Scène dernière
APOLLON. MELPOMÉNE. THALIE, TITE. Tl LES BÉRÉNICES
HELPOHÈNE (j TUuS
Mats est-ce que Domitie a coutume de pa:
cette sorte, ou qu'elle extravague ?
TITUS
C'est là de son plus clair, et Jamais elle n« pltqua plus nettement.
THALIE à Tite Voyez, par la colère et l'émotion d'Apoll quelle' conséquence il estde s'expliquer clair ici, et dans quel inconvénient vous seriez t si je ne vous avais pas averti de ne pas devant lui votre langue ordinaire.
TITE
Je vous ai bien de l'obligation de cet avis, succès qu'il a eu ; mais pourtant Domiiie plus clairement que cela, quand elle veui
exemple, se peut-il rien de plus clair que ce qu*elle me disait une fois :
Seigneur, si vous m'aimez, Toccasion est belle;
et tous ces vers ici :
De ce que je me dois, je sais trop la mesure... Néron m'eut pour parente, et Corbulon pour fille... C'est ce qu'à dire vrai, j'aurai peine à lui dire... J'en suis au désespoir et vous en fais excuses... ;
et cent autres aussi clairs. Mais c'est qu'elle a cru, qu'il fallait se mettre sur le haut style, parce que c'était devant Apollon.
APOLLON se rasseyant
Cette femme m'a presque mis hors de moi, et je n'aurais Jamais cru être si peu mon maître; mais les Dieux ont leurs emportements aussi bien que les hommes. Quoi qu'il en soit, j'ordonne avant toutes choses : Que cette Domitie, qui vient de sortir d'ici, pour réparation d'avoir profané ce lieu sacré par son discours barbare, sera bernée publiquement au milieu de la place, qui est devant ce Temple fameux[,] afin qu'il en soit mémoire à jamais[.] Et pour empêcher que pareille chose ne puisse arriver à l'avenir, il est enjoint à tous ceux qui gardent les entrées du Parnasse, qu'ils aient désormais à ne laisser plus entrer personne, de quelque qualité et condition que ce soit, quelque nom qu'elle porte et de quelque part qu'elle vienne, sans qu'au préalable on la fasse parler, et de refuser sans miséricorde tous ceux qui ne parleront pas une langue intelligible. Quant au particulier de vous quatre, ô
Al'PENDICE C ib
Princes: ilserasursîsau jugement de Tite, jusc ce qu'il ail fait entendre et déclaré plus nettem (ju'il n'a fait jusqu'ici, ce qu'il aime et ce qu'il h ce qu'il veut et ce qu'il ne veut pas. Sa Béréi sera admonestée de ne plus tomber dans une bi: rerie aussi blâmable, que celle qui lui fait qui Tite dès que le sénat lui permet de l'épouser, et ce vice, pour être si ordinaire à son sexe, n'en pas moins blâmable. Pour Titus, c'a été une gra imprudence à lui de s'être exposé au jugemeni vulgaire, qui ne comprend point les forces de mour de ta gloire, et c'est bien employé, s'i passé pour un fripon ; mais, pour la Bérén comme elle n'est dans aucune perplexité, qu' parait tout-à-fait innocente, et qu'on ne volt qu'il y ait rien de sa faute dans son malheui pitié qu'elle excite, est trop grande pour donner plaisir : elle dégénère sans cesse en horreur et indignation. Quant au principal : à la vérité, il plus d'apparence que "Titus et sa Bérénice soi les véritables, que non pas que ce soîentles autr mais pourtant, quoi qu'il en soit, et toutes chc bien considérées, les uns eties autres auraient b mieux fait de se tenir au pays d'Hisioire, dont sont originaires, que d'avoir voulu passer d l'Empire de Poésie, à quoi ils n'étaient nullem propres, et où, pour dire la vérité, on les a amei à ce qu'il me semble, assez mal â propos.
En 1681, Patouville fit jouer parles Comédiens italiens une farce, Arlcquin-protée, où se trouve une parodie de Bérénice, On lit cette parodie au tome I du Théâtre Italien de Gherardi (p. 87 à 95). 'J'avais eu l'intention de la citer, puisque Louis Racine nous raconte comment son père avait été peiné de cette raillerie : c II assista à cette parodie bouffonne et y parut rire comme les autres ; mais il avouait à ses amis qu^il n*avait ri qu'extérieurement. La rime indécente qu'Arlequin mettait à la suite de la reine Bérénice le chagrinait au point de lui faire oublier le concours du public à sa pièce, les larmes des specateurs et les éloges de la Cour. » Mais la nullité absolue de cette pièce pitoyable m*a décidé à la laisser ensevelie où elle se trouve. Il n'y a guère à y relever que le mot « quel Paulin, quelle bète I » qui nous montre comment certains appréciaient alors le rOle du confident de Titus. — Outre les passages, articles et livres que j'ai cités plus haut, on peut signaler dans le Mercure de France^ en août 1 734, l'article anonyme sur Béré' nice (il est presque entièrement tiré de l'abbé Dubos), et les différents articles de l'abbé Pellerin et d*un contradicteur, en octobre, novembre 1724, janvier et avril 1725 (sauf dans celui d'octobre, que j'ai analysé dans mon étude, il n'y a là que des études de versification, de style et de langue).