CHAPITRE
Antiquité de la ville de Mende, considcri-e comme siège cpiscopal du Gévaudan.
Dès le milieu du troisième siècle apparaît dans l'hisloiie locale et dans celle de l'Eglise de France un hameau, Vicidus, sis au pied du mont Mimas, dont il porte le nom. Selon un manuscrit conservé dans le monastère de Saint-Maximin à Trêves, lesévêquesdu Gévaudan auraient eu leur siège dans cette humble localité, même avant saint Privât. Ce passage est ainsi conçu : Tune regioni illi sivè ecdesiœ sanctus Privatus prœsidebat, sedem in Mimatensi fiabens viciUo, proptereà qiiôd anlè ipsum cfui episcopatùs ordinem temieraut , in eo loco morati fiierant et sepulti.
« En ce temps-là (5« siècle) était placé a la tète de » celte église (du Gabalum) saint Privât qui habitait » le petit village de Mimas, parce que ceux qui avaient » occupé ce siège avant lui y avaient fixé leur de- » meure et y avaient reçu la sépulture. »
La légende de l'office de saint Privât publiée en 1619 a considéré comme authentique le texte précité du manuscrit de saint Maximin de Trêves. Nous y lisons en effet ces paroles: Privatus Gabalitanus
5^ GABALUM CH1\ISTIA>UM
episcopiis creatus sedem ex probaiâ antecessorum consuettidine Mimati slatuit.
« Privât, ayant été créé évêqiie des Gabalitains ou » Cabales, fixa son siège à Mende, selon la coutume » observée par ses prédécesseurs. »
Il est bien certain que cet office n'a pas élé imprimé ou du moins composé pour la première fois en ladite année 1619 et quel'évêque Charles deRousseau ne fit alors que îe reproduire. Il est donc indubitable que le sentiment qui place le siège pontifical à Mende , même avant saint Privât, était, en ce temps-là, une tradition incontestée.
Nous avons, il est vrai , sous les yeux un autre office de saint Privât imprimé à Mende, en 1720, sous répiscopat de Pierre Bagîion ;de la Salle, dans lequel la légende de saint Privât ne fait mention d'aucun prédécesseur de ce siint comme ayant siégé dans le Viens de Mimas. Mais celte suppression peut-elle être invoquée comme un témoignage décisif contre la tradition anlique? Certes, nous ne pouvons ignorer qu'au dix-septième siècle la critique avait fait de grands progrès, mais nous savons aussi que, de nos jours, une critique plus avancée et une étude plus savante des monuments de tout genre nous ont appris à nous tenir en garde contre les jugements prononcés par les Baillet et les Le Nain de Tillemonl.
On ne manquera pas sans doute de nous objecter que les canons défendaient aux évêques primitifs d'établir leurs sièges dans les petites localités, in vil-