‹ G[ran]de Bretagne et IrlandeChapitre 61 sur 91 · L.onstable est un maître. Ceux " p^j^ constable · texte numérisé non relu

L.onstable est un maître. Ceux " p^j^ constable

qui connaissent ses dessins et (A la Galerie Xalionale.)

GRANDI. HRI:TACNI: ET IRLANDE

ff^^

Fk;. 3qi. — Paysage avkc iMouLiN

A VKNT. PAR StARK.

(C.he- Mi^lress .luseph.)

ses quelques portraits le savent aussi bien que nous. On peut dire qu'il occupe la première place parmi les paysagistes du XIX' siècle.

De même que celles de Turner, les œuvres de Constable sont assez nombreuses, dans les musées anglais, pour que nous puissions apprécier son talent sous toutes ses formes. La Galerie Nationale a le Champ de Blé (fig. 387), la Charrette à foin et la Ferme de la Vallée (fig. 390), qui datent de sa maturité, et un certain nombre d'autres toiles de moindre importance ; la Galerie Diploma, à Burlington House, conserve le Cheval qui saute, dont une superbe esquisse est au Musée Victoria and Albert (fig. 388), avec une autre, tout aussi belle, de la Charrette à foin (fig. 389) ; enfin, ce même musée possède encore près de 500 toiles, aquarelles ou dessins, qui, presque tous, lui ont été légués par la fille du peintre, miss Isabel Constable.

William Turner et John Constable marquent l'apogée de la floraison d'art qui prit naissance entre 1 740 et 1 750. Apres eux, la peinture anglaise perdit progressivement de sa vigueur. Elle devint routinière, n'exprima plus que des émotions superficielles, chercha l'admiration facile de la foule, non celle d'une élite. Il y eut des exceptions ; les principales furent fournies par l'école de Norwich, par l'école des aquarellistes et par Watts. Mais on peut dire, d'une façon générale, que l'esprit de la peinture anglaise, depuis 1815 jusqu'à l'exposition de 1 85 1 , fut des plus étroits.

Fig. 3q2.

- Vallée dk la Yake.

PAR Stark.

(A la Galerie Nationale )

Fi<;. 3q3. — Navires a i-emboiciuki-:

i)K i.A Tamise, par (>c)tman.

(Alt Mitscc \'icl(iria and Albert.)

— LA PEINTURE MODERNE. - DE TURNER A WATTS

L'école de Norwich est le meilleur exemple que l'on puisse citer, en Angleterre, jusqu'à une époque toute récente, d'une réunion d'hommes travaillant sur des lignes communes, sous l'inspiration d'un même maître. Le caractère britannique n'est pas fait pour des associations de cette sorte. " Tout Anglais est une île ", prétend-on, ce qui veut dire que l'Anglais est trop individualiste, trop impatient des résultats pour travailler dans une fraternité. Il en est d'ailleurs résulté que les peintres anglais n'ont pas eu, en matière d'art, une instruction aussi solide que leurs rivaux du Continent, et qu'ils furent moins aptes et moins préparés qu'eux à former des élevés. Un changement s'est produit pendant ces vingt dernières années. L'exemple des Français a servi aux peintres anglais et ceuxci ont gagné, à la tendance nouvelle de se grouper autour d'un maître, de devenir de bien meilleurs artistes.

L'école de Norv^ich se distinguait plutôt par un travail en commun que par des principes uniformes. C'était, avant tout, une réunion de paysagistes, qui travaillaient simplement mais solidement d'après nature. Ils composaient leurs tableaux avec soin, d une manière quelque peu artificielle, car ils n'oubliaient point que leurs œuvres étaient faites pour des acheteurs de condition moyenne. Les

peintres les plus connus de cette école sont, avec John Crome lui-même : les Ladbrooke ; John Bernay Crome dit Crome le Jeune (1793- 1842), dont les meilleures œuvres valent plus que sa réputation ne le fait supposer ; James Stark (1794- 1859) ; Joseph Stannard (1797-1830); George Vin- ,, , ,, ,, cent (1796 M 830); et un

iMG. 394. — Greenwich. par Vincent. ^ J 1 T 1

rc/icq Sir cuihbert Quiiier, baronet.} homme de grand talent, lohn

CRANnE. BRETAGNE ET IRLANDE

FiG. 3ç)5. — CitATrAU dk i-a l)i ciikssi;

m: Bkhri. par Boningion.

(Chc:, Mislrc^x Joseph )

Sell Cotman (1782-1842).

Les œuvres capitales de cette pléiade ne sont pas dans nos musées. Stark seul est représenté, a la Galerie nationale, par un tableau qui le fait bien connaître (fig. 392). Sir Cuthbert Quilter possède le chefd'œuvre de George Vincent, le fameux Hôpital de Greenwîch, vu de la Tamise (fig. 394), que l'artiste a refait plusieurs fois. La peinture de Cotman déroute le connaisseur. Les toiles qui lui appartiennent, ou celles qu'on lui attribue, sont de style fort variable. Ceux qui voudront l'étudier, pour la classer, y trouveront la matière d'intéressantes observations. Les aquarelles et les dessins noir et blanc de Cotman sont plus homogènes. Les derniers, en particulier, témoignent d'une imagination fort élevée. Il nous semble que des dessins comme Y Emottage et le Centaure, que possède le British Muséum (salle des gravures), l'emportent sur les compositions du Liber studiorum de Turner.

Cotman était aussi un aquafortiste et un dessinateur architectural de beaucoup de valeur. Sa réputation a grandi depuis peu, mais nous estimons qu'elle est encore fort au-dessous de la place qu'elle mérite.

Une petite catégorie de peintres qui ne peuvent être rattachés à aucun des groupes précédents sont les animaliers. L'amour des Anglais pour la vie des champs engagea, de bonne heure, une classe d'hommes à faire métier d'illustrer les sports, de peindre des chiens de chasse et des chevaux de course. De temps à autre, quelques-uns de ces hommes sortirent de la médiocrité. Wootton, nous l'avons dit, fut de ce nombre. Un autre est George Stubbs

Fig. 3q6. — L'étable. par AIorland.

(Ail Musée Victoria and Albert.)

FiG. 397.

— Bestialx dAi-dernev.

PAR WaRD.

(A la Galerie Taie.)

LA PEINTURE MODERNE. - DE TURNER A WATTS

(1724-1806), qui peignit son type propre de cheval avec une vigueur et une adresse remarquables. George Morland (1763-1805) vaut surtout d'être cité. Il devint, tout a la fois, un délicieux artiste et un des peintres les plus parfaits des temps modernes. Morland avait de qui tenir. Son grandpère, George Henry Morland (mort en 1 789), et son père, Henry Robert (1 730 ?-l 797), ne furent pas de mauvais peintres. Un petit tableau que l'on attribue au premier : la Marchande d'huîtres, à la Galerie nationale de Glasgow, accuse même un certain talent. Sa mère. Maria, exposait a l'Académie royale. Mais George Morland, comme artiste, l'emporta sur tous les siens et, comme homme, se montra bien supérieur à son père, encore que sa conduite n'ait pas été irréprochable. Henry Robert s'employa à des œuvres sans dignité ; son fils George ne l'imita jamais, malgré l'état précaire de sa fortune. Car George Morland connut la pauvreté pendant toute sa vie. Il est vrai que ses débauches — peut-être beaucoup moins exagérées qu'on ne l'a dit — en furent surtout la cause. Ayant l'habitude de ne point compter, cet artiste vécut dans de perpétuelles dettes. Il eut à souffrir de créanciers tenaces et de ceux qui connaissaient le moyen de tirer profit de sa

misère. George Morland était admirablement doué ; il possédait au plus haut point le sentiment de la beauté et de l'harmonie et travaillait fort vite. Peintre de genre et animalier, on ne saurait dire dans laquelle de ces deux formes d'art son talent s'est le mieux manifesté. Dans la peinture de T7,^ 0^0 T T genre, ses meilleures toiles

