I . History. IV
172 GEORGE-FRIDERiC HAJNDEL
Tolomeo de Hândel qui, le 27 janvier 1733, livra au public son nouvel opéra intitulé Orlando.
Le premier acte s'ouvre par un air admirable de basse chanté par Montagnana. Son rôle de Zoroastro était tellement important, que l'on eut un instant la pensée d'intituler cet opéra Zoroastro ; mais Senesino, craignant de voir par là sa dignité de premier sujet compromise, poussa des cris de paon, protesta, réclama et, finalement, on conserva le titre A'Orlando. Les prétentions de ce castrat dépassaient toute mesure, et s'il avait maugréé lorsque la Cuzzoni et Faustina lui enlevèrent ses admirateurs, il cria bien plus fort quand il vit que les rôles des autres chanteurs étaient aussi importants que le sien. Ni sa grande scène de la fin du deuxième acte, où il représente Roland furieux, ni ses beaux airs, ni ses superbes récitatifs ne purent lui faire oublier que, sous l'administration de Hândel, il n'y avait pour lui aucune perspective de redevenir le despote du théâtre.
Outre les innovations que Hândel apporta dans cet opéra, — notamment la marche descendante de la septième majeure à la septième mineure sur la basse en pédale, dans l'air de Dorinda déjà cité , Amor è quel vento, — il introduisit aussi un nouvel instrument dansTorchestre-Castrucci, le chef de ses premiers violons, avait inventé une petite viole, la violetta marina, qu'il fit connaître pour la première fois au public dans son concert du 28 février.
Hàndel employa cet instrument au troisiène acte à'Orlando pour accompagner l'air de Senesino, Gia Vebro mi ciglio. L'accompagnement consistait en deux violette marine con violoncelli pizziccati per gli signori Castrucci (les deux frères Pietro et Prospero), comme s'exprime Hàndel dans le manuscrit original de son opéra. Cet instrument étant tombé dans un oubli absolu sans laisser la moindre trace, nous ne pouvons juger de son utilité que par son nom et par la musique de Hàndel. La petite viole nommée violetta était usitée alors, mais jamais comme instrument solo, à l'égal du violon et du violoncelle. Les deux violette marine, au contraire, se présentent en solos à l'entrée de l'air et sont soutenues par une basse délicatement pincée par le violoncelle. Dans ce morceau, la violetta marina va du mi sur la première ligne de la portée, au mi au-dessus des lignes. Burney dit1 que « la violetta marina paraît avoir été une sorte de viole d'amour avec des cordes sympathiques ». On a contesté la vérité de cette assertion2, mais Burney pourrait bien avoir raison, car dans une annonce du Daily Courant du 17 mars 1725, — où l'instrument, il est vrai, n'est pas spécifié, mais seulement décrit de façon à ce qu'on puisse le reconnaître, — il ressort qu'on le dénomma ainsi d'après l'ancienne