PAR LUI-MÊME
((Collection Salling.J
Fig. 455. — N. Hilliard PAR Hilliard fils.
(Collection Salting.)
speci -
mens des miniatures des deux Oliver appartiennent au Roi Edouard VII, à Lord Derby, Lord Exeter, M. Burdett Coutts, M. Wmgfield Digby, le Duc de Buccleuch et d'autres collectionneurs. Le Musée Victoria and Albert possède, dans la collection Jones, une admirable miniature en pied de Sackville, Comte de Dorset, par Isaac.
D'autres miniaturistes travail-
PORTRAITS EN MINIATURE
FiG. 450. — Arabella Stuart, PAR N. Milliard.
iClie- Mrs. Josepli.
lèrent aussi suivant la tradition de Holbein. Les deux plus habiles furent Pénélope Cleyn, fille d'un dessinateur de la manufacture de tapisseries de Mortlake, et John Hoskins (mort en 1664).
Ce dernier (fig. 469) n'a été surpassé, dans son art, que par ses propres neveux et élèves :
Alexandre et Samuel Cooper.
Le second, surtout, est non seulement le meilleur des miniaturistes que l'Angleterre ait possédés, mais aussi l'un de ceux qui contribuent le plus à sa gloire artistique. Samuel Cooper (1609- 1672) étudia pendant un certain temps dans des ateliers de France
et de Hollande. Il est bien probable qu'il fut le créateur du style que l'on attribue exclusivement à Van Dyck. Certaines de ses miniatures, faites avant l'arrivée de Van Dyck en Angleterre, ont, en effet, l'air de distinction consciente que le grand artiste
flamand sut donner plus tard à ses œuvres. Parmi les plus belles compositions de S. Cooper, on peut citer les miniatures de Cromwell a Chatsworth (fig.
468), de Monk à Windsor, et un assez grand nombre d'autres qui font partie de la riche collection du Duc de Buccleuch. Les miniatures de Samuel Cooper sont peut-être plus ex-
FiG. 457.
Double médaillon, par Milliard.
(Collection Salting.J
Vhj. 458. — Lady Hi'NSDo.N.
PAR I. Oliver.
(Cheii Mrs. Joseph. J
pressives que les portraits peints par Van Dyck. Chacune d'elles remplit a la perfection la surface étroite qui lui est assignée. Le dessin, le modèle, la couleur en sont irréprochables. Nul effort pour produire plus d'effet que le sujet n'en comporte, nulle tentative pour se rapprocher de la grande peinture. Toute l'attention de l'artiste a porté sur les têtes. Il n'est pas un coup de pinceau qui ne contribue
a Tintenslté
de l'expression. Une bonne miniature de S. Cooper est un triomphe de sélection, de précision, d'inspiration et d'harmonie. Encore que beaucoup aient disparu pour diverses causes, les œuvres de cet artiste ne sont pas rares. Le Roi Edouard VII, le Duc de Sutherland, le Duc de Devonshire, le Duc de Portland,
le Comte
FiG. 45q. — Sir Philip Sidnev.
PAR I. Oliver.
(Ail cnàleau de Windsoi
FiG. 460. — Inconnu,
par I. Oliver.
(.\ii Musée Victoria and
Albert. J
Spencer, Mrs. Joseph et d'autres
collectionneurs en ont de fort belles.
Avec Cooper, la première période de la peinture anglaise de portraits en miniatures parvint à son apogée. Elle connut encore quelques beaux jours, grâce au talent de Thomas Flatman (fig. 467, 470 et 471), Laurence Crosse et Nathaniel Dixon ; ensuite elle tomba, pour un certain temps, entre les mains d artistes
PORTRAITS EN MINIATURE
FiG. 461. — Jacques lei, PAR I. Oliver
FiG. 462. — Anne de Danemark, par I. Oliver.
i&'.,s,-*IB
Bw ^^B
y .jim^
K-Si-
■^-v,/^jP
VR^i^J^^'^^
FiG. 463. — Henry, prince DE Galles, par I. Oliver.
FiG. 4Ô4. — Prince Charles, par I. Oliver.
FiG. 4Ô5. — Henry, prince I Fig. 4ÔÔ. — Lady inconnue,
DE Galles, par I. Oliver. | parI. Oliver.
(Collection Saltin/r.)
étrangers peu doués, qui satisfirent leur clientèle par des grâces factices, auxquelles on a eu recours, depuis lors, beaucoup trop souvent.
Une seconde période brillante commen(;a vers l'époque ou fut fondée l'Académie royale (1769).
Des miniaturistes de cette génération, le meilleur est John Smart, qui exposa ses œuvres, a Londres, de 1762 a 1813 (fig. 472). Au point de vue technique, et sous le rapport de l'exactitude, les portraits de Smart sont sans rivaux.
