The présent state of musir., etc. T. ). P. 2o
Nous voyons par les apostilles du manuscrit original, que le premier acte fut terminé le 28 novembre et le deuxième le 4 décembre. Entre le 4 et le 24, il dut composer la Funeral Anthem pour la reine Caroline, et comme le troisième acte de Faramondo est porté terminé le 24, et que nous savons que la cérémonie funèbre eut lieu le 18, il en résulte qu'il ne mit pas six jours à le parfaire; toutefois, ayant été obligé d'appliquer sa musique à des chanteurs qu'il ne connaissait pas, elle s'en ressentit, quoique fort belle, et l'opéra n'eut que six représentations à partir du 6 janvier 1738.
Le pastiche intitulé Alessandro Severo, avec une superbe ouverture et quelques airs nouveaux, suivit Faramondo, le 25 février, et ne put dépasser sept représentations. Walsh fils, successeur de son père, en a publié les airs favoris ainsi que ceux du Faramondo, qui fut gravé par souscription. Au nombre des souscripteurs, on comptait le docteur Pepusch et son fils, « Master » Pepusch. Le docteur Pepusch, né en Prusse, compositeur de plus de savoir que de génie, occupait la première place musicale de l'Angleterre avant l'arrivée de Hàndel, lequel, ainsi que nous l'avons vu, le supplanta comme maître de la chapelle du duc de Chandos, à Cannons. Il n'est pas étonnant que le docteur en ait éprouvé du dépit et du ressentiment. Il se mit pendant quelque temps du côté des ennemis de Hàndel ; mais il aimait trop la musique pour ne pas admirer le génie de son
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rival et pour lui garder rancune; et quoiqu'il l'appelât « gros ours », il manifesta pour lui une considération pleine de délicatesse en faisant souscrire son fils à l'œuvre du « gros ours ».
L'opéra de Se?*se (Xerxès) qui vint ensuite et fut représenté pour la première fois le 15 avril 1738, peut passer pour un opéra comique, que Heidegger imposa sans doute à Hândel. Celui-ci doit avoir utilisé des petits morceaux écrits sur un texte comique à une époque fort antérieure. Il n'eut que cinq représentations et on l'imprima aussi par souscription ; mais c'est la dernière œuvre que Hàndel édita de cette manière.
Les jours pendant lesquels il écrivit cet opéra comique peuvent être comptés parmi les plus tristes de sa vie. Pour dégager sa parole et conserver sa liberté, il travaillait avec autant d'assiduité et d'énergie que le lui permettaient ses forces à peine revenues, et pendant qu'il peinait comme un manœuvre, lui arriva une menace d'incarcération d'autant plus dangereuse qu'elle partait d'un homme qui aurait dû avoir pour lui une reconnaissance éternelle. Del Po, le mari de la Strada, avait consenti, sur les instances de sa femme et des amis de Hàndel, à accepter ses billets et attendre leur payement pendant une année. Ce délai passé, et n'ayant pas trouvé d'engagement avantageux pour sa femme l'hiver précédent, il voulut être payé et menaça son débiteur de le faire mettre en prison. Dans cette con-
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joncture, les amis du compositeur lui conseillèrent de donner un concert à son bénéfice. Quoique ce procédé fût devenu habituel aux artistes, jamais Hândel n'y avait eu recours; il s'exprimait, au contraire, en termes très vifs contre cette manière de battre monnaie, qu'il appelait une mendicité déguisée. Il refusa d'abord; mais pressé de tous côtés, il ne crut pas devoir résister aux instances de ses partisans et consentit à recevoir la preuve d'estime que le public tenait à lui donner. Le concert eut lieu le 28 mars, dans la semaine sainte, et se composa d'airs anglais et italiens, et d'un concerto d'orgue. Des places furent même disposées sur la scène pour les auditeurs. La réussite dépassa toute attente; chacun avait voulu témoigner au maître la considération dans laquelle on le tenait, malgré ses maheurs.Cela prouve qu'en dépit de son impopularité chez les grands, la masse du public savait parfaitement apprécier son génie et son grand caractère. La salle fut comble, « et quand le rideau se leva, on vit, assises en amphithéâtre sur la scène, plus de cinq cents personnes de la noblesse1 ». La recette monta à 800 livres (20,000 fr.)2, et Mainwaring 3 prétend qu'elle monta à 1,500 livres (37,000 fr.). Il s'exprime ainsi : «D'un seul bénéfice à Haymarket, en 1738, et qui lui rapporta, dit-on, 1,500 livres,