PREMIÈRE PARTIE, NOTIONS PRÉLIMINAIRES
être Bannassac, mais celui de Banassac est encore une traduction , quoique moins régulière du Bannaciacum latin. Nous verrons en son lieu que la Canourgue ne fut, dans le principe, que le faubourg de Banassac et absolument l'inverse de ce qui est aujourd'hui.
Burlatis tire son nom d'une source qui esl connue sous le nom de Burle , et devenue célèbre par la guérison d'une fille de Clolaire II. Enimie, c'est le nom de celle princesse, voulant éloigner d'eile les nombreux aspirants qui demandaient sa main, avait prié le Seigneur de lui envoyer une maladie qui la dérobât à leurs sollicitations. Dieu l'exauça. Une horrible lèpre couvrit son corps. Plus tard, néanmoins, elle conjura le Seigneur de lui accorder la guéi'ison. Un ange lui ordonna , de la part du Très-Iîaul, d'aller se baigner dans la source de Burle. Elle y trouva , en effet, un remède à son mal, et se consacra au service de Dieu dans un monastère par elle édifié auprès de la salutaire source. La légende de sainte Enimie entre dans d'assez longs détails sur le bien que celte princesse opéra dans ce lieu. Le petit hameau de Burlatis prit le nom de cette vertueuse fille de Clotaire IL Elle y mourut dans le premier tiers du septième siècle. Nous avons publié en 1840 un opuscule sur sainte Enimie où nous entrons dans plusieurs développomenls archéologiques. Enfin , en i849, nous avoiiS mis au jour une vie de la même mainte. On j^eut consulter ces documents.
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La petite ville de Sainte-Enimie est située dans une des profondes vallées du Tarn. Elle est chef-lieu d'un canton de larrondissement de P'Iorac. Un irès-cul'ieux poème, en langue romane du treizième siècle, raconte longuement la vie et les miracles de sainte Eniraie. Ce manuscrit existe dans la bibliothèque de l'Arsenal , à Paris,
Leslocalités que nous venons de nom mer sont-elles les seules qu'on puisse faire remonter à des temps antérieurs au huitième siècle? îl n'est pas permis de le penser. Le Gc'i^a/»?n, quoique montueux, froid et peu fertile, devait posséder, même avant l'ère chrétienne, et puis sous l'occupation romaine et franque, sinon d'autres villes quAiideritum Gabalorum ou Javols, du moins un assez bon nombre de bourgs ou de villages. Il est indubilable que plusieurs de ces localités existent encore aujourd'hui avec leurs noms primitifs plus ou moins altérés. Mais la tradition écrite nous fait défaut. Nous pouvons cependant cilei' encore un des deux villages du nom d'Arzcnc qui , sous le nom d^ Arisencuni ^ est mentionné dans la légende de saint Hère ou Isère, évêquo de Mende, au septième siècle.
Comment se persuader que dans ces temps reculés les vallons arrosés par le Loi ella Colagne, tels que ceux de Chanac, de Chirac, de Maruéjols, ou ceux q<i-arros(MU le Tarn et ses affluents, tels que les vallons de Floiac, d'Ispagnac et plusieurs autres, étaient dcslilués de toute espèce d'habitation aggio-
TRtMiÈiiii: pautie, notions préliminaires. 05
îîiérée? Les platea-ux médiocrement élevés des arrondissements de Mende et de Maruéjoîs, de iiièiiie que les rives de la Trueyreet de l'Allier, n'étaient pas certainement incultes et' inhabités. Les nombreuses vallées des Cevennes proprement dites, au sud de Florac, avaient aussi, sans nul doule, au moins des villages. En un moi, le Gabahim était un pagus, nu pays habité par les peuples Gabali , alliés des Arverni. Or, il n'y a pas de vrai pagus sans habitants et sans habitations. Mais, avons-nous dit, l'histoire est muette, et nous ne pouvons reproduire que ses rares échos, car tel est notre plan. Il est vrai qu'il nous reste encore à parler de plusieurs autres localités, mais ici nous avons réuni, comme il a été dit, celles dont l'existence sous l'ère mérovingienne est connue. D'ailleurs , nous ne voulons pas nous écarter de notre but principal, qui est l'auliquilé religieuse. On nous permettra cependant, en terminant ce chapitre, d'indiquer les lieux dont nous croyons, d'après caitaines inductions historiques, que l'existence peut remontera l'ère mérovingienne, quoiqu'ils n'aient pas figuré dans la nomenclature qui précède. Plusieurs de ces localités auront d'ailleurs leur mention dans la suiîe de noire travail. Ce sont Maruéjoîs, la Canourgue, Chirac, Florac, Saint-Chely d'Apcher, Bagnols, Ispagnac, Langogne, Serverette, Le Malzieu, Montrodal, Saint-Elienne de Vallée française, Marchastel , sans compter un grand nombre de châteaux léodaux (pii ont [)ar 1 1 suite donné naissance à une
04 GABALLM CIJRISIIAMM
Ibuledevillagesdonlleshabilanlss'abritaientsonsleur puissante tutelle. Mais, encore une fois, ceci est du ressort doriiisioire civile ilu Gévaudan etnousdevons nous abstenir d'empiéter sur son domaine.