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du jeudi et des autres jours de congé, pour les empêcher de vagabonder sans surveillance ; c'est aussi la réunion, le dimanche ou le soir, des jeunes gens, paysans, employés, apprentis, ouvriers, sortis de classe et déjà lancés dans la vie, pour les conserver dans les bons principes de la pratique religieuse.

On voit tout de suite quelle influence donne le patronage. Dans ces après-midi de dimanche ou de jeudi, entre le directeur et les enfants s'établissent des liens d'intimité, de francs et cordiaux rapports; la jeunesse y fréquente le prêtre et le connaît ; elle y admire son dévouement, dont elle est la bénéficiaire ; elle y reçoit ses enseignements. Que de préjuges ont été dissipés par ce voisinage ! Que d'âmes, à la suite de ce contact, se sont enthousiasmées pour la cause de la religion !

Pour que le patronage obtienne ces inestimables résultats, il faut qu'il réalise les buts, si souvent prêches et ri pétés : « Piété, étude, apostolat ». Il n'est pas toujours facile de les atteindre : aujourd'hui la jeunesse se trouve trop souvent détournée des choses sérieuses par la fièvre terrible des sports. La gymnastique domine tout ; les « matcires » absorbent les énergies, le muscle tend à imposer sa tyrannie à l'esprit : il veut régner.

Qu'on fasse des sports sous toutes les formes, foot-ball, footing, exercices athlétiques, tennis... ces manifestations de l'activité physique ont leur utilité, et tel vicaire, actuellement zélé patronagistc, a été jadis « champion de France ». Mais le corps ne doit pas nuire à l'âme. S'il est bon de développer le premier, que ce ne soit pas au détriment de la seconde. Le directeur saura donc mettre chaque

chose à sa place : la préparation du prochain concours de gymnastique et la formation — autrement urgente et importante — du lutteur chrétien.

La « piété » est le premier bouclier de ce futur soldat du Christ (1). Le directeur se préoccupera d'exiger de ses jeunes gens, la prière assidue, la confession régulière, la communion fréquente et surtout, malgré la tendance actuelle à céder sur ce point, l'assistance aux offices paroissiaux. Comme ces pratiques ne peuvent valoir que par les convictions, le prêtre adressera à ses auditeurs, aussi souvent qu'il le pourra, une exhortation vibrante sortie du cœur, pleine d'idées chaudes comme une lave en fusion. Chaque année le « patro » aura sa retraite, pendant laquelle seront repassées les vérités fondamentales. Que d'occasions variées et sans cesse renouvelées de signaler à ces jeunes âmes les grandeurs du prêtre, les beautés du sacerdoce, l'infinie valeur de la Messe ! Que d'explications de la liturgie, des offices de l'Eglise, de leur sens et de leur portée ! Ces enfants trop souvent ignorants, écouteront avidement ces entretiens édifiants qui, pour la plupart d'entre eux, seront au moins un encouragement à mieux faire ; pour quelques-uns, qui font partie de l'élite intelligente et morale du groupe, ils seront peutêtre la révélation d'un idéal de vie jamais encore entrevu... d'un rôle immense qu'ils pourraient jouer dans le monde...

Ces invitations de la piéîé seront soulignées par le Cercle d'étude. Les membres de l'œuvre seront

(1) I. Thess. V. 8.

i ERCi es d'étude et colonies de vacances 87

réunis fréquemment et régulièrement pour approfondir des questions religieuses ou attenant à la religion. Ce serait perdre son temps que de s'attacher à la Science pure, quand l'apologétique, la morale, le catéchisme, offrent leurs infinies ressources à l'avidité du savoir. Aux jeunes gens, même fidèles à leur devoir, il reste à apprendre le pourquoi, le comment de leurs croyances ; jamais on n'assoiera leur foi sur des bases assez solides ; on ne leur redira jamais trop les réponses à opposer aux objections. Dans cette démonstration de la vérité chrétienne, on pourra s'aider d'excellentes publications auxquelles on abonnera le « cercle », par exemple la « Revue des Jeunes » (1), ou la « Croix des Jeunes Gens » (2). Pourquoi ne laisserait-on pas sur la t. yle chaque mois le numéro de la u Revue du recrutement sacerdotal » (3), si suggestive et si prenante ? Qui sait si, ravies de pénétrer la science de la religion, certaines âmes n'en viendront pas à désirer s'y introduire davantage, et ne songeront pas à diriger leurs pas vers le séminaire ?

(L'influence du « patro », si grande déjà, deviendra quelquefois décisive par le moyen de la « colonie de vacances. On n'a pas idée de l'impression que produit sur les enfants ce départ à la mer, à la montagne, ou à la campagne, loin de la famille, en compagnie du prêtre. C'est vraiment la séparation du monde, du passé, des habitudes, pour vivre en communauté... communauté joyeuse, où les rires'

i'aris VII«, rue de Lu y nés.

(2) Paris Bonne Presse, 5, rue Bayar \, VHP. (8) Toulouse, rue du Languedoc.

88 LES INFLUENCES PAROiSSIALES

francs sent entrecoupés d'exercices réguliers, comme l'assistance quotidienne à la messe, la communion fréquente, l'action de grâces recueillie, la visite au Saint-Sacrement. Dans cette vie où le ministre de Jésus-Christ apparaît comme un membre de leur famille, demeurant avec eux et mangeant le même pain, certains enfants, séduits par les mérites du sacerdoce, ont entendu l'appel de Dieu. Aussi, malgré les difficultés matérielles et pécuniaires, malgré le surmenage qu'ils s'imposent, les prêtres zélés s'acharnent-ils à maintenir et à développer leur patronage et les œuvres post-scolaires qui y sont annexées : ils savent qu'à l'heure actuelle ce sont des moyens très efficaces de contrebalancer les influences laïques, souvent d'en annuler les résultats, parfois de faire pousser, au milieu d'une jeunesse destinée sans le « patro » à l'indifférence ou au vice, des fleurs magnifiques de vocations.

Quand le prêtre s'aperçoit de l'éclosion d'une de ces petites fleurs, que de soins il doit lui prodiguer ! C'est alors que ses conseils, sa direction, ses prières, son dévouement ne devront plus se mesurer. Même, il lui faudra ne pas hésiter à sacrifier au service de cet enfant, qui manifeste un saint désir, une partie notable de son temps pour lui donner des leçons de latin, obéissant en cela aux prescriptions de l'Eglise (1).

(1) Dent operam sacerdotes... ut pueras... primis litterarum studiis imbuant. (,Ccd. Juris. Gan, 1353),

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