Leur modelé égale celui des œuvres de Holbein, mais leur coloration est quelquefois peu harmonieuse et, pour cette cause, ne plaît pas toujours. Cosway, qui fut un ami de Smart, avait un talent tout différent du sien. Smart poussait jusqu'au scrupule l'amour du détail et du fini ; Cosway travaillait plus largement et n'arrivait a l'effet que par le sentiment qu'il possédait de la beauté (fig. 476 à 478).
Parmi les artistes de moindre talent, la plupart plus jeunes qu'eux, on peut citer : Andrew (1763-1837) et Nathaniel Plimer (1757-
FiG. 467. — Inconnue,
PAK Fi. ATM AN.
(Che-:, Mr!<. José pli. J
Fig. 468. — Richard Cromwell,
par s. gooper.
(Che^ Mrs. Joseph.J
Fig. 469. — Inconnue, par
j. hoskins.
(Che;;, Mrs. Joseph. J
1822) (fig. 474); Ozias Humphrey (Î7424ai0) (fig. 473); James Nixon ( 1741 -181 2); George Engleheart( 1752- 1829); Samuel Shelley (1 750?-1808) ; Richard Crosse (1740?- 1810) et Horace Hone (1756-1825). D'autres, qui les valent encore moms, sont : Nathanlel Hone (1718-1784) ; Henry Edridge (1769-1821); Samuel Cotes (1734-1818); William Wood (1768- 1809) ; Thomas Hazlehurst (1760- 1818); Richard Collins (1 755-1831) ;
William Gri-
PORTRAITS EN MINIATURE
Fig. 470. — Inxonnu,
PAR Fl.AT.MAN.
f Collection Saltiiiff.J
maldi (1751- 1830); Samuel Finney (1721-1807); John Bogie (1769-1792) (fig. 475 et 480) ; Andrew Robertson (1777- 1845) (fig. 479); etc.
Avec le XIX' siècle, le caractère général des portraits en mmiature évolua fâcheusement. Ils tendirent davantage vers la peinture a l'huile et perdirent de l'unité
Fig. 471. — I.N'coNNr.
PAR Fl.ATMAN.
f Collection Sallin^'-.J
qui avait fait leur charme. Andrew Robertson, en particulier, ne manquait pas de talent ; mais ses miniatures se rapprochent beaucoup trop des portraits de grandeur naturelle (fig. 479). Il en fut de même pour les œuvres de Mrs.
Mee (1770?- 1851), Newton (1785-1839), Ross (1794-1876), Chalon (1781-1860) et Thorburn (1818-1885), qui travaillèrent après Robertson, jusqu'à l'apparition de la photographie.
La splendeur de l'école anglaise
Fig. 472. — In-connue,
PAR J. Smart.
fCheci Mrx. Joseph.)
GRANDE-liRUrAGNI-: ET IRLANDE
FiG. 473. — Wahrk.n JIastings.
PAR O. IIlmphrey.
de portraits en miniature repose sur un sentiment de la forme, sur une puissance de concentration, sur un talent de synthétiser sans tomber dans le vide, que l'on ne retrouve pas au même degré dans toutes les autres branches de l'art britannique. Aucun miniaturiste du Continent n'a égalé, dans certaines de leurs qualités, Samuel Cooper, Flatman, Hoskins, Laurence Crosse, John Smart, ou Cosway, et même certains artistes de second ordre, qui surent placer, sur quelques pouces carrés d'ivoire ou de carton, juste ce qui convenait, tout en nous donnant
la preuve d'un talent et d'une technique
qui leur auraient permis des travaux
d'une importance bien plus grande.
Des miniaturistes anglais travaillèrent
sur émail. Il est bien certain, comme
nous l'avons dit, que l'Angleterre eut des
émailleurs pendant la période gothique.
On a des règlements, émanant de souverains, qui le prouvent.
D 'ailleurs, un
pays qui sut porter à la perfection l'art des vitraux ne pouvait manquer de pratiquer l'émaillure. Cependant la mode des miniatures sur émail fut introduite par Jean Petitot l'aîné (1609-1691) et son ami Pierre Bordier, deux étrangers, originaires de Genève. Après avoir FiG. 475. — Inconnu, par Bogle. étudié pendant un certain temps
FiG. 474. — Inconnue, par X. Plimer.
PORTRAITS EN MINIATURE
FiG. 476. — Inconnu.
PAR COSWAV.
(Che^ Mrs. Joseph. J
FiG. 477. — Duc DK Wellington,
PAR CoswAV.
(Che^ Mrs. Joseph.)
en Italie, l'un et l'autre vinrent en Angleterre, où ils furent accueillis par leur compatriote Sir Théodore de Mayerne, médecin de Charles V\ Mayerne, qui les présenta au Roi, avait longtemps étudié les émaux. La connaissance qu'il possédait de cet art seconda l'expérience technique des deux amis, pour le plus grand profit de leurs travaux. Petitot était logé à Whitehall. Il fit le portrait du roi et de plusieurs membres de la famille royale et
FiG. 478. — Lady Anne Fane,