‹ Gabalum ChristianumChapitre 37 sur 126 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Précis historique sur la construction de la Cathédrale par ordre du pape Urbain V, et sur celle des deux Clochers.

On ne peut s'attendre, pour une contrée stérile et monlueuse comme le Gévaudan , h y voir s'élever une de ces magniflques basiliques léguées par le moyenage à l'admiration des temps modernes. Toutefois, l'on verra que si la vieille capitale de ce pays ne peut rivaliser avec les merveilles architecturales de plusieurs autres cités épiscopales, elle peut du moins, sous ce point de vue, se glorifier de n'en être pas la plus infime.

Nous avons déjà dit que le siège épiscopal dfe cette contrée remonte au troisième siècle de l'ère chrétienne. On sait que, jusqu'aux onzième, douzième et treizième siècles, la très-grande majorité, pour ne pas dire la totalité de nos églises cathédrales de France , ne se fit point remarquer, comme monuments d'art. 11 devait en être ainsi; car, antérieurement à ces dernières époques, la France était tombée dans une dégénération à peu près complète des arts qui avaient atteint leur apogée sous le règne d'Auguste. La cité "de Mende fut, comparativement à d'autres villes épis-

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copales, tardivement dotée d'une cathédrale un peu remarquable. Elle en fut redevable au grand pape dont nous avons parlé, parce qu'il avait eu son berceau dans le Gabalum. Ce ne fut donc que vers le milieu de la deuxième moitié du quatorzième siècle que Mende vit enfin poser les fondements de l'édifice qui devait en être le joyau.

11 est constant toutefois qu'il ne fut point question de détruire d'abord l'ancienne cathédrale pour en édifier intégralement une nouvelle. On a pu penser qu'il en avait été ainsi, mais en consultant un ancien pouillé des archives du chapitre de Mende , nous avons acquis la conviction qu'on procéda par agrandissement, en suivant néanmoins un plan qui, par le moyen des démolissements successifs , devait à la fin constituer un édifice régulier. On s'en convaincra par les détails que nous allons fournir, d'après le document sus-menlionné.

Nous citons d'abord textuellement l'indication suivante qui est comme le point de départ :

« Le pape Urbain V connaissant que l'églize cathé- » dralle n'estoit pas assès grande eu esgard au nom- » bre des habitués qui estoit allors de cent soixante » ou pour le zèle et afi'eclion qu'il portoit à cette églize » Quam affectu paternœ carilatis gerebat in visceribus » siciU fiUam prœdilectam fist éuesque d'Auignon mes- » sire Pierre éuesque de cette églize et fist régir l'é- » uesché par vicaires d'authorité du Saint-Siège pour » employer tous les fruicts, rentes et reuenus dud.

PREMIÈllE PARTIE, ÎSOTIONS PRÉLIMINAIRES. 111

» éuesché au bastiment de lad. églize cathédralle, » uoiés sa bulle siib datum Romœ apiid sium Pelriim IV » Kal. febr. anno VI 1°, au liure des statuts et au bul- 0 laire dud. pape. »

Nous trouvons à la suite divers dons du pape Urbain V en faveur de celle œuvre. Il sont ainsi classés: 1° Don de sept cent cinquante florins d'or; S,** Don de mille florins à prendre sur la seigneurie d'Apcher; S*» Don de ce qui était dû à ce pape par le dauphin d'Auvergne , baron de Mercœur; 4° Don de six mille florins à prendre sur la Chambre apostolique; 5^ Don de partie des maisons épiscopales et capitulaires, en dédommageant le chapitre pour ce qui le concerne.

En exécution des intentions d'Urbain V, nous lisons ce qui suit : « Le sieur Boeri , chanoine et pré- » cenieur de cette église et accolile de Sa Sainteté, » bailla le prix faict du presbitaire et de l'églize cao thédralle et des quatre chapelles qui sont à costé , « scauoir de Condon , de la Croix , de la Sacristie et » de sