DANS LA SALLE
DU Chapitre, a York.
GHANDL-BRLI ACNI-: l/l lUI.ANDI.
FiG. 525. — Personnage
DE LA PORTE CONDllSANT
AU Clos, a Peterboroigii.
nés œuvres dans le même style, les soldats du Sépulcre de la Résurrection (Pâques), dans la Cathédrale de Lincoln (fig. 514). A Salisbury, les figures sont moins dans la dépendance de 1 architecte. 11 leur arrive même de s'en affranchir, comme, par exemple, dans le beau groupe de Loth et ses Filles ou celui, non moins remarquable, quoique restauré, des Frères de Joseph (fig. 518).
Les dates approchées de ces diverses œuvres sont : 1 240 pour Lincoln, 1 250 pour Westminster, 1 270 pour Salisbury. La Cathédrale de Wells est certainement la
Westminster, la forme des tympans a dicte celle des figures. Celles-ci, dans la pratique, sont des anges dont les ailes remplissent le champ dune manière très heureuse.
Lincoln possède les meilleurs, qui ne le cèdent en rien aux sculptures analogues de la même époque ou d'une époque plus tardive des églises du Continent (fig. 520 et 521).
Les anges de Westminster sont a peine moins beaux, surtout ceux qui garnissent les angles du transept nord. On peut encore citer, comme bon-
KiG. 520. — Tombeau du Roi Jean, a Worcester. (Marbre de PurbeckJ
FiG. 527. — Tombeau DE l'Archevêque Gray, a York.
[— SCULPTURE. PREMIERE PÉRIODE. PÉRIODE GOTHIQUE
plus riche d'Angleterre en sculptures médiévales. Elle en possède de
toutes les formes, depuis les tètes
des consoles et des corbeaux jusqu'aux statues en pied, en passant
par les figures des chapiteaux et les
bas-reliefs des tympans (fig, 522).
Dans le Sud de l'Angleterre, la
production des statues fut un peu
brusque ; mais il est facile d'en
trouver la raison : façonnés à leur
métier par de fréquents travaux
décoratifs, les sculpteurs avaient
fini par acquérir une habileté telle,
qu'il leur fut possible
de satisfaire, dès qu'elles leur vinrent, a toutes les commandes de statues. Dans l'hypothèse que les statues de Wells furent taillées à l'étranger, on s'est complu à les attribuer à des artistes français, italiens ou même grecs. On a oublié qu'il n'existe sur le Continent aucune œuvre du même genre. Le seul
témoignage que l'on pourrait invoquer, en faveur de l'hypothèse
dont nous parlons, est
la présence de chiffres
arabes sur le dos des
statues du plus haut
rang du front ouest.
Quelques auteurs y
voient des marques
d'ouvriers italiens ;
mais, outre qu'il ne faut pas oublier que les chiffres arabes
Fig. 528. — To.MBEAU du Co.'mte ET DE LA Comtesse dWrundel.
Fig. b2g. — Tombeau de lArchevèque Peckham,
A Canterbirv.
(Statue de buis.)
furent employés en Angleterre dès le milieu du xiir siècle, d'autres explications i)euvent être données de ces chiffres. Prier et Gardner, par exemple, sont d'avis que les statues furent déplacées, pour leur éviter des accidents, lorsque les deux tours de Wells furent bâties, entre 1380 et 1430. On les aurait alors numérotées afin de pouvoir les remettre, sans erreur, a leur place primitive. Quoi qu'il en soit de cette supposition, nous répétons que l'absence partout ailleurs d'œuvres du même genre est la preuve la plus forte de leur origine locale. Les statues de Wells ont la simplicité sereine qui caractérise les sculptures primitives de toutes les écoles ; mais elles se plient à l'esprit de l'architecture qui les encadre et sont d'ailleurs de pierre de Doulting, comme les murs eux-mêmes de la cathédrale. Dans le principe, le nombre de ces statues était de 225 environ ; il en reste
FiG. 530. — PlETA,
A Breads ai.l. (>omtk DE Derby.
(Albâtre.)
FiG. 53i. — EVÈQUE DÉCOUVERT A FlAWFORD.
