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sa jeunesse, on n'a pas à regretter la perte de ces œuvres.
Hàndel se lia de bonne heure avec Telemann ' ; toutefois, on ignore à quelle époque remontait leur amitié. Dans son autobiographie qu'il écrivit pour Mattheson 2, Telemann dit : « Peu après mon arrivée à Leipzig (1701), la direction de l'Opéra me fut confiée. Alors je pris modèle pour la fugue et le contrepoint sur les excellentes productions de M. Jean Kuhnau3; mais pour les exercices de mélodie, j'étais en rapports suivis avec Hàndel, soit par lettres, soit verbalement dans les visites que nous nous faisions mutuellement. » Or, Telemann, né le 14 mars 1681, avait alors vingt ans, soit quatre ans de plus que Hàndel ; donc celui-ci ne devait pas avoir plus de seize ans et passait déjà pour une autorité en musique. Telemann parlait toujours de Hàndel avec enthousiasme et, dans sa vieillesse (il mourut à quatre-vingt-six ans), il revenait volontiers sur leur amitié de jeunesse. De son côté, Hàndel appréciait fort son ancien compagnon d'études et disait que Telemann « avait aussi vite fait d'écrire, un motet à huit voix, qu'un autre d'écrire une lettre * ».
1. Voyez mon livre : La Vie et les Œuvres de J.-S. Bach. Paris, 1882, in-12, p. 172-75.
2. Grundlage einer Ehrenpforte woran dev tùchtigsten Capellmeister, Componisten, Musickgelehrten, etc. Hambourg, 1740, p. 354-59.