‹ Gabalum ChristianumChapitre 19 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE, NOTIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, NOTIONS PRÉLIMINAIRES

noQibreuses montagnes comprises sous le nom générique de Cevennes. Il est donc difficile, pour ne pas dire impossible, de déterminer précisément la route stratégique du général romain. Le village de Termes appartient au canton de Fournels.

La Fage, nommée Fabia par Adrien de Valois, est un village voisin de Termes, sous le nom de la Fage- Saint-Julien. Au sud de cehii-ci est la Fage-Mont- Hivernoux, Mons hijbernosus. De laquelle veut parler notre auteur? Il ne le dit pas. Nous ne croyons point que le vrai nom latin de la Fage soit Fabia. En général , toute localité ainsi nommée tire son nom du hêtre, fagiis, que les habitants du pays appellent fau ou fayard. La première de ces communes est du canton de Saint-Chely; la seconde est du canton de Fournels.

Luc, Liicus , est un chef-lieu de commune assez considérable, dans le canton de Langogne. Nous eslimons que son nom lui vient du bois de Mercoire qui en est peu éloigné. Le terme latin luciis s'emploie , dans les auteurs païens, pour indiquer un bois consacré à une divinité. Nous verrons plus tard que Mercoire fut ainsi nommé parce que cette forêt était sous l'invocation de Mercure. La position de Luc sur la rivière d'Allier et sa proximité de la forêt de Mercoire, rend plus probable encore son élymologie et sa vieille célébrité.

Châteauneuf-de-Randon, Castellumnovum Hatidonist est un bourg, anciennement ville fortifiée, situé sur

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une montagne tlilo ]e Palais-du-roi , qui est une branche delà Margeride. Cet oppidum est un des plus anciens d» Gévaudan et ne le cède pas peut-être, sous ce rapport, au château fort de Grèzes. On sait que l'illustre rx)nnétable Duguesclin mourut, au pied de ses murs, en l'assiégeant, pom- le reprendre sur les Anglais. Ce glorieux trépas eut lieu en i580. Quelques hislojiens ont, mal h propos, confondu Randon, en Auvergne, avec notre bourg de Châteauneuf-de-Randon , en Gevaudan.

Saugues, qu'Adrien de Valois nomme Salvia ou SaliceSj, appartenait, avant la formation des départements, au GévaudsTi. Celte ville en fut distraite ainsi que son canton pour être enclavée dans le département de la Haute-Loire. Elle est aussi nommée, en latin , Salgœ, et les auteurs de la Gallia Chrisdana la désignent sous le nom Salqueiise oppidum.

Telles sont les localités du Gabalum indiquées par Adrien de Valois. Nous devon^i compléter cette nomenclature trop brève, en remontant à l'époque mérovingienne.

Nous rencontrons d'abord Banassac et Burlalis, Bannaciaciim et viculus Burlatis.

Banassac , ou plutôt Bannassac, est un bourg situé près de la rive droite du Lot et presque contigu à la ville de la Canourgue. On a reconnu seulement en 1858 que vingt-six triess, ou monnaies d'or, appartenant au cabinet des médailles de la bibliothèque de la rue de Richelieu h Paris ont été frappées à Banassac.

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Long-temps on les attribua à Bngneux, près Paris, on h Bagnols, ou même à Javols. Ces deux dernières attributions faisaient du moins honneur auGévaudan et s'approchaient de la vérité. Elles portent en effet, en légende, tantôt Ban Gavaletano jlanlol Bannaciaco, et plusieurs, les mois sci Mariini joints au dernier. La tête du roi est entourée des mots: Ch. ^ aribertns rex. Nous ne pouvon.% ici décrire chacun de ces triens. Les Numismates qui ont attribué ces monnaies h Bagneux se sont évidemment fourvoyés. Il est un principe dont on ne doit point s'écarter, pour ce qui regarde les noms des lieux. C'est que tout nom de localité terminé en ocum , en latin, a pour terminaison française ou plulôt romane, la syllabe ac, dans loute la partie méridionale de la France. Au nord , c'est la lettre Y. Ainsi, dans le Midi, Floriacum est Florac, Cyriacum est Chirac. Sur les confins de la Seine et de la Loire centrale, ce serait Fleury ou Ciry et Chiry. Banuaciacmn y serait donc Bannacy, mais jamais Bagneux ni Bagnols. Le nom latin de ces derniers lieux est Bolncum et Balneolum. Le mot Gavaletano désigne la contrée où est situé Bannaciacum. Les mots sci Martini achèvent de convaincre qu'il s'agit de Bannassac, car saint Martin est le patron de la Canourgue, qui fut jadis une dépendance de Banassac. Le roi est Caribert ou Cherébert. Ce n'est point Caribert F, roi de France, qui occupa le trône en o6I , mais bien Caribert, institué roi d'Aquitaine, par son frère Dngobert I , en 050^ Ainsi donc, à celte

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époque, on ballail monnaie à Banassac, et le Gévaudan appartenait au royaume d'Aquitaine dont Toulouse était la capitale.

Banassac était-il , en ce temps là , une résidence royale? 11 n'e>t guère possible de le présumer. Mais on n'ignore pas que plusieurs monastères étaient en possession du droit de battre monnaie , et celui de Saint-Martin de Banassac en jouissait évidemment. Cette localité était donc, sous le règne de Caribert, sinon une ville, du moins un oppidum assez important. Aujourd'hui c'est une commune assez peuplée du canton de la Canotirgue.

Les anciens offices propres de Mende donnent à ce bourg le nom de Oppidum Belnasense dont ils font un suburhium ou faubourg de la Canourgue. Nous avons la conviction que les auteurs assez modernes de la légende de saint Firmin , dont le corps fut découvert à Banassac, n'avaient aucune notion du nom primitif de ce bourg. Dans le moyen-age , comme les actes notariés étaient rédigés en latin, les garde-notes ou tabellions latinisaient les noms des lieux , sans avoir la plus légère connaissance de la véritable antiquité. Ce que nous signalons pour Banassac s'applique à un très-grand nombre d'autres localités. La restitution des monnaies de Caribert à Banassac nous révèle donc le nom ancien de ce bourg qui est Bannaciacum et non Oppidum Belnasense ou Bearnecense. Ces deux noms s'écartent visiblement de l'origine normale et de toutes les règles connues. Le nom français devrait

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