Comté de Nottingham.
(Albâtre.)
FiG. 532. — Saint TENANT
UNE ÉGLISE, A FlAWFORD.
Comté de Nottingham.
(Albâtre.)
FiG. 533. — Vierge.
A Flawford, Comté
de Nottingha.m.
(Albâtre.)
FiG. 534. —
L'Annonciatiox.
{Alt liritish Muséum. Albdtre.)
- SCULPTURE. PREMIÈRE PÉRIODE. PÉRIODE GOTHIQUE
encore 183 qui doivent à la difficulté de les atteindre de ne pas avoir beaucoup souffert. Leur type se rapproche de celui des figures de Lincoln et de Salisbury. On peut aussi leur trouver une certaine ressemblance avec les deux figures qui représentent 1 Annonciation et sont placées au-dessus de la porte de la salle capitulaire de Westminster.
Après Wells, la cathédrale anglaise la plus riche en sculptures médiévales est celle d'Exeter (fig. 85). Les statues qui la décorent sont aussi de pierre locale. Leur conservation ne vaut pas celle des statues de Wells.
Les unes et les autres sont mutilées ; mais, tandis que la pierre d'Exeter s'effrite, celle de Doulting se casse en gardant ses arêtes vives. Il en est résulté que les détails techniques, si précieux pour la détermination des origines et des dates, ne sont plus reconnaissables qu'a Wells. Toutefois, on se rend bien compte que les statues d'Exeter sont toutes différentes de celles plus anciennes de Wells. A Exeter, la sculpture est plus mouvementée et plus dramatique. Il est probable qu'on doit l'attribuer a des artistes moins respectueux que ceux de Wells des formes de l'architecture.
Indépendamment des statues de cathédrales, l'Angleterre a de
nombreuses églises contenant des images qui témoignent, aux XIII' et XIV-^ siècles, d'une vaste école de sculpture. La Black Death (la peste) l'atteignit, comme toutes les autres branches de l'art ; mais, une bonne sculpture n'étant pas l'œuvre du hasard, nous pouvons conclure de l'existence d'une seule
- To.MBEAr A IIOLME-FlERREPOINT. •■ ■ 11 J L
pièce a celle de beau-
CO.MTE DE JSOTTINGHA.M. ^ -,
(Albâtre.) coup d autres qui ont
Fig. 535.
FiG. 536. — Tombeau dk Sir Rapiiaki.
(jkkkn, a Lowick. (>()Mtk 1)i; Noki iia.ni s.
(Mhcilre.)
disparu. Des statues comme la Vierge qui orne le pilier central du portail conduisant à la salle capitulaire de la cathédrale d'York (fig. 524), comme les figures de la chapelle de Henri V a Westminster (fig. 523) ou encore comme les personnages de la porte principale de l'église de Burford, dans le comté d'Oxford, sont l'indice d'un large et continu développement.
Une phase importante de l'architecture gothique anglaise eut pour cause l'exploitation, dans l'île de Purbeck, comté de Dorset, d un calcaire dur, chaudement nuancé, capable de recevoir le poli du marbre. Les carrières d'où on le tirait appartenaient à la Couronne et se trouvaient à proximité du château royal de Corfe. Il en résulta que les demandes de ce calcaire furent très nombreuses, beaucoup sans doute à l'instigation du roi, et qu'une école régulière de sculpture se fonda sur les lieux mêmes. Au début de la seconde moitié du XI r siècle, les ateliers de Purbeck commencèrent à fournir des chapiteaux et autres pièces décoratives, aussi bien que des statues pour des niches ou des tombes. Il se développa à Purbeck un style à part, qui dura plus d'un siècle et demi, de 1 1 75 a 1325, et rendit tout le pays tributaire des marbriers et des polisseurs de cette île. L'abbaye de Westminster et l'église du Temple ont une foule d'oeuvres qui leur viennent de Purbeck. Des statues du Temple les unes sont anciennes, les autres de date plus récente. Peterborough a les tombes de cinq abbés ; Worcester peut montrer une belle figure couchée du roi Jean
(fig. 526) ; York a la tombe de
1» 1 - ^ (ç c T7\ Y\Q. 537. — Tombeau a Holme-
1 archevêque Gray (fig. 527). p.^hrepoint. Comté de Notiingham.
