CLAUDE-JEAN-JOSEPH BRULLEY DE LA BRUNIÈRE
Ce prélat était né à Sézanne, diocèse de Ghâlonssur-Marne, le i" février 1760. A peine promu au sacerdoce, il devint vicaire-général d'Uzès, sous Jules de Bethisy qui en était évêque. La tourmente révolutionnaire le força d'aller chercher un refuge à Rome, où il passa plusieurs années. Après le concordat de 1801 , il remplit les fonctions de vicairegénéral d'Evreux. En 1817, il fut nommé évêque de Pamiers. Ce siège était nouvellement rétabli comme celui de Laon. Mais cette restauration, tramée en longueur, laissait l'évêque désigné dans une pénible incertitude. Pourtant Pamiers fut plus heureux que Laon , néanmoins Claude de la Brunière reçut une nouvelle nomination , et la Providence le destinait à Mende. Il fut sacré à Paris le 2 juin 1822 et prit possession personnelle de son siège le 22 juillet suivant.
Son long épiscopat à Mende n'a pas besoin de nos faibles éloges. Tout le monde s'accorde à lui rendre la justice qui lui est due sous tous les rapports, et les regrets unanimes que sa mort a excités dans son diocèse forment sa plus belle oraison funèbre.
Ce prélat est mort le 16 décembre 1848 et son corps a été déposé dans un des caveaux de sa cathé-
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drale, qit'il a embellie et enrichie de ses bienfaits. Son épiscopat a duré plus de vingt-huit ans, et il s'est éteint dans la 89® année de son âge.
On a publié, en 1849, un recueil des mandements et ordonnances épiscopales de ce prélat. L'onction s'y allie à la pureté de la doctrine et à la solidité des enseignements. On aime surtout h y rencontrer celte prudence évangélique qui ne sait point exagérer et qui atteint son but avec force et douceur.
Mgr JEAN-ANTOINE-MARIE FOULQUIER.
Ce prélat, qui régit actuellement l'Eglise de Mende, est né le 7 février 1798 h Valady, dans le diocèse de Rodez. Il était, avant sa promotion, chanoine titulaire et vicaire-général de son diocèse natal , et était placé à la tète du petit séminaire de Saint-Pierresous-Rodez. Nommé par décret du H janvier 1849, Monseigneur Foulquier a été institué le 2 avril suivant, et a pris possession , par procureur, le 15 août. Son intronisation a eu lieu le 8 septembre, six jours après son sacre, qui a été fait dans la cathédrale de Rodez le 2 septembre précédent.
Nous ne pouvons qu'émettre le vœu de voir ce prélat à la tête du diocèse de Mende, pendant nn grand nombre d'années : Ad multos annos. Amen fiœt, fiât.
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CHAPTRE XY.
Catalogue nominal des évêques de Mende, par siècles, et observations diverses à cet égard.
Nous devons maintenant présenter le tableau nominal des évêques de Mende, avec l'indication du siècle auquel ils appartiennent. On comprend toutefois qu'il n'est point possible de fixer d'une manière sûre l'époque précise de l'installation de chacun de ces évêques, surtout pour ce qui concerne les temps anciens. Nous pouvons seulement indiquer le siècle dans lequel les dates nous apprennent que ces évêques possédaient le siège de Mende. Mais , pour le plus grand nombre, le siècle désigné est celui de leur prise de possession. D'autre part, ce tableau nominal se borne forcément aux évêques connus ; mais, en réalité, il est très-certain que plusieurs des titulaires du siège de Mende sont effacés des annales de cette Eglise , sans espoir de retrouver jamais leurs noms.
iS. Sévérien 1
S. Privât 2
S. Firmin . 5
4^ siècle, j Genialis 4
5* siècle. I Valère 5
6^ siècle.
7^ siècle.
9^ siècle.
GAPALUM CHRISTIANUM
Léonicus 6
S. Hilaire 7
S. Evanthius , . 8
Parihenius 9
S. Hère ou Isère 10
Agricola 11
8^ siècle, j Nul évêque connu ««
S. Frézal ou Fredald . 12
Agenulfe.. 15
Guillaume P'., ..,,..,.,., 14-
10^ siècle.] Etienne P"-. . , , . . , .15
Matafred ,..,,.,. 16
Raymond ou Raganipnd. ...... 17
Aldebert P' de Peyre, ,,,,,,,, 16 Guillaume II, ,.,..,,,..., 19
Robert ,..,.,..... 20
Aldebert II de Peyre , . , 21
Guillaume III. ........... 22
Aldebert IIÏ du Tournel. .,..,. 25 Guillaume IV de Peyre. ,....,. 24
Etienne II de Rrioude 25
Odilon .de Mercœur. ..,.,,., 26
15''siècle."( Etienne III.. ..,..,.,..,, 27
Guillaume V Durand, oncle 28
Guillaume VI Durand, neveu. ... 29
Bernard ....,..,.. 30
. . Jean dArci ou d'Arceis. , 51
'\ Pierre Gomez Baroso^ cardinal.. . . 52 Albert Lordeli ou Lordety 55
11* siècle.
12* siècle.
Pierre d'Aigrefeuille 34
Aldeberl IV de Peyre 5S
Guillaume VU de Peyre 36
Pierre Gérard 37
14" siècle.^ Guillaume VIII de Chanac, cardinal. 38
Bompar Virgilii ou de Virgile 39
Pons de la Garde 40
Jean d'Armagnac 41
Robert de Bosc ou de Bosco 42
Guillaume IX de Boisratier 45
Pierre de Saluées. 44
Hérauld de Miremont 45
Jean de Corbie ou Corberia. . . • . 46
Ramnulfe de Peyrusse 47
Aldebert V de Peyre. . . j- 48
Guy de la Panouse 49
Antoine de la Panouse 50
Pierre Riario 51
Pelit-dè ou Parvi 52
Julien de la Rovère, cardinal 55
Clément de la Rovère, cardinal.. . . 54
François de la Rovère 55
Claude Duprat 56
Jean de la Rochefoucauld. 57
16^ siècle.^ Charles de Pisseleu 58
Nicolas d'Augu ou Dangu 59
Renauld de Beaune 60
Adam de Hurtelou 61
15^ siècle.'
-8S GABALUM CHRISTIANUM
Charles de Rousseau 62
Daniel de la Mothe Duplessis 65
4 7® siècle, "j Sylvestre de Crusy de Marsillac. . . . 64
Hyacinthe Serroni 6S
Placide de Piencourt 66
Pierre Baglion de la Salle 67
18* siècle. I Gabr. Florent de Choiseul-Beaupré. . 68 Jean-Arnaud de Castellane 69
Jean-Baptiste de Chabot 70
. . Eiienne-Mariin-Morel de Mons. ... 71
Claude-J.-J. BruUey de la Brunière. . 72
M^' Jean-Antoine-Marie Foulquier. . 73
Parmi ces prélats , sept ont le glorieux titre de saints. Un seul, saint Privât, est non seulement honoré à Mende, mais encore dans plusieurs autres diocèses, et est nommé dans un grand nombre de calendriers.
Un de ces évêques a été pape sous le nom de Jules H. Nous avons dit qu'Urbain V n'a jamais eu le litre d'évèque de Mende, ni même d'aucun autre siège.
Parmi ces prélats , quelques-uns ont été cardinaux, mais deux seulement ont occupé personnellement le siège de Mende en cette qualité. Ce sont Guillaume de Chanac et Clément de la Rovère. Nous avons prouvé que François de la Rovère n'a jamais été cardinal.
Saint Sévérien a été replacé dans notre catalogue.
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comme prédécesseur de saint Privât. Genialis a été à son tour réintégré dans le catalogue des évêques de Mende.
Nous avons rayé un second Odilon et prouvé que Mende n'a eu pour évêque qu'un seul Odilon de Mercœur qu'on a surnommé aussi du Tournel.
Un Julien, cardinal de Saint-Pierre-aux-Liens, qu'on avait marqué comme évêque de Mende en 1279, a dû être aussi effacé du catalogue , où une très-grave erreur l'avait inscrit. Il reparaît à sa véritable place en 1479.
Nous venons de dire que Guillaume Grimoard n'avait pu être maintenu dans le catalogue, puisqu'il n'a jamais été évêque avant son exaltation à la papauté.
II a été démontré contre les Bollandistes que saint Hilaire et saint Hère ou Isère sont deux évêques distincts.
Quant à Charles Salmon du Chatellier, nous ne pouvions le faire figurer comme évêque de Mende, quoiqu'il ait été préconisé par le pape, car il ne fut point intronisé.
Parmi ces évêques, nous en comptons trois qui appartiennent à l'époque des premières missions évangéliques. Ce sont saint Sévérien, saint Privât , saint Firmin.
A partir de Genialis inclusivement, jusqu'à François de la Rovère , nous connaissons cinquante-deux évêques qui ont occupé le siège de Mende, soit par élection, soit pai- collation directe du pape.
Dix-huit autres pontifes, jusqu'à ce moment, ont été nommés par les chefs du pouvoir politique en France, et ensuite élus et investis de la juridiction spirituelle par le chef suprême de l'Eglise universelle.
L'évêque le plus célèbre de ce siège a été, sans contredit, Guillaume Durand, oncle, dont le nom est connu dans tout le monde catholique. Son neveu du même nom s'est rendu pareillement recommandable par ses ouvrages.
II est une gloire que l'on ne saurait ravir au siège de Mende. C'est que dans la série de ses évêques connus, il n'en est pas un seul qui ait terni l'éclat que ses premiers pontifes ont fait rejaillir sur celle Eglise. Il est bien des diocèses en France qui ont le regret de ne pouvoir s'associer à ce juste orgueil de notre Eglise gévaudanoise !
Pour ce qui concerne le nombre de nos évêques qui s'élève jusqu'à ce moment à soixante-treize, il nous paraît certain qu'il est en réalité plus considérable. D'après les calculs modérés que nous avons présentés dans les chapitres précédents, il nous semble qu'on pourrait élever le nombre véritable de ces prélats à près de cent, surtout si nous comparons la succession épiscopale du siège de Mende à celle de Bourges, son ancienne métropole, et même à celle d'Albi dont Mende relève depuis le dix-septième siècle.
Ici vient se retracer à notre souvenir le récit des horribles scènes de vandalisme dont nous avons eu la
triste occasion de rappeler quelques dates dans les chapitres précédents. Et d'abord, les deux catastrophes du seizième siècle où furent pillées ou livrées aux flammes les annales de l'Eglise de Mende. Puis, celles non moins désastreuses de la fin du siècle dernier , où une nouvelle invasion de barbares acheva de détruire, au nom de la civilisation et de la liberté, ce qui avait pu échapper au fanatisme des Huguenots. Combien de monuments écrits ont péri , qui, interrogés de nos jours par d'habiles explorateurs, auraient répandu de vives lumières sur un grand nombre de faits de notre histoire locale ! Les auteurs de la Galiia Clirisiiana et Hugues du Tems n'ont pu que glaner dans le champ des annales gabalitaines. Le plus ancien des auteurs que nous puissions consulter est Guillaume Catel , qui a écrit les Mémoires du Languedoc. Cet auteur, qui d'ailleurs n'a pu toucher que quelques points de l'histoire du Gévaudan, naquit à Toulouse en iS60, et quand il prit la plume, le fa. rouche Merle avait déjà mis en gargousses les parchemins de nos archives diocésaines. Et il s'est rencontré, de nos jours, un paléographe officiel qui a semblé vouloir réhabiliter cet Attila du seizième siècle !
Ce que nous disons de Catel est applicable aux historiens du Languedoc D. Vaissète et Dom de Vie.
A son tour, L'Ouvreleul , dont les Mémoires sont presque nuls, sous le point de vue de la critique et des recherches véritablement historiques, se trou-
vait dans le même cas, au commencement du siècle dernier.
Est-il donc étonnant qu'aujourd'hui nous ne puissions point parvenir à dresser un catalogue complet . de nos évêques gabalitains? Bénissons néanmoins encore noire sort, car il aurait pu être pire après tant de désastres que nos archives diocésaines ont éprouvés.