‹ G.-F. HändelChapitre 107 sur 118 · L. F. Roubiliac se. ls · texte numérisé non relu

L. F. Roubiliac se. ls

Sur une large dalle qui surmonte le monument on a gravé ce qui suit :

Dans ces murs sacrés

la mémo re de Hàndel

a été glorifiée

sous le patronage

et en présence de

sa très gracieuse Majesté

George III

les XXVI et XXIX mai

et les III et V juin.

MDGGLXXXIV

La musique exécutée

à cette solennité

a été choisie dans ses œuvres,

sous la direction de

Brownlow, comte d'Exeter,

John, comte de SanJwich,

Henry, comte d'Uxbridge,

Sir Watkyn Will» Vynn, bar*

et

sir Richard Jebb, bar*.

La bande consistant

en 525 chanteurs et instrumentiste;

était conduite par

John Bâtes, Esq.

On avait fixé ce festival commémoratif à 1784, parce que l'on croyait encore qu'en cette année tombait le centenaire de Hàndel. Ce fut une solennité vraiment nationale. George III y assista en grande cérémonie et présida chaque séance, portant — afin d'honorer davantage la mémoire de l'illustre défunt — les insignes de commissaire. La recette

1. Roubiliac mourut à Londres en 1762. Par une coïncidence singulière, ce monument fut sa dernière œuvre importante, comme la statue duVauxball avait été ?a première.

ftEORGE-FRIDtiRIC HANDEL M

monta à la somme presque incro yable de 12, 736 livres (318,400 fr.) qui fut partagée de la manière suivante :

À la société des musiciens malheureux £ 6,000 Fr. 150,000

A l'hôpital de Westminster 1,000 25,000

Constructions et échafaudages. 1,969. 49,225

Orchestre 1 ,976 49,400

Dépenses diverses imprévues. . . 1,791 44,775

£ 12,736 Fr. 318,400

.Burney a donné de cette commémoration1 un intéressant récit, et Fa illustré de belles gravures représentant le monument sculpté par Roubiliac, Forchestre tel qu'il fut placé dans l'église de Fabbaye, la tribune sur laquelle se tinrent la famille royale et les personnes privilégiées, ainsi que la médaille des commissaires, portant d'un côté l'effigie du grand homme avec cette légende en exergue : « Comm. of Handel. MDGGLXXXIV », et sur le revers : « Sub ausp. g. ni » (sous les auspices de George III).

La première exécution eut lieu dans Fabbaye, le mercredi matin, 26 mai 1784. On y entendit le Te Deum de Dettingen, une des antiennes du couronnement, une de celles du duc de Chandos, une partie de Fantienne funèbre et quelques autres fragments.

1. An account of the musical Performances in Westminster Abb'èy and the Panthéon in Commémoration of Handel, by Ghfirï«as Hnrney. In-4°» Loiïdon. 1785a .

La deuxième fut donnée le jeudi soir 27 mai, au Panthéon, et se composait de divers chants et chœurs sacrés et profanes, quatre concertos et une ouverture. La troisième eut lieu le samedi 29 mai, à l'Abbaye, où l'on exécuta le Messie. Ces séances furent si attrayantes, que Ton dut répéter la musique du premier jour à l'Abbaye, le jeudi matin, 3 juin, et redire le Messie, le samedi 5. L'orchestre, placé à l'extrémité occidentale de la nef et surmonté d'un orgue construit pour cette occasion par Green, comprenait 525 exécutants, c'est-à-dire 59 sopranos, 48 altos, 83 ténors et 84 basses; — 48 premiers et 47 seconds violons, 26 violes, 21 violoncelles, 15 contre-basses, 6 flûtes, 26 hautbois, 26 bassons, 1 contre-basson, 12 trompettes, 12 cors, 6 trombones, 4 tambours, et le conductor (à l'orgue). Au nombre des vocalistes d'élite qui y prirent part, on comptait la fameuse madame Mara. Au Panthéon, l'orchestre comportait 200 exécutants, choisis dans ceux de l'Abbaye.

La commémoration de 1784 fut répétée en 1785, 1786, 1787 et 1791, et chaque fois avec un plus grand nombre d'exécutants. On dit qu'à celle de 1791, ils montaient à 1,068; mais ce nombre doit avoir été fort exagéré;

Il a été établi que Hândel légua tous ses manuscrits et livres de musique à Christophe Smith. Le roi de Prusse fît ofTrir à ce dernier 2,000 livres (50,000 fr.) pour la collection des manuscrits du

maître; mais Smith, qui en avait refusé 3,000 (75,000 fr.) de Hândel lui-même, ne prêta pas l'oreille à cette proposition. Il ne voulait pas se séparer de son trésor, ni permettre qu'il sortît d'Angleterre1. Plus tard, ayant été attaché à la maison de la princesse douairière de Galles, mère de George III, Smith fut gratifié par elle d'une pension de 200 livres (5,000 fr.). Après la mort de cette princesse, le roi lui continua gracieusement la pension sur sa cassette particulière. Le brave Smith, devenu vieux, touché decette bonté, offrit en retour à George III un présent vraiment royal : il lui fit don de tous les manuscrits de Hàndel, de son clavecin, et de son buste par Roubiliac ; il ne garda qu'un portrait du maître peint par Denner en 1736 ou 1737, et les partitions dont il se servait pour conduire les exécutions de ses œuvres2. Telle est l'origine de la collection handelienne, au Buekingham Palace, collection qui consiste en manuscrits originaux de Hàndel, contenus en quatrevingt-sept volumes.

Le buste de Hàndel offert par Smith à George III orne maintenant la magnifique galerie des appartements de la reine Victoria à Windsor. Quant au clavecin, on ignore ce qu'il est devenu.

Il y a une multitude de portraits de Hàndel, tous plus ou moins ressemblants. Outre le buste offert à

\. Anecdotes of Hàndel, etc, P. 49.

2. Elles font aujourd'hui partie du fonds Schœlciier, dans la bibliothèque du Conservatoire de Paris,

142 ueûrue-fridehiu handel

George III, il en existe un autre également de Roubiiiac (1738), acheté par le chef d'orchestre Bartleman à la vente du Vauxhall et racheté à sa vente par M. Pollock, qui l'offrit au Foundling Hospiial; un autre encore dans la collection de M. Alfred Morrison, et enfin la statue du Vauxhall appartenant ensuite à la Sacred Harmonie Society, et après la dissolution de cette société en 1882, à M. Henri Littleton.

Des portraits, l'un par Dcnner, assez peu satisfaisant, a été donné à la même Société par lady Rivers et appartient aujourd'hui à M. Henri Littleton ; un autre, aussi peu fidèle par Wolfgang, était dans la collection de feu M. Snoxell. Deux, par Hudson, appartiennent à la Royal Society of Musicians, et un autre, que l'on dit être l'original, a été décrit par Forstemann (1844), comme se trouvant chez les petites-filles de la nièce de Handel, Johanna Frederica Flœrchen, à Halle. On n'est pas certain de l'existence de ce dernier portrait. Il y a cependant un original dont on ne peut douter, signé Hudson 1756, qui se trouve à Gopsal, et un duplicata un peu différent au Buckingham Palace. Handel y est représenté de grandeur naturelle, assis, portant un habit et des culottes de soie couleur gorge de pigeon et brodées d'or. Il a l'épée au côté et tient une longue canne à pomme d'or. Sous le bras gauche, il serre un petit tricorne. Sa tête est couverte d'une immense perruque blanche. A l'époque où ce portrait fut fait pour Charles Jennens, Handel avait soixante-douze ans

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et était aveugle. Un autre portrait par Grafoni est à Cambridge, dans le Fitzwiliiam Muséum, auquel il a été offert par le Rév. Ed. Ward. Un autre encore par Gornhill, se voit aussi dans le Muséum, et un second par le même peintre (1720), représentant Handel à l'orgue, que Ton dit avoir été peint pour le duc de Chandos, était en la possession de feu M, Ellerton. Enfin, une petite toile signée « F. Kyte 1742 », autrefois h M. Keith Milnes, lequel la donna à M. Rolfe, d'où elle a passé à M. Julian Marshall, était l'original de la gravure deHoubraken, et probablement aussi de celle par Smith, qui est très rare. Elle a été reproduite par Hawkins qui la cite comme « la seule bonne, quoique les traits soient trop prononcés ». Il faudrait plusieurs pages pour énumérer tous les portraits de Handel. M. Schœlcher en a recueilli cinquante-trois, et il croit qu'il en a existé bien davantage1. Il nous suffira de dire que les deux meilleurs sont ceux de Faber et de Houbraken. . ' , .

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