Mâinwaring; Manoirs, etc., p
elle poussa des cris, pleura, et promit de faire tout ce que voudrait Handel. A partir de cet instant, ce tyran femelle, fléau de tous les maîtres de chapelle à qui elle avait eu affaire, fut envers le maître saxon d'une obéissance exemplaire. Deux raisons puissantes l'y poussaient d'ailleurs : d'abord la peur affreuse qu'elle avait éprouvée, ensuite les succès qu'elle obtint avec les cantilènes que Handel écrivit pour elle.
Le grand air de Théophane (Cuzzoni), vers la fin du premier acte, Affanni del pensier, appartient à ceux qui, par leur disposition artistique, s'imposent aux musiciens. Le Dr Pepusch, malgré sa rancune contre son rival, ne put s'empêcher de s'écrier: « Cet ours mal léché fut vraiment inspiré lorsqu'il écrivit cet air1 ! » On doit encore mettre au nombre des principaux morceaux de la Cuzzoni le passage en récitatif, 0 grati crrori, que les spectateurs ne se lassaient pas d'entendre. Il faudrait des pages entières pour détailler comme elle méritent de l'être toutes les beautés dont foisonne cet opéra. Les six interprètes (Senesino, Berenstadt, Boschi, — Ja Cuzzoni, laDurastanti et miss Robinson) furent favorisés de morceaux exquis.
Le 30 mars, Bononcini reprit la scène avec son Erminia, qui n'eut point de succès, et, le 14 mai, Handel n'éprouva pas un meilleur sort avec son