‹ G. K. Chesterton, ses idées et son caractèreChapitre 26 sur 76 · Le Napoléon de Nolling Hill, p. 245 ; cf. p · texte numérisé non relu

Le Napoléon de Nolling Hill, p. 245 ; cf. p

ne peuvent se régler que par la violence. Dans The Bail and Ihe Cross^ un jeune Ecossais catholique, Evan Mac lan, veut pourfendre un athée qui insulte la Vierge Marie :

Si cet homme, déclare-t-il, à l'ahurissement du juge qui l'interroge, avait dit de ma mère ce qu'il a dit de la Mère de Dieu, il n'y aurait pas en Europe un club de gens propres pour me refuser le droit de le provoquer en duel. S'il avait dit cela de ma femme, vous-mêmes, Anglais, me pardonneriez de l'avoir rossé comme un chien sur la place publique \

Un disciple de Tolstoï, qui veut séparer les champions au nom de l'amour, fournit à l'écrivain le motif d'une bonne caricature et l'occasion d'exprimer ses idées par la bouche de son héros :

L'homme, dit Mac lan, donnait à ce mot amour (love) un son indescriptible, je ne sais quoi de pesant et de rude, comme s'il avait dit : « bottes » (boois)... Quand il est arrivé, mon àme m'a parlé ainsi : Laisse là la bataille, et tu deviendras pareil à cela. Abandonne les serments et les dogmes et toutes les choses fixes et tu pourras devenir semblable à cela. Tu pourras bien te pénétrer aussi de ce brouillard de fausse philosophie. Tu pourras bien devenir épris de cette fange de morale rampante et couarde, arriver à penser qu'un coup est mauvais parce qu'il blesse et non parce qu'il humilie. Tu pourras bien en venir à croire que le meurtre est un crime parce que c'est une violence et non parce que c'est une injustice *.

Prendre ainsi l'existence, c'est être romanlique.

Page 1