‹ Gabalum ChristianumChapitre 2 sur 126 · AVIS · texte numérisé non relu

AVIS

Le Gévandan^ perdu au milieu de ses monta* gnes, qui l'isoleut, pour ainsi dire, du reste de la France^ provoqua légèrement l'attention des investigateurs habiles qui se sont fait une haute réputation dans ce genre de recherches. Si quelques ouvrages géographiques s'en sont occupés d'une manière un peu étendue, les notions qu'ils renferment sont trop souvent incomplètes et surtout inexactes. Ce pays ne mérite pas néanmoins les dédains qu'on lui a prodigués. 11 présente assurément autant d'intérêt que les contrées limitrophes et les provinces qui en sont éloignées.

Je ne viens pas cependant ici offrir un tableau complet de la région gabalitaine et la considérer dans les rapports qui la relient à l'histoire civile du reste de la France. Mon titre annoncé un point de vue limité. La fin principale que je me propose est une étude assez approfondie sur la succession

des évêques de Mende. Je place en tête et comme préliminaire, ce que j'ai dû appeler une première partie, c'est-à-dire un aperçu substantiel et rapide sur les établissements ecclésiastiques de ce diocèse, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours.

J'ai consulté plusieurs ouvragres pour arriver à ce but. Adrien de Valois m'a déroulé dans sa Notitia Galliarum plusieurs documents sur l'anticfue Gabalum. J'en ai puisé dans VHistoire de r Eglise Gallicane, dans le savant ouvrage des BûUandistes, dans l'Histoire du Languedoc par Catel et par D. Yaissette, dans les annales du P. Lecointe. La Gallia Christiana ne pouvait pas être négligée et j'ai pu y relever quelques erreurs importantes. 11 en a été ainsi de la Bibliothèque Sacrée des P. P. Richard et Giraud qui ont copié servilement l'œuvre des frères Sainte-Marthe. Un livre qui a pour titre le Clergé de France, par Hugues du Tems, a été interrogé avec fruit et et quoiqu'il soit plus exact que les deux précédents en ce qui touche le siège épiscopal du Gévaudan, j'ai pu encore y corriger des inexactitudes. Dans le cours de mon livre, je cite un assez grand nombre d'autres sources auxquelles j'ai puisé.

Je n'ai pas négligé les auteurs gévaudanois tels que le P. L'Ouvreleul dont la critique est à peu près nulle ^ mais qui m'a fourni quelques détails intéressants. Un ecclésiastique décédé depuis peu de temps, l'abbé Prouzet a écrit sur ce pays quatre volumes qui renferment des notions jus(ju'à ce moment peu connues, mais j'ai dû, à mon grand regret, y combattre quelques assertions erronées. Quand il s'agit d'explorations scientifiques sur le Gévaudan, on doit nommer surtout M. Jean- Joseph-3Iarie Ignon dont les travaux incessants sur cette contrée sont d'une valeur incontestable. M. Ignon a fait du Gévaudan son étude de prédilection pendant un demi siècle et ses nombreuses notices sont une riche mine pour quiconque veut marcher sur ses traces.

En ces derniers temps, on a vu éclore sur le Gévaudan de nouvelles publications qui ont jeté un jour plus rayonnant, puisqu'on a exhumé de la poudre des archives locales des documents, en grande partie, inédits. J'ai pu, à mon tour, tirer des archives nationales qui sont à Paris un certain nombre de documents de même nature qui m'ont été singulièrement utiles.

J ai cru, dans le présent travail, devoir me

borner à quelques uoles que je renvoyé à la fin , au lieu de les placer au bas de la page. Il me sen)ble que les notes ainsi classées interrompent d'une manière fâcheuse la lecture du texte. C'est pourquoi j'ai fondu dans le texte même tout ce qui aurait pu figurer dans de nombreuses annotations et je me suis restreint à placer à la fin tout ce qui ne pouvait subir, sans un grave inconvénient, une assimilation avec le texte.

Mon travail s'adresse surtout au clergé Gabalitain et aux personnes intelligentes qui veulent acquérir des connaissances exactes et précises sur l'histoire religieuse de leur pays. J'ose croire pourtant que mon modeste labeur est aussi accessible, pour le fond et la forme, à quiconque voudra le parcourir. Puisse-t-il mériter la sympathie des habitants d'une contrée qui fut mon berceau. S'il en était ainsi , je serais amplement dédommagé des longues et pénibles recherches que ne suppose pas de prime abord le peu d'étendue de ce livre et qui n'en sont pas pour cela moins réelles.

Je demande qu'il me soit permis , en terminant ce préHminaire, de déclarer, sans le moindre sentiment d'orgueil, mais pour ma satisfaction personnelle, qu€ pendant cinq ans cette œuvre ^

toute médiocre qu'elle est, a été Tobjet incessant de mes loisirs et que j'ai refait complètement mon manuscrit quatre fois. Je n'ose point affirmer qu'aucune erreur ne s'y est glissée^ car rien de parfait ne peut émaner de l'homme. Mais j'ai la conscience de ma bonne volonté et des soins minutieux que j'ai prodigués à la rédaction de mon travail.

Je ne saurais passer sous silence les encouragements que j'ai reçu de monseigneur l'évéque de Mende actuel qui attache un intérêt spécial à tout ce qui a rapport à l'histoire et à la dignité de l'Eglise gabalitaine, dont la providence l'a établi pontife et pasteur et qui remplit avec autant de lumières que de zèle sa haute mission.

RECHERCHES HISTORICO-CRiTIQlES

SDR

Page 1