Au commencement du (Aibaire.)
To.mbf.au dans la Cathédrale
DK SoiTHWELL.
(Mbàlre.J
— SCULPTURE. PREMIERE PÉRIODE. PÉRIODE GOTHIQUE
Xiv Siècle, le calcaire de Purbeck ne fut plus de mode. Ceux qui le travaillaient, ne sachant pas se limiter, causèrent peut-être sa disparition.
Ils avaient pris l'habitude de le peindre ou de le dorer complètement, ce qui lui faisait perdre la valeur qu'il tenait de sa nature et permettait de le remplacer par d'autres matières moins coûteuses. L'achèvement des statues de la cathédrale de Wells et la décadence des ateliers de Purbeck rendirent sans emploi un grand nombre de statuaires, qui se dispersèrent dans différents centres, où ils formèrent des élèves. L'homogénéité qui caractérise la sculpture gothique anglaise du XIV siècle en découle peut-être, au moins en partie.
Les matières qui remplacèrent le calcaire de Purbeck et que l'on travailla, semble-t-il, surtout à Londres, furent la pierre de taille, le bois, l'albâtre et le bronze. Depuis le milieu du XII l' siècle, d'ailleurs, la capitale de l'Angleterre avait fourni un assez grand nombre de sculptures et fait sentir partout son influence. On peut, naturellement, constater des variétés de style, aussi bien dans les attitudes calmes des statues de Wells et le plissement de leurs draperies que
dans les mouvements plus libres et les vêtement? ondulés d'autres images de quelques grands centres du Nord et de l'Est.
Mais, dans tous les cas, on peut trouver des analogies dans les sculptures de Londres. Parmi les œuvres de pierre de taille, sorties des ateliers de cette ville ou faites sous 1 inspiration de ses artistes, on peut citer : les statues de
FiG. 539. — Tombeau.
f Albâtre.)
FiG. 540. — TP.TE n'ÉDorAKi) II.
A (il.OICKSTKK.
iMbdlrc.)
la croix d tlleonore, a Northamplon, qui furent taillées, en 1290, j)ar un certain William d'Irlande ; dn chevalier couche, très dégradé, a Aldworth, dans le comte de Berks, qui rappelle étonnamment X Adonis de Michel- Ange ; les statues de Lady Aveline, de son mari (Crouchback, Comte de Lancastre) et d'Aymer de Valence, a Westminster ; celle de Lady Fitzallan, a Chichester, et la Tombe Burghersh, à Lincoln.
Parmi les nombreuses statues de bois qui existent encore sur tous les points d'Angleterre, la plus belle est probablement celle de l'archevêque Peckham, a Canterbury (fig. 529). L'abbaye de Westminster possède la statue complètement plaquée de cuivre de William de Valence, et le noyau grossier de ce qui fut, peut-être, une magnifique image de Henry V.
La mode des statues d'albâtre, qui vint ensuite, dura plus longtemps et prit plus d'extension que celle des statues de pierre ou de bois. Plus de 500 statues d'albâtre existent encore. Cette mode tira son origine de l'exploitation des riches dépôts de la matière, connue sous le nom d'albâtre anglais, qui sont compris entre le Sud du comté de Lincoln et le comté de Strafford. Cependant, l'emploi de cet albâtre, facile a tailler, ne fut pas une nouveauté. Les sculpteurs anglais s'en étaient servis fréquemment, avant que ne commençât l'industrie des statues de tombeaux. Une curieuse P/e/a, qui fait penser aux tableaux de Mantegna (fig. 530), une série de figurines (fig. 531 , 532 et 533) et des bas-reliefs, comme l'Annonciation, que possède le British Muséum (fig. 534), nous sont parvenus de cette première mise en œuvre de l'albâtre anglais. Mais, â partir du jour où cette matière devint de mode, une école d'albâtriers surgit, qui eut â fabri-
^1 • £ „. '^ Fig. 541. — Portrait de la reine Eléonore
quer des images runeraires ^ „. ^