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Si le « futur prêtre » n'avait à lutter que contre les tentations intimes qui surgissent de son propre fonds, la victoire lui serait encore relativement facile. Mais outre les périls qui proviennent de sa nature, il doit encore redouter les causes extérieures qui peuvent l'entraîner au mal. Elles sont souvent redoutables. Au temps où la société était chrétienne de principes, de mœurs et d'éducation, le débutant dans la vie avait moins de chances qu'aujourd'hui de se trouver en face de dangers considérables. Mais les enfants qui vivent, à notre époque « officiellement laïque » sont exposés aux terribles assauts que notre société, en marche accélérée le paganisme, lui livre pour l'arracher à l'idée religieuse et par là même au service de Dieu.
On comprend quelle importance revêt pour les
zélés recruteurs du clergé la préservation du « futur
prêtre » contre les Sollicitations du Dehors qui ont
! fauché, alors qu'elles étaient encore une
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herbe tendre et fraw he, les plus prometteuses vocations.
Le dissolvant esprit laïque moderne n'a pas, , le Iriomphe de ses idées, d'arme plus puissante que la presse. Livres et journaux travaillent à i'envi à la diminution de l'idée chrétienne, et aussi à la corruption des mœurs.
Contre cet ennemi redoutable il faut prémunir le « futur prêtre » d'une façon aussi parfaite que possible, car on peut établir en principe « qu'un enfant dont les lectures ne sont pas surveillées a les ])lus grandes chances de ne pas arriver au sacerdoce ».
On comprendra la vérité de cette affirmation, si l'on réfléchit aux conditions intérieures qu'exige de l'esprit et du cœur l'appel de Dieu. Entre le jeune homme qui se destine au monde et celui qui se prépare au »ervice de l'autel, il y a cette différence immense que pour le premier l'obtention de la situation ne dépend qu'indirectement de ses vertus et de ses convictions religieuses, tandis que pour le second l'accession au sacerdoce est en connexion intime avec sa perfection intérieure. Que le « futur laïc » et que le « futur prêtre » se laissent entamer par les mêmes lectures troublantes, le résultat, déplorable pour les deux, causera cependant moins de perturbations chez l'un que chez l'autre. Le laïc continuera, même en se traînant sur le chemin du salut, la poursuite de son doctorat en droit ou en médecine, il conquerra une place dans une affaire. Il réalisera peut-être quand même son
programme de vie, en atteignant le but qu'il pour suivait. Mais le séminariste aura manqué le sien : une piété amoindrie, une pureté chancelante sont incompatibles avec les fonctions sacrées. Il lui faudra, le pauvre enfant, après avoir entrevu les sublimités de l'idéal sacerdotal, descendre des hauteurs pour se débattre dans le commun de l'existence. Le succès dans la voie qu'il a choisie dépend de l'intégrité de son intelligence et de son cœur. Une atteinte à ses croyances ou à ses mœurs est mortelle pour ses nobles ambitions.
Si l'on doit préserver tout adolescent des dangers de la littérature moderne, de combien de précautions ne faut-il donc pas entourer le « futur prêtre » ? Les supérieurs de Petits-Séminaires et de Collèges, les proifessieurs, les confesseurs, tous ceux en un mot qui sont chargés de la formation de l'élite sacerdotale devront s'entendre pour exercer autour des lectures de leurs élèves une surveillance inlassable. Jamais un livre ne sera toléré qui n'ait été examiné et approuvé. Défense formelle sera faite d'en apporter du dehors. Surtout on ne permettra pas que les élèves lisent un journal : à cet âge on a autre chose à faire qu'à s'occuper de politique ou de faits divers. Pie X avait jugé prudent d'interdire les périodiques dans les Grands-Séminaires, à plus forte raison doit-on leur fermer les portes des Petits.
Dans une inaïson bien tenue, cette surveillance très exacte aura un résultat définitif : elle supprimera radicalement la cause du mal. On pourra donc