‹ Future pretresChapitre 79 sur 94 · LA PEUR D'APPAUVRIR LES DIOCÈSES · texte numérisé non relu

LA PEUR D'APPAUVRIR LES DIOCÈSES

<!u Ciel : et par un providentiel retour, les grâces de salut qu'il espère lui viendront probablement de la main même des religieux, auxquels il n'a pas dédaigné de confier ses enfants. Qui vole, en effet, aujourd'hui au secours des régions dépeuplées de é ?... Quand les évèqucs, a bout de ressources, manquent de collaborateurs pour diriger les paroisses, fonder des œuvres, prêcher des missions, ne trouvent-ils pas, prêts à courir aux postes difficiles, les prêtres dévoués que leur prêtent les communautés '.'

Ces considérations qui sont de nature à ôter aux directeurs toute crainte de dépeupler leurs diocèses appauvris, sont renforcés par la constatation d'expérience qu'enregistraient les pages précédentes. Le Bon Dieu oppose parfois à ses appels à la vie religieuse de telles difficultés d'exécution, que les clergés diocésains gardent dans leurs rangs beaucoup de jeunes gens qui ont ressenti de saints désirs de vie monastique. Ils restent au pays, souvent malgré leur volonté, mais résignés et heureux d'avoir à travailler pour l'extension du règne de Dieu dans la région dont ils sont les fils. Si l'on pense que, parmi les aspirants au sacerdoce, ceux qui ont ressenti l'ardeur pour les sacrifices de la vie religieuse, sont souvent les âmes les mieux formées, les plus nobles et les plus zélées ; si l'on sait que, sous cet aiguillon du désir, elles ont couru de toutes leurs forces â la perfection ; en un mot si l'on se rappelle que les meilleurs piètres sont ceux qui portent en eux les vertus du religieux et les pratiquent résolument, on comprendra pourquoi Dieu sème dans les âmes des « futurs prêtres » tan'

278 l'idéal sacerdotal et religieux

de désirs de vie monastique qui n'aboutiront jamais : sa Providence prend tout simplement les moyens de maintenir le clergé séculier dans la pratique de ses difficiles obligations, en lui procurant l'influence et l'exemple d'une élite sacerdotale fortement préparée.

Cette élite sacerdotale qui goûte tant les bienfaits de la vie religieuse sera-t-elle donc totalement privée de suivre son attrait ? Sera-t-elle obligée d'étouffer en elle ce précieux esprit d'idéal monastique qui venait si heureusement soutenir l'idéal sacerdotal ? Ce rude sacrifice lui sera épargné. Par la bonté de la Providence, il est possible au « futur prêtre » destiné à rester dans la milice séculière, de s'initier à l'esprit des ordres auxquels vont principalement ses aspirations, d'en pratiquer les observances, d'entrer en relations avec les religieux qui en font partie et de devenir, lui aussi, en quelque sorte membre de la communauté.

L'Eglise estime tellement importante pour les âmes cette faveur de participer aux bienfaits des grandes familles religieuses qu'elle l'a mise à la portâe de tous ceux qui désirent en jouir. Il suffit pour l'obtenir de s'affilier à un monastère bénédictin par VOblature, ou à s'inscrire dans un Tiers- Ordre, dont les plus répandus sont ceux de Saint François et de Saint Dominique.

On n'estimera jamais assez les avantages spirituels que fournissent aux vocations ecclésiastiques cette fréquentation intime des ordres religieux. Elle crée d'abord chez les « futurs prêtres » un esprit

il(.\ DI PRETR] M .\ ORDRES RELIGIEUX 27(J

<1 li i est une efflorescence de certaines vertus évangéliques plus spécialement méditées, pratiquées et prèchées par les saints fondateurs... Dans cet t. esprit » le jeune séminariste puisera une force incomparable pour marcher dans les voies de la perfection et se préparer au sacerdoce. Par exemple, dans la douce piété franciscaine, il pratiquerait cet amour simple et détaché de la créature qui va à Dieu avec abandon dans les élans d'une totale confiance ; dans la piété bénédictine, il s'initierait à cette grande louange de Dieu que l'Eglise exprime par ses magnifiques offices liturgiques ; dans l'ascétisme dominicain, il apprendrait le véritable usage de la science, qui est un bien si précieux quand elle se tourne à aimer !

Entraînée par ces grands courants de vie surnaturelle que font circuler dans toutes les régions du monde chrétien les ordres religieux, l'élève du sanctuaire voguera vers la perfection sacerdotale rapidement et sûrement. En même temps ses goûts des choses surnaturelles se particulariseront et se développeront ; il aimera davantage la liturgie mieux connue de lui, la messe plus étudiée ; peu à peu son idéal se fortifiera de toutes les vertus.

Page 1