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plus haut. Tandis que le second va être ressaisi à la rentrée par une règle austère, par une vie de et de retour sur soi-même, lv premier revient au Collège, où peut-être il gardera assez de liberté pour revoir dans le monde celle qui le fait soupirer. S'il a un bon directeur, qui le connaisse à fond et qui sèche obtenir de lui d s sacrifices, cet enfant innocent encore, reconnaîtra bientôt sa folie... Mais sans une main énergique qui la remette en route, celle belle vocation sera perdue.
Comment sauver les « futurs prêtres .-> de cet ogre des cœurs qu'est le péril féminin ?
Le premier moyen qui s'impose est la surveillance. Elle devrait être plus stricte encore en vacances que pendant l'année, puisque les écueils des mois de repos sont plus dangereux et plus difficiles à écarter que ceux de la période scolaire. C'est pourquoi on ne recommandera jamais assez à ceux qui ont soin des écoliers en liberté la plus serrée et la plus incessante vigilance.
Malheureusement, malgré leur bonne volonté. beaucoup de ceux qui surveillent la jeunesse, la regardent sans la voir, aveuglés par leur propre candeur. Sur cette question des « amourettes », que de parents et parfois même que de maîtres ont sur les yeux un épais bandeau de naïveté !
Ils o«t tant de confiance dans la bonté naturelle de leurs subordonnés qu'ils en deviennent incapables de soupçonner le danger et encore moins de le prévenir. Certains parents, par exemple, se croient
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sûrs de leur aspirant au baeeidijLc comme d'euxmêmes et L'estiment impeccable, s'imaginant que son âme, sans passion, est définitivement pacifiée par Ja pensée de la vocation. Ouoiqu'en principe, il soit strictement suivi, cet enfant possède, en fait, toute liberté d'entamer sans contrôle toute relation qui lui plaira, sous l'œil toujours bienveillant de ses père et mère.
D'ailleurs ces braves gens n'ont pas même l'idée de s'effaroucher. N'ont-ils pas sur la jeune fille avec laquelle leur fils s'entretient volontiers les mêmes illusions ? lis la connaissent peut-être de longue date, la savent pieuse, de bonne famille, cl par conséquent la jugent incapable, comme ils disent, « de faire du mal à une mouche ». Comme ils l'ont connue toute petite, elle reste à leurs yeux, la « fillette » de jadis... Ainsi, de la meilleure foi du monde, les guides naturels du « futur prêtre » le laissent tout tranquillement s'égarer.
S'il s'agit d'une famille lancée dans les relations mondaines, le sort du séminariste est encore plus faiblement assure. On connaît la largeur d'esprit qui préside aux réceptions de la « société ». Du moment qu'une jeune fille mérite le qualificatif de « bien élevée », elle a le droit d'être admise partout. L'aspirant au sacerdoce t^st donc exposé à rencontrer chez lui-même ou chez ses meilleurs amis des coquettes, des intrigantes, tics effrontées. Et comme il n'existe plus guère, dans notre monde actuel, de réserve ni de contrainte dans les rapports entre jeunes gens et jeunes filles, le péril auquel l'adolescent devra l'aire face ne sera pas de mince importance. Les parents évidemment auront l'œil,
mais leur souci ne se bornera-t-il pas à obtenir que tout se passe selon le « bon ton » ?... si Ton peut appeler « bon ton » le dévergondage admis dans nos salons modernes et sur nos plages. Le fils de famille qui manifeste des désirs de sacerdoce n'aura pas à satisfaire à de plus strictes exigences que ses frères et sœurs : ne serait-il pas injuste d'être plus sévère pour celui qui est meilleur qui' les autres ? Ainsi marche aux abîmes le monde poussé par de faux principes.
L'attitude opposée est la vraie. Un jeune homme et une jeune fille sont partout et toujours de la el du feu ». S'appuyant sur cette vérité continuée par l'éternelle expérience, les parents sérieux interdisent à leur séminariste toute relation féminine de nature à lui troubler le coeur. En cela ils ne le traitent pas avec rigueur ni défiance, car ce n'est pas supposer du mal d'enfants très purs et très innocents que de redouter pour eux les occasions d'en commettre. Quand les éducateurs se seront convaincus que les plus nobles âmes sont capables des pires déchéances, du coup leur vigilance aura pris le nerf voulu. La crainte très vive de voir perdre une belle vocation aura dissipé instantanément cette naïveté sotte qui, jusque là!, donnait à ces guides illusionnés le soiu/ire en présence des catastrophes.
La surveillance, si parfaite qu'elle soit, sera toujours insuffisante ; l'être moral étant mené par l'intérieur et non par le dehors, c'est surtout des convictions qu'il faut espérer pour les vocations
sacerdotales la préservation des séductions féminines.
