Ibid., p
Et Chesterton déclare, à maintes reprises, qu'il l'est. Il Pest un peu à la façon de Stendhal, qui fait Tdes professions de foi analogues. Le romantisme, pour lui, c'est le goût de la vie, de l'aventure, de l'imprévu, du risque, le goût des extrêmes, la fuite dans des mondes et des événements inédits, loin du convenu, du réglé et du banal. Est romantique, d'après lui, ce qui n'est ni logique, ni rationnel, le côté indiscipliné et tumultueux de notre nature, la \fantaisie, la liberté, l'enthousiasme. Et dans l'ordre des choses, c'est cet univers, assimilable au royaume des fées ; c'est la vie, qui n'est pas « une déduction », astreinte à ne se poursuivre et ne s'achever que d'une seule façon, mais « une histoire, une nouvelle », dont les péripéties et le dénouement sont impossibles à prévoir ^ ; c'est la famille, fait arbitraire s'il en fût, puisque l'homme ne la choisit pas, mais s'y trouve placé par cette « suprême aventure qui est la naissance ^ » ; c'est surtout le mystère, le surnaturel, le miracle, qui dépassent toute raison et bouleversent toute attente.
Voilà pourquoi encore et en quel sens Chesterton
est démocrate. On s'attend bien à ce qu'il ne le soit
pas comme tout le monde et que sa façon de l'être
scandalise parfois les orthodoxes du parti. Que
rplace-t-il sous cette étiquette en vogue ? Son amour