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assez agréablement leurs idées fixes et ce que l'on pourrait appeler, d'un terme médical : leur délire
fscientifique systématisé '. Il va même jusqu'à soutenir cette opinion hardie, que la folie se manifeste toujours par une débauche du raisonnement, jamais
' par une exaltation de l'imagination ou de la sensibilité. L'art et la poésie, pense-t-il, ne rendent pas fou, comme les mathématiques et les échecs. La poésie se laisse flotter sur l'océan infini des choses ; la spéculation essaye de le traverser : elle s'y épuise
pet s'y tue -. A lire telles pages de notre auteur, on pourrait même croire qu'il accorde aux doctrines qu'il combat le bénéfice de la logique, qu'il les tient pour irréfutables sur le terrain du raisonnement, et qu'enfin un acte de foi ou de volonté soit nécessaire pour s'évader de leur cercle fatal. Par exemple, rendu au terme du livre consacré aux « Hérétiques » et (( plein de cet attendrissement qui convient aux choses qui s'achèvent », il s'excuse de ses duretés à l'égard des rationalistes, et en particulier, de leur avoir donné ce vilain nom :
Il n'y a pas, dit-il, de rationalistes. Nous croyons \ tous à des contes de fées ; nous y vivons. Certains esprits, inclinés à une poésie somptueuse, croient à la femme revêtue du soleil. D'autres, d'un instinct plus rustique, amis d'une mythologie inférieure, croient à l'impossible 1 soleil lui-même. Les uns admettent le dogme indémontrable de l'existence de Dieu ; les autres, le dogme non