Les maîtres ont donc l'impérieux devoir de travailler de toutes leurs forces à créer dans les âmes ces idées directrices, qui gardent le cœur du « futur prêtre ». Le principe à inculquer avant tout autre, parce qu'il est de première importance, est celui-ci : « La réalisation de l'idéal sacerdotal a pour condition le sacrifice de tout amour féminin. » Qu'on n'ait pas peur de redire celle vérité aux. jeunes séminaristes : elle fait partie intégrante de leur appel au service divin.
Mais il ne suffit pas d'exprimer cette assertion en courant, comme si de la formuler brûlait les lèvres ; il faut encore avec une sainte franchise, faire comprendre aux adolescents tout ce que cette proposition contient pour eux de graves pensées et d'austères devoirs. « Sacrifier tout amour féminin », c'est garder son cœur pour soi et ne le donner à aucune créature : celui qui veut être prêtre est donc tenu à dresser autour de lui-même une barricade qui empêche toute affection importune de pénétrer subrepticement dans son intérieur, où Dieu veut régner seul et en Maître. L'amour passionné, en s' emparant du cœur, le volerait ;> Jésus-Christ, qui donne tant à son élu qu'il tient en retour à le posséder tout entier.
Voilà des vérités que sous toutes les formes et eu maintes occasions, supérieurs, professeurs, parents doivent exposer en les soulignant des plus convaincantes démonstrations. De toutes les idées à faire pénétrer dans l'âme des a futurs prêtres », celles-ci seront probablement les plus vite comprises et les plus facilement assimilées, parce qu'elles frappent
La fuite du péril ; &minin 251
Ils jeunes gens et les intéressent au plus haut point, rmais ils sont avertis, et savent quelle ligne de conduite tenir. S'il leur arrivait un jour de sentir que leur cœur s'attache, que la vision d'une jeun© fille trouble leur pensée, les préoccupe, excite leur désir de plaire, qu'ils n'hésitent pas sur le parti à prendre ; qu'ils s'enfuient à toutes jambes, convaincus qu'une minute de retard peut occasionner leur perte.
Ces conseils de défiance et de prudence, qu'il faut commencer à donner dès l'éveil de la puberté, seront de mieux en mieux saisis dans toute leur plénitude par les aspirants au sacerdoce à mesure, qu'ils grandiront. Ils en verront la sagesse surtout à partir du moment où le péril féminin, sortant des brumes de la fiction, leur sera apparu, au cours de leurs joyeux ébats, en chair et en os, sous des aspects agréables, que l'imagination se chargeait déjà de colorer chaudement pour les rendre plus séduisants. De ce moment, le séminariste, sérieux et nettement prévenu, comprend que le danger de 1' « amour » n'est pas pour lui un mal chimérique, impossible et lointain, un épouvantai'! inventé à plaisir par son Supérieur, mais une tentation menaçante à laquelle succombent facilement ceux qui ne sont pas prémunis contre ses sollicitations.
Pour faire encore mieux saisir à son dirigé l'importance de la fuite des séductions féminines, le directeur aura recours à un principe énoncé déjà et démontré ailleurs (1). Cette vérité, qui doit régir
.1) Futurs Epoux, le choix de la Fiancée, p. 2S6 et suiv.
la conduite d'un jeune homme du monde se destinant au mariage, s'applique encore davantage au cas du « futur prêtre ». Voici cette importante proposition : « Il ne faut jamais laisser partir le cœur avant que la raison ait parlé. » Appliquée au choix d'une fiancée, cette règle contient tout le secret du bonheur. A combien plus forte raison ne le renferme-t-elle pas quand il s'agit d'opter entre un amour féminin et le sacerdoce de Notre-Seigneur- Jésus-Christ ? Pour le séminariste, cette formule' : « Ne pas laisser partir le cœur avant que la raison ait parlé », signifie que s'il comprend et apprécie comme il faut la grandeur et la valeur de la dignité sacerdotale, d'une part, et les charges des affections humaines, d'autre part, il ne permettra jamais à une passion de l'aveugler... car, une fois le cœur pris, la raison n'aurait plus la sagesse de voir la vérité, l'objet aimé bouchant les yeux...
Il verra qu'il ne s'est pas trompé cet adolescent, quand les années lui auront permis d'acquérir une notion plus précise des choses conjugales et familiales ; un jour viendra, où, ayant assez vécu pour connaître les mystères de l'amour humain, et goûter en même temps ceux de l'amour divin, il sera à même de comparer judicieusement les avantages de l'un et de l'autre... Alors bien probablement le cœur de ce jeune homme « partira » de lui-même, avec un irrésistible élan... Ce ne sera plus pour une jeune fille, aussi gracieuse qu'on puisse la rêver, mais pour ce Maître incomparable dont il est écrit que « le servir c'est régner. » (1)
(1) Pontifical. Ordination des sous-diacres.