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LE DEVOIR DE CRÉER DES AMITIÉS

Quand les éducateurs auront averti les ad cents des périls de la « fausse amitié » et des moyens de la reconnaître, ils n'auront pas achevé leur tâche. Parents et professeurs ont un autre devoir â remplir, auquel souvent ils ne songent pas assez. Puisqu'ils ont fait l'éloge de l'amitié véritable, il s'agit de Taire jouir de ses bienfaits les âmes dont ils ont la charge, en travaillant à procurer à chacune d'entre elles, dans la mesure du possible, un ami.

Les maîtres, soucieux de l'avenir des jeunes gens qui leur sont confiés, savent quelle sauvegarde sera pour ces « futurs prêtres » l'appui moral et le secours spirituel qu'ils trouveront dans l'intimité d'un cœur dévoué et désintéressé. Aussi ces directeurs avisés essayent-ils de rapprocher certaines âmes qui leur paraissent plus particulièrement s€ correspondre et se compléter. Ces « liaisons spirituelles » s'opèrent quelquefois naturellement : deux adolescents vertueux et pleins de saints désirs mettent d'eux-mêmes en commun leurs efforts pour le bien. Dans ce cas le prêtre n'a qu'à encourager doucement l'union de ces enfants. La Providence permet (pie des rapprochements pleins de promesses se produisent fréquemment entre des âmes d'élite : il est rare que dès le Collège ou le Petit-Séminaire les élus du Sanctuaire ne scellent pas de ces solides amitiés, qui seront, pour tout le temps de leur ministère futur, leur joie et leur réconfort.

Mais parfois les rapports ne s'établissent pas aussi

facilement. Pour des causes diverses, certaines âmes restent isolées. Chez les unes la timidité arrête les avances et les empêche de se faire connaître ; pour d'autres des circonstances, en venant s'interposer, suppriment le contact : par exemple deux élèves de même âge et de même classe ne suivent pas la même section et sont presque toujours séparés ; ou bien encore l'un est externe, l'autre est interne... Dans ces cas, c'est au directeur de conscience, qui connaît les aspirations de ces jeunes gens et l'ardeur de leur élan vers le bien, de les rapprocher. Il a mille moyens d'y parvenir, soit qu'il leur donne conseil de se voir, soit qu'il leur propose d'aller se promener ensemble un jour de liberté. C'es,t surtout dans les collèges fréquentés par des jeunes gens du monde se destinant pour la plupart aux carrières civiles, qu'il est urgent d'établir entre ceux que Dieu semble choisir des relations intimes et fréquentes. Ces bons enfants se connaissant se soutiennent mutuellement. Ils n'ont plus la sensation si pénible d'être isolés. A l'insu de tous, ils forment comme une association qui s'adonne à l'apostolat de l'exemple, et qui s'exerce déjà au ministère futur. Ces aspirants au sacerdoce, ainsi unis entre eux et s'appuyant les uns sur les autres, ont bien des chances de parer, aux terribles dangers extérieurs et intérieurs qui ont anéanti tant de vocations.

En constatant les résultats que ces amitiés solides ont donnés, les secours qu'elles ont apportés aux jeunes prêtres dans leur ministère sacerdotal, combien de sages directeurs se sont félicités d'avoir travaillé à créer entre des âmes ces affections si

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