Ibid., p
venu qui pensent prouver la valeur poétique de l'artificiel en le comparant à la nature : ce qui revient proprement à la nier. Comparer par exemple la capote du « cab » à la courbe gracieuse d'un coquillage, c'est avouer que le coquillage est plus beau que le « cab » et qu'un reflet de la nature est nécessaire pour poétiser le banal véhicule ; Wayne est plus hardi et va plus loin dans la sincérité quand il écrit :
Au vieux coin de la rue, le vent Tourne, vite et brusque, comme un cab.
Ceci, pour le coup, c'est magnifier le « cab », puisqu'on « pense faire un beau compliment à l'immortel ouragan en le comparant à une voiture de place ^ ».
Ce qui est vrai du caractère de beauté des objets ne l'est pas moins de leur aspect comique. Celui-ci ne se révèle pas non plus aux regards aff'airés des gens pratiques. Il y faut l'œil flâneur et désintéressé de l'humoriste. Quoi de plus cocasse, par exemple, que des personnes qui mangent î Voir un homme grave « engloutir des substances étrangères par une ouverture pratiquée dans sa tête », quel spectacle burlesque ! « La Nature a eu vraiment l'humour un peu grossier quand elle a réglé cela K » L'organe qui débouche inopinément du milieu de notre visage fait un efl'et non moins sin-