A I 1 /^ PAR W II LIA.M TOREL. AL ABBAYE
pour 1 Angleterre, le Continent et même 1 Islande. Elles
DE Westminster.
(Bronze.)
KiG. 542. — TÈTE DE Richard II,
A i. "Abbaye de Westminster.
(liroii-e.l
- SCULPTURE. PREMIÈRE PÉRIODE. PÉRIODE GOTHIQUE
ne dépassaient guère, dans la plupart des cas, le niveau des productions industrielles. Il est bien vrai qu'on en peut citer quelques-unes, qui sont des œuvres d art ; mais, en général, la façon dont les statues d'albâtre sont taillées est de nature à nous faire supposer qu'on les vendait au poids. On ne connaît pas d'albâtner qui soit un grand artiste. Du reste, il faut reconnaître qu'aucune école de dessin ne pouvait être plus mauvaise que celle dont la principale occupation était de sculpter des figures d'hommes couchés, revêtus d'une armure. Dans le nombre des images funéraires d'albâtre qui nous sont parvenues, on peut citer le portrait de John of Eltham, à Westminster ; celurde William Fettiplace, dans l'église de Swinbrook, comté d'Oxford, et d'autres encore, qui sont ici reproduits (fig. 533 à 540). Les deux plus beaux, parmi ces derniers, sont les statues d'Edouard II à Glocester (fig. 540) et d'un chevalier à Holme- Pierrepoint (fig. 535).
On ne possède qu'un très petit nombre d'œuvres de métal remontant â la période gothique; mais des documents d'archives nous font connaître que les orfèvres anglais, aussi bien que ceux des autres pays, fabriquèrent des statues et des figurines de bronze. Ils plaquèrent du bronze sur du bois et s'appliquèrent â orner par différents moyens la pierre et le marbre. Les noms de quelques-uns de ces orfèvres sont connus. La renommée d'une famille anglaise de bronziers, celle des Torel, qui travailla à Londres pendant plus d'un siècle, est surtout considérable. En l'année 1 29 1 , on paya à William
Torel, aurifaber, une somme de 2850 francs environ de notre monnaie pour trois images funéraires de bronze, dont les portraits de la reine Eléonore (fig. 541) et de Henry III, qui sont les plus beaux bronzes que contienne l'abbaye de Westminster.
Fig. 543. — Effigie d'Edouard III,
A l'Abbaye de Westminster.
(Bronze.)
L'image funéraire d'Edouard III, bien que plus récente, est en effet étonnamment raide (ftg. 543), et les portraits de Richard II et de sa femme, Anne de Bohême (fîg. 542 et 544), ne les valent pas.
Les tombes gothiques sont souvent accompagnées de petites figurines de pleureuses qui les entourent. Leur conception est généralement plus libre que celle de la figure principale.
Les phases ultérieures de l'architecture gothique n'eurent rien de particulièrement remarquable. Les albâtriers travaillèrent jusqu'au XVlll"^ siècle et finirent par supplanter les imagiers locaux et ceux de Londres. Bien des niches du style perpendiculaire demeurèrent, à ce qu'il semble, vides de statues, ou ne reçurent que des images dont la valeur artistique était a peine supérieure à celle des fonts, des chaires, les lutrins et autres articles d'église de vente courante.
FiG. 544. — Ein(}ii; ni-; Richard II i;i dk sa i-k.m.mi;
A l."ABIiAVK OK WkSTMINSÏER.
(Pour la Bibliographie, voira la fin du Chapitre XXI.)
FiG. 545. — Cénotaphe dk \\'ellington. par Ai.i-rkd Sïevens. (A la Cathédrale Saint-Paul.)