‹ Future pretresChapitre 27 sur 94 · LE! S DE LATIN · texte numérisé non relu

LE! S DE LATIN

Ces débuts scolaires au presbytère ont les plus sérieux avantages, pour le prêtre et pour l'élève.

Le meilleur moyen de connaître la valeur morale et intellectuelle d'un enfant, c'est de l'avoir comme élève. Dans les rapports d'amitié ou de direction, l'individu se dépeint lui-même, quelquefois très partialement, quoique de parfaite bonne foi, parce qu'il a une tendance innée à ne pas se décrier : d'une main inconsciente il jette un voile sur les côtés de sa personnalité moins agréables à voir. Pour posséder la vraie mesure d'une âme, il faut non plus l'écouter, mais la regarder faire. Quand elle se trouve mise en demeure d'agir, elle est obligée de montrer ce que valent ses énergies. Alors, elle ne peut plus « lancer de poudre aux yeux ». C'est ce qui arrive au cours de l'enseignement, que veut bien commencer à donner au futur séminariste, le bon et dévoué Monsieur le Curé.

Les qualités intellectuelles du débutant vont se révéler sûrement. En présence des premières difficultés de la version et du thème, la jeune sagacité va se trouver prise au dépourvu... peut-être aussi va-t-elle découvrir les vraies solutions des problèmes posés... Le professeur assiste à ces joutes de l'esprit ; il leur prête un vif intérêt, applaudissant au moindre succès par manière d'encouragelment, prêtant parfois la main aux passages plus dangereux... Au bout de quelques semaines il est fixé : il suit si le jeune aspirant au sacerdoce possèdeles facultés suffisantes pour l'acquisition du savoir ecclésiastique.

Il constate aussi s'il possède les vertus morales réclamées par l'état sacerdotal. L'effort intellectuel

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est en effet révélateur des qualités du vouloir : l'amour du travail, la persévérance dénotent aussitôt chez le jeune élève une ténacité qui ne se découragera pas ; on sent qu'il « tiendra » devant les difficultés. Celui, au contraire, qui manifeste de l'ennui devant la tâche, et du découragement, montre par sa paresse et son apathie qu'il ne répondra pas aux espoirs qu'on fondait sur lui. Dans la lutte oui s'impose au prêtre, tout le long de sa carrière, te pauvre volonté débile serait si vite terrassée !

C'est pourquoi, on ne conseillera jamais trop au cierge dévoué, qui songe à envoyer de jeunes élus au petit-séminaire, de s'assurer de leurs dispositions intellectuelles et morales, par cette épreuve si simple des premières leçons de latin. Au cours des vacances, sous prétexte de faciliter aux enfants leur introduction dans les études nouvelles, il est naturel de leur proposer d'apprendre à balbutier la langue de la sainte Eglise. Dès ces premiers essais dans le « parler maternel », on s'apercevra s'ils sont vraiment des fils sur lesquels cette bonne mère peut placer ses espérances.

Pendant que le professeur examinant l'enfant pénétrera le fond de son âme, le jeune élève de son côté tirera un grand profit personnel de ses relations avec son maître. D'abord ces premières études abrégeront souvent d'une façon notable le temps et par là même la dépense du Petit Séminaire. Ensuite, elles établiront entre le maître et l'étudiant des liens d'intimité qui donneront au petit latiniste, en même temps que l'art des déclinaisons, une grande et admirative affection pour ce prêtre. Sa confiance croîtra, elle aussi. Désor-

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