‹ G.-F. HändelChapitre 11 sur 118 · Life of Handel, p · texte numérisé non relu

Life of Handel, p

CEORdE-FRlDEIUC IIANDEL 17

lieu en 1696, alors que Frideric n'avait pas plus de douze ans *. A Berlin, son talent sur le clavecin et l'orgue, ainsi que ses facultés extraordinaires d'improvisation, firent sensation surtout à cause de son âge. Parmi les musiciens de cette ville, les Italiens tenaient le premier rang, sinon en nombre du moins en importance. L'électeur de Brandebourg (plus tard roi de Prusse sous le nom de Frédéric Ier) avait un théâtre d'opéra bien monté et attirait à sa cour ce que l'Italie produisait de plus remarquable en musique, aussi bien comme inventions que comme compositeurs, chanteurs et instrumentistes. Bononcini et Ariosti s'y trouvaient alors; le fait n'a pas été authentiquement démontré 2, mais jusqu'à preuve contraire nous devons l'admettre. Giovanni Bononcini passait pour le meilleur compositeur de la bande et Attilio Ariosti, pour le meilleur claveciniste.

Il est donc admis que le jeune Hàndel fit à Berlin la connaissance des deux compositeurs italiens qu'il devait retrouver plus tard en Angleterre pour se mesurer avec eux. Le Père Attilio — comme on le nommait généralement, — homme simple et d'un bon naturel, s'abandonna de tout cœur à l'engouement que lui inspira le jeune artiste ; il en parlait avec admiration et lui faisait jouer du clavecin pen-

\. Fôrstemann. Hàndel' s Stammbaum, etc., p. 20. 2. Schneider. Geschichte der Oper und des Opernhauses in Berlin, p. 6 et 39.

18 GEORGE-FRIDERÏC HANDEL

dant des heures entières; il l'asseyait sur ses genoux et lui donnait souvent d'excellents conseils, ce dont Hàndel lui fut toujours reconnaissant. Quant à l'arrogant Bononcini, il se comporta tout différemment. Ne voyant en George-Frideric qu'un bambin, il ne pouvait se résoudre à le prendre au sérieux; mais entendant à toute heure les musiciens de l'orchestre vanter ses capacités et surtout ses connaissances en harmonie, il voulut en avoir le cœur net en le soumettant à une épreuve décisive. — Il écrivit une cantate avec basse fondamentale pour le clavecin, remplie de progressions chromatiques d'une extrême difficulté et la présenta à l'enfant, qui joua l'accompagnement avec autant de précision et de justesse que s'il l'avait longuement étudié. Bononcini ne pouvait plus douter qu'il eût devant lui un talent réel, lequel devait grandir avec l'âge ; aussi changea-t-il de manière ; mais la froideur de son accueil et la rudesse de son abord ne firent pas revenir de son antipathie le jeune virtuose, qui n'oublia jamais les procédés hautains dont l'Italien avait usé envers lui. Son séjour à Berlin est donc mémorable en ce qu'il fut l'occasion de son premier conflit avec Bononcini et de sa connaissance avec l'Opéra italien.

L'électeur manifesta l'intention de prendre le petit Hàndel sous sa protection et de l'envoyer en Italie pour compléter son éducation musicale. Il n'aurait pas été fâché d'avoir à sa solde un artiste

si richement doué, dont la gloire rejaillirait sur lui et dont les productions charmeraient ses oreilles royales. Il en fît faire la proposition à maître George ; celui-ci demanda la permission de n'y point donner suite; il était vieux et désirait garder son Benjamin auprès de lui pendant le peu de temps qu'il avait encore à passer sur cette terre. Au fond, le vieillard tenait à faire de son fils un jurisconsulte, et, s'il allait en Italie, c'en était fait de cette perspective et de l'avenir, selon lui, le meilleur pour son enfant. De plus, sachant qu'il n'est pas prudent de s'opposer au désir d'un despote comme Frédéric, il fit revenir son fils à Halle. Toutefois, il ne jouit pas longtemps de la présence de son bien-aimé, car il mourut le H février 1697, à l'âge de soixante-quinze ans, laissant de son premier lit vingt-huit petitsenfants et deux arrière-petits-enfants, et de son second mariage, un fils de douze ans et deux filles de dix et de sept ans.

Le décès de son père n'enleva pas Hândel à ses études. Mattheson1 nous apprend que, « outre sa science musicale extraordinaire, il fit encore d'autres bonnes études ». A dix-sept ans, il avait terminé son cours de latin et le 10 février 1702, il se fit immatriculer comme Studiosus Juris à l'université de Halle, ainsi que le constate la mention suivante dans le livre d'inscription des étudiants :

Page 1