SAINT VÉRAN
On donne aussi h ce saint le nom de Vrain , qui
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n'est qu'une altération du nom latin Veraiiiis. On le considère comme originaire du Gévaudan. Nous devons rapporter d'abord ce qu'en dit sa légende. Nous y lisons que ce saint prit rang parmi les membres du clergé deMende, le jour même où l'on célébrait la fête de saint Privât, et qu'il se dévoua à la prédication de l'Evangile dans plusieurs contrées. La ville de Cavaillon eut le bonheur de l'entendre et il en devint évêque.
Saint Véran édifia par son zèle et ses miracles les villes d'Embrun, de Ravenne et de Milan qu'il traversa pour se rendre à Rome. Dans cette dernière ville, il conquit l'estime générale et on voulait l'y retenir, mais il revint au milieu de son troupeau, et quelque temps, après s'étant rendu au concile d'Arles, il y mourut de la mort des justes. On place sa mort vers l'an 589. L'Eglise de Mende honore sa mémoire le 15 novembre.
Alban Butler, traduit par Godescard, fait naître aussi saint Yéran dans le Gévaudan et rapporte sa dévotion à saint Privât. Mais ici son voyage à Rome précède son élection à l'évêché de Cavaillon. On y voit que saint Véran fut du nombre des évêques envoyés à Paris pour se plaindre à Clotaire li du meurtre de saint Prétextât de Rouen, et que Childebert If, rempli de vénération pour ce saint , le choisit pour parrain de son fils Thierry, qui fut ensuite roi. On le représente ici comme assistant au concile de Mâcon en 585. La légende plus haut rapportée commet une
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erreur positive en faisant assister ce saint à un concile d'Arles en 589. Les deux conciles de cette ville furent tenus en 524 et 554. Saint Véran ne mourut point à Arles. Son corps avait été déposé dans une chapelle édifiée par lui auprès de la fontaine de Sorgue. Il fui transféré à Cavaillon, et dans la suite à Jargeau [Gargolium) au diocèse d'Orléans. C'est de Jargeau que l'Eglise de Paris se procura des reliques de ce saint, qui y est honoré le d2 novembre. Selon la légende qui lui est consacrée dans le bréviaire de Paris , les Actes des conciles contiennent une lettre remarquable de saint Véran, évèque de Cavaillon, sur la chasteté sacerdotale. La date de sa mort y est la même que celle déjà donnée, c'est-à-dire 589.
Lyon, Vence et Châlons-sur-Saôneont eu des évoques du nom de saint Véran. On a quelquefois confondu les actes de ces divers saints, et long-temps même on a cru mal à propos que saint Véran avait été évêque de Mende. La confusion a dû naître de la ressemblance des noms des villes de Cabellio, Cavaillon, Cabillo, Châlons ou plutôt Challon , et Gabalnm qu'on trouve écrit aussi Caballum , Gévaudan. Il est fâcheux qu'on ne connaisse pas le nom du lieu où ce saint naquit dans notre contrée gabalitaine.
Nous terminons par une remarque qui nous est fournie par Severt, dans sa Chronologie de l'Eglise de Lyon. Cet auteur cite Pierre de Nalalibiis qui parle d'un évêque nommé Venus comme occupant le siège de Mende , désigné sous le nom de Gabalitana ou Gra-
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valitana civitas. Nous croyons que ces dernières appellations ne sont qu'une altération des noms des villes de Cavaillon ou de Challon, et que cet évêque nommé Ferws n'est autre que Veranus , Véran, désignation homonyme des deux évêques de Cavaillon et de Challon ou Châlons-sur-Saône.
SAINT LOUVENT.
Nous avons parlé de ce saint dans le chapitre VI de la première partie. On y a vu que saint Louvent, LupenliuSy fut abbé du monastère de saint Privât, à Mende, et qu'il fut martyrisé sur les rives de l'Aisne. Il y a lieu de croire que le Gévaudan a été la patrie de ce saint abbé. Sa fête est célébrée le 22 octobre.
SAINT ILÈRE.
Ce saint évêque, dont le nom latin offre plusieurs variantes, comme on l'a vu déjà, est l'objet d'une assez longue légende dans le Propre des Saints de Mende, publié en 1720. Appelé à ce siège, il se distingua par un zèle ardent pour le salut des âmes. Ses prières obtinrent du ciel la préservation d'une affreuse