FiG. 398. — Incertitude, par Landseer. * '

(Au Musée Victoria and Albert.) sont la série des Lavinia,

l'IG. 3()Q. — l.A (ili:HKi;, PAK Landskku. (Ah Mhsl'c Victoria and Albert.)

la Visile à lenfanl en nourrice, et le jour noir ; comme animalier, Morland n'a rien fait qui soit supéneui a y Intérieur Jetable, que possède la Galerie nationale, et a YÉtable (fig. 396) du Musée Victoria and Albert.

James Ward( 1769- 1859), beau-frere de Morland, travailla comme lui, mais dans un style très différent. Sa personnalité, poussée à l'extrême, ne devient complètement acceptable que dans les plus grands de ses tableaux. Ceux qui nous le montrent sous son meilleur jour sont les suivants : Harlech Castle, dans la Collection nationale ; Taureau <J' A Iderney, Vache et veau dans un paysage (fig. 397), et Gordale Scar, dans le Comté de Yor/^, a la Galerie Tate ; Château de Saint-Donat avec Combat de taureaux, au musée Victoria and Albert. C'est à James Ward que revient l'honneur d'avoir formé, quel qu'il puisse, être, le talent d'animalier de Sir Edwin Landseer (1802-1873). Pendant longtemps, Landseer a été le peintre préféré des Anglais ignorants de l'art, qui aimaient les tableaux. Sa façon de donner aux animaux une expression quasi humaine leur plaisait. Sa banalité ne les choquait point, et ils ne pouvaient pas se rendre compte de la pauvreté de son coloris et du vide de sa facilité. Landseer a joui, durant toute sa vie, d'une vogue que connurent bien peu d'artistes.

Les meilleures de ses toiles, comme la Mort de la loutre, appartiennent à des particuliers. Mais il est plus que suffisamment représenté à la Galerie nationale et au Musée ^ ^ ,,

, ,. . 1 A 11 rr QCiO ^"^'- 4"^- — tccK Homo,

Victoria and Albert (,ng. 3Vo et p^j^ ^^^^.

399). (A la Galerie Tate)

LA PEINTURE MODERNE -DE TURNER A WATTS

FiG. 401. — Baigneuse, par Etty, (A la Galerie X a lion a le)

Le commencement du XIX siècle a compté de nombreux pemtres d'une réelle smcente, quoique leur talent soit plus ou moins agréable. Les principaux furent les Ecossais David Wilkie ( I 785- 1841), Patrick Nasmyth (1786- 1831), William Dyce (1806- 1864) et John Philip (1817- 1867); l'Irlandais William Mulready ( 1 786- 1 863) ; les Anglais Augustus Wall Callcott (1779- 1844), William Etty (1787- 1849) et George Lance (1802- 1864) ; et les Anglo- Américains Charles Robert Leslie (1794- 1859) et Gilbert Stuart Newton (1795-1835). Etty, qui fut méconnu de son vivant et vite oublié après sa mort, avait le don de peindre les nudités. Un séjour dans quelque grand centre, au temps de sa jeunesse, lui aurait permis de développer ce don, d'être favorablement accueilli et de devenir un maître. Mais il fut obligé de vivre dans l'obscurité et, des toiles qu'il a peintes, les unes sont des

combinaisons éclatantes ou crayeuses, froides, quelquefois insignifiantes, les autres expriment la beauté humaine avec un réalisme et un succès extraordinaires. Titien, Rubens, Rembrandt eurent de magnifiques conventions pour les chairs ; Etty, dans ses meilleures œuvres, nous a donné, pour ainsi dire, la chair elle-même, réelle, animée, palpable. Cet artiste est bien représenté dans les collections publiques anglaises. La Galerie nationale a la Jeunesse à la proue et le Plaisir au gouvernail, et la Baigneuse (fîg. 401) ; South Kensington, Cupidon et Psyché ;

FiG. 402. — Le refus,

PAR Wilkie.

(Au Musée Victoria and Albert.)

FiG. 4o3. — Cottage a Hyde Park,

PAR Nasmyth.

(A la Galerie Taie.)

la Galerie de Manchester, l'Orage ; la Galerie nationale d'Edimbourg a une série de sujets héroïques. Mais les plus belles de ses toiles, que possèdent des établissements publics, sont a nos yeux une triple étude de nu au musée de New-York et une Vénus, qui est presque une copie de celle de Titien, dans la Salle du Conseil de l'Académie royale d'Ecosse. Les sujets de genre réussirent beaucoup mieux aux hommes de talent. Wilkie fut gâté, durant toute sa vie, par la fortune. Son premier malheur fut la maladie dont il mourut. Ses meilleures compositions dénotent une rare aptitude a exécuter des tableaux d'une originalité réelle, bien que modeste, sous l'inspiration d'une école étrangère d'une autre époque que la sienne. Parmi celles de ses œuvres qui sont accessibles au public, nous citerons : le r!M^énétrier aveugle et la Foire du village, a la Galerie nationale ; l'esquisse de Colin-dM^aillard, a la Galerie Tate ; les Enfants à la chasse au rat, à la Galerie Diploma, à Burlington House ; le Refus (fig. 402), à South Kensington. Une toile inachevée, presque à peine commencée, Knox administrant les sacrements à Calder House, conservée à la Galerie nationale d'Ecosse, a beaucoup de charme.

Peut-être cependant promet-elle plus qu'elle n'aurait donné si Wilkie l'eût terminée. En dehors de son genre particulier, une Bethsabée, chez Mistress Naylor, de Leighton Hall (Welshpool), représente, sans doute, son meilleur effort.

La Lecture d'un Testament, à Mumch, a été détruite par une fig. 404. - Byron, p^hillips.

restauration. (O'aprùs une gravure.)

FiG. 405. — Le sonnet,

PAR MULREADY.

(An Musée Victoria and Albert.)

LA PEINTURE MODERNE. - DE TURNER A WATTS

Les paysages de Patrick Nasmylh, dans un style fonde sur celui de Hobbema, ont toujours été fort recherchés par ceux qui aiment le fini dans les petits détails (fig. 403). La Galerie nationale en possède plusieurs bons exemples.

William Dyce s'est fait une réputation par ses peintures murales du vestiaire du roi, à Westminster, dont on peut dire qu'elles sont excellentes, eu égard à l'époque.

John Phillip naquit à Aberdeen. II étudia à l'Académie royale et peignit d'abord des scènes populaires écossaises. En

1846, il se rendit en Espagne. 11 y fut séduit par les tableaux de Velasquez, et il commença, dès ce moment, la longue série d'illustrations vives, larges et colorées de la vie espagnole, qui lui ont valu le surnom de " Philippe d'Espagne " . La Galerie Tate a de bons tableaux de cet artiste, mais le meilleur est probablement la Fête espagnole ou la Gloria, que possède le Musée d'Edimbourg.

Un autre excellent peintre contemporain, qui se consacra à des sujets tirés de la vie espagnole, est F. Y. Hurlstone (1800-1869), dont il existe aussi une toile de valeur à la Galerie Tate. Il a peint grassement dans une couleur juste.

William Mulready naquit à Ennis, comté de Clare, en 1 786. Il vint à Londres encore enfant et entra aux écoles de l'Académie en 1800.

Mulready fut d'abord associé, puis membre de l'Académie royale, dans l'intervalle des expositions de 1815 et de 1816. Son travail était lent et laborieux. Trentetrois de ses tableaux, presque

Fig. 40D.

La mégère APPRIVOISEE,

PAR Leslie.

{Au Musée Victoria and Albert.)

G H A N I) I: H l< I. T A C. N F. /• T IKLANl) /•;

FiG. 407. — L'ONCI.E TOBY ET LA VEUVE WaD.MAN,

PAR LeSI.IE.

^.l la (jaleric Xatiuiuilc )

tout ce qu'il a fait, sont au Musée Victoria and Albert, Le Sonnet (fig. 405) et le Choix de la robe Je noce nous paraissent les deux meilleurs. La peinture de Mulready est gàtee par une tonalité chaude et criarde.

L'art de Leslie, gracieux, presque féminin, plait davantage. Le tort de cet artiste a été de s'embarrasser d'un texte. Presque tous les sujets qu'il a traités sont tirés d'écrivains, comme Shakespeare, Molière, Cervantes, Sterne, Le Sage, etc. De même que Mulready, Leslie est bien représenté à South Kensington, où se trouvent vingt-quatre de ses toiles.

New^ton fut un esprit plus rare.

Par malheur, la folie l'atteignit et le nombre des toiles qu'il nous

a laissées n'est pas considérable. A bélard est à la Galerie Diploma

(Académie Royale) ; Yorick ci la Grisette à la Galerie Tate ; le

Capitaine dM^acheafh, chez Lord Lansdowne.

Augustus Léopold Egg et William Collins peuvent être classés

dans la même catégorie d'artistes que Leslie et New^ton. L'un et

l'autre eurent un genre de talent qui

est inadmissible en peinture. Le premier dessine bien et groupe son sujet

intelligemment ; mais ses œuvres n'ont

ni enveloppe, ni motif pictural. Le second est meilleur coloriste ; le paysage

tient, dans ses tableaux, une place

aussi grande que l'anecdote. Collins

fut cependant dépassé par un peintre

de natures mortes, George Lance,

dont plusieurs compositions de valeur

se trouvent dans les musées de Londres

(fig. 409).

Callcott, auquel on a parfois donné

le nom ridicule de Claude anglais ',

naquit en 1 779. Comme Hoppner

Fig. 408. — Les femmes

SAVANTES. PAR LeSLIE.

(Au Musée Victoi-ia and Albert.)

LA PEINTURE MODERNE. — DE TURNER A WATTS

FiG. 40Û. — Fruits, par Lanxe.

lA la Galerie Xatiunale.)

dont il fut l'élève, il commença par être chantre. Ses paysages, qui valent mieux, en général, que ses tableaux de genre, sont inspirés de Cuyp aussi bien que de Claude.

Les musées anglais ont peu de tableaux de Callcott. Son chefd'œuvre est probablement l'^^mbouchure de la Tyne, dans la collection de Lord Ridley.

Paul Falconer Poole, né à Bristol, ne reçut jamais d'éducation régulière. Il obtint de bonne heure un certain succès et fut, pendant longtemps, le principal peintre anglais des sujets allégoriques, après Watts. La Galerie Tate et le Musée Victoria and Albert ont de ses toiles.

Tous les peintres que nous venons de nommer eurent pour contemporains des portraitistes qu'il serait inutile de rappeler. Pour des raisons que l'on n'aperçoit pas, l'art pictural du portrait disparut presque entièrement entre la mort de Lawrence et la venue de Millais. La seule exception à la médiocrité générale nous est fournie par Watts, qui sut unir la largeur du style et l'imagination artistique

aux exigences objectives. L'art du portrait tomba dans un tel discrédit, que Millais crut nécessaire de s'excuser, lorsqu'il s'y consacra. Watts lui-même, malgré toutes ses qualités, ne fit couramment des portraits que durant la seconde moitié de sa carrière.

George Frederick Watts, né en 1817, était originaire du pays de Galles. Son art et son caractère avaient de nombreux traits celtiques. L'éducation de cet artiste fut décousue. Il travailla pendant un laps de temps assez

tiG. 410. — Le lecteur, - 1 1 r A 1 ■ •

^ c r- court aux écoles de 1 Académie

PAR T. s. GOOD. 1' 1- 1

(A la Galerie Tate.) et fréquenta 1 atelier du sculp-

G RANDl.nRirrACNF. ET IRLANDE

FiG. 411. — Hastings, par Chalo (Au Musée l'/c/orta and Albert)

teur William Behnes. Watts avait coutume de dire que son véritable maitre était Phidias, et son école, les marbres du Parthénon. Nul plus que lui n'eut de la constance dans ses amitiés, il a peint plusieurs générations d'une même famille.

Une famille a même, de cet artiste, des portraits qui

s'étendent sur six générations ! Watts envoya, en 1847, au concours de Westminster Hall, une toile représentant la Première Victoire navale des Anglais, qui lui valut un prix de 12 500 francs. Cette toile, achetée par l'Etat, est actuellement dans une salle de Comité de la Chambre des Lords. Une fresque, qu'il peignit pour cette même Chambre, a été détruite ; mais il en existe une autre, dans la grande salle de Lincoln's Inn, qui peut passer pour la plus belle peinture murale moderne de toute l'Angleterre.

Vers la même année 1847, Watts commença la série de ses tableaux allégoriques, aussi faciles a comprendre que superbes au point de vue de l'art. Il n'est pas téméraire de penser que ce sont ces tableaux qui rappelleront le mieux son talent. Quelques années plus tard. Watts aborda une autre série de peintures et fit les portraits de diverses célébrités. Ils sont très inégaux, mais, dans le nombre, quelques têtes particulièrement fines témoignent d'une maîtrise consommée. Ceux de Lord Stratford de Redclyffe, Russell Gurne^ (fig. 416), Walier Crâne (fig. 425) et William (Morris, a la Galerie nationale des portraits, peuvent compter parmi les meilleurs. Watts consacra une partie de son temps à la sculpture. Il aurait certainement brillé dans cette forme d'art s'il avait concentré sur elle toutes ses

Fig. 412. — Portrait de Jackson,

par lui-même.

(Au Musée Victoria and Albert.,

LA PEINTURE MODERNE. -DE TURNER A WATTS

Fi(i. 4i3. — Statue de Coeleone,

A \'enise. par J. Holland.

(Che^ Mistress Joseph.)

facultés. Nous reparlerons plus loin des œuvres de pierre qu'il nous a laissées. Cet artiste est mort a Little Holland House (Kensington), en 1904. L'Angleterre possède un grand nombre de ses œuvres. Il se montra très généreux pendant sa vie et offrit beaucoup de tableaux à des musées de province. Le plus beau, parmi ceux qui reçurent cette destination, est la Fée t^organe, au Musée de Leicester. Une autre de ses bonnes toiles, le Temps, la c!^ort et le Jugement, décore la cathédrale de Saint- Paul. Watts a donné trente et un portraits de célébrités à la Galerie nationale des portraits et vingt-trois tableaux à la Galerie Tate. Cette dernière galerie s'est enrichie également d'une immense toile de ce même peintre, qui lui a été

donnée par le Cosmopolitan Club, établi depuis de nombreuses années dans Charles Street (Mayfair), où Watts a possédé un atelier. Cette toile, un des spécimens les plus puissants de sa peinture décorative, a pour sujet \ Histoire de Nostagio degli Onesti, tirée du Décaméron.

Une grande collection des œuvres de Watts est enfin visible dans la maison qu'il habitait, à Limnerslease, près de Compton, dans le comté de Surrey.

(Pour la Bibliographie, voir à la fin du chapitre XVI.)

FiG. 414. — Callisto. par Rothwell.

^V la Galej-ie Nationale de Dublin.)

FiG. 4i5. — Le Pardon et la Vérité, par Mistress de Morgan.

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