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CHAPITRE IV

COLLEGE ET TETU-SEMINAIRE

Les enfants qui, possédant les « indices de vocation ecclésiastique », les ont déjà cultivés sous la direction de leurs prêtres, sont dirigés, quand l'heure est venue, vers île IPeti»t-Séminai|re. Ceux qui entrent dans cette sainte maison sont les privilégiés : ils se trouvent dans les meilleures conditions pour leur persévérance.

Mais à côté de ces favorisés, eomtbien d'autres enfants, susceptibles peut-être de recevoir un jour la grâce de la vocation, n'ont encore entrevu aucune lueur éclairant leur avenir. Ils sont bons, sérieux, travailleurs, imais n'ont au sujet de leur destinée aucune orientation. Les enfants de celte •catégorie sont la majorité parmi ceux qui, au sortir de l'école primaire, vont être introduits par la famille dans les classes secondaires.

On voit, d'un coup d'œll, l'importance du rôle va jouer le « Collège » par rapport à la situation future de ces « nouveaux » qu'il reçoit. Ou il sera un destructeur de vocations, un « ogre « qui les dévorera, ou il sera un milieu favorable à l'éclo-

LE choix nu COLLE 93

sion du « germe de vocation divine ». Parmi ces s il faut ranger les maisons laïques d'enseignement officiel, qui bannissent le crucifix de leurs salles, et jusqu'au nom même de Dieu de leurs manuels. Comment une petite âme, qui arrive toute chaude des ardeurs de sa première communion dans ces glacières du « naturalisme » et de « l'a religion », ne serait-elle pas bientôt frigorifiée ? parler d'élans vers l'idéal sacerdotal, quelles chances sérieuses aura-i-clle même de rester chrétienne ? On ne répétera jamais assez aux parents, qu'ils n'ont pas le droit, sous prétexte d'économie ou de préparation aux situations d'avenir, d'exposer leur fils à de tels périls. Ils objecteront qu'ils connaissent de parfaits chrétiens anciens élèves de lycée. Certes oui, il y en a quelques-uns, mais leur lils scra-t-il de taille à être l'une de ces « heureuses exceptions ? »

Le zèle du clergé, désireux d'assurer la persévérance dans la foi et autant que possible aussi le recrutement, ne devra donc pas s'endormir à l'heure où les familles élaborent leur choix, toujours délicat et longuement mûri, de la maison d'éducation à laquelle elles confieront leur enfant. Ce serait trop tard d'arriver l'avant-veille du départ alors que le « linge est marqué »... La prudenc . qui est surtout prévoyance, prendra les devants, de longs mois avant l'échéance, et, doucement, par une conversation sage et mesurée, amènera les parents à la saine et chrétienne résolution. (Le prêtre qui aura obtenu le résultat souhaité, pourra remercier le Ciel de la grande victoire qu'il a rem"portée, surtout si ce fils, q ai va se diriger vers un

collège catholique, est l'aîné de plusieurs autres et leur ouvre le chemin.

Mais ce triomphe ne serait que partiel, si la maison vers laquelle le jeune élève porte ses pas, n'était pas aussi formatrice qu'on pourrait le désirer, à la vie et aux sentiments chrétiens ; si, par exemple, les professeurs qui la dirigent, surtout préoccupés du succès au baccalauréat, mettaient au second plan l'éducation morale, l'instruction religieuse et la piété. L'art qui consiste à conduire les âmes, à développer harmonieusement leurs facultés, à nourrir l'iiftelhgence sans affamer le cœur, est hérissé de telles difficultés qu'on ne peut s'étonner de trouver clans la conduite de ceux qui le pratiquent, à côté d'admirables initiatives, quelques décisions moins justifiées.

Quelle que soit la valeur personnelle de ceux qui le président, le collège chrétien aura toujours sur l'autre l'avantage incalculable de donner à l'enfant une science qui ne détourne pas de Dieu et une habitude de la pratique des devoirs religieux. Mais bien comprise, la maison d'éducation chrétienne s'efforce d'obtenir des résultats autrement complets. Elle façonne une élite de catholiques, convaincus et militants ; et, dans l'élite de cette élite, elle éveille l'idéal sacerdotal. On ne comprendrait pas comment des jeunes gens, ayant mené pendant des années la vie en commun avec des prêtres véritablement « hommes de Dieu », ne garderaient pas, de ce commerce intime, une impression profonde, capable d'acnener le plus grand nombre à la pratique courageuse des devoirs religieux dans le monde, et d'attirer quelques autres à l'exercice des vertus sacerdotales.

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