandi' valeur à faire fructifier et de la meilleure façon, s'arrêtent pour se demander si là ne serait pas le plus riche emploi de leurs disponibilités- Heureux, si après un examen de leur*. facultés et de l'usage qu'on leur en propose, ils entreprennent d'examiner l'affaire à fond... Quand, au plus tnt, après huit ou dix ans de sérieuse étude, le pacte définitif aura été conclu, à qui pourront-ils reprocher d'avoir forcé le choix de leur libre arbitre ?

Ce raisonnement pourtant si net n'a pas toujours le don de convaincre les gens du monde, même Chrétiens, qui prétendent appuyer leur entêtement sur des raisons. Quand un rentier, disent-ils, place ses fonds, quand un jeune homme s'engage dans l'armée ou se marie, ils prennent des décisions a naturelles », et justement, parce qu'elles sont naturelles, c'est-à-dire du ressort de la vie ordinaire, ils les prennent « naturellement », par suite du jeu normal de leurs facultés humaines, sans y être contraints. Mais le désir du sacerdoce est un choix « contre-nature » qui demande une telle « torsion » du vouloir, pour parler le langage moderne, qu'il ne s'explique pas sans un effort violent, accompli sous une poussée imprimée du dehors. Or ce « choc », d'où peut-il venir, sinon fie ceux qui ont intérêt à le produire ? Il semble donc urgent de ne pas exposer un enfant à subir une si redoutable commotion.

Les gens qui parlent ainsi oublient le rôle de la

grâce de Dieu dans YAppel au Sacerdoce. Evidemment pour aspirer à cette situation, non pas « contre-naturelle », mais, ce qui est plus merveilleux encore, « surnaturelle », il faut un coup irrésistible venu d'En-Haut. Le vouloir n'a pas à supporter de « torsion » contre-nature, mais il lui faut produire une « tension » plus grande que nature, dépassant infiniment ses énergies propres : la Force de Dieu lui vient en aide. Le sacerdoce n'existerait pas et sa persévérance n'étonnerait pas les impies eux-mêmes, si Dieu ne communiquait aux âmes qu'il appelle à défendre sa cause quelque parcelle de sa vigueur. Oui, il faut une « pression » pour décider l'enfant ou le jeune homme à se faire prêtre, sur ce point les mondains ont raison, mais cette pression qu'il n'est au pouvoir d'aucun homme d'exercer, — comme cela a été surabondamment prouvé au chapitre de la Notion de la Vocation — ne blesse en rien le libre arbitre, puisque nous tenons comme une vérité de foi que « la grâce respecte absolument notre liberté » (1).

Pourquoi donc craindre l'influence sacerdotale sur l'enfant ? Serait-ce un dommage si la fréquentation du prêtre aidait ce petit être à obtenir une grâce de choix ? si elle attirait sur lui ce privilège d'être élu entre mille et dix mille pour la plus haute fonction qui soit au monde ?

On ne voit vraiment pas ee que lis parents ont à redouter de l'ascendant du clergé sur leurs fils. Il est vrai que le prêtre sèmera à pleines mains clans

(1) « Liberlas ]>cr graliam '"<n destraitur sed confort tatur. » Pesch. S. .1. Prseh liones dogmaticm. Tome V, p. 29, piop. VI, n° 65. Fribourg, Herde, 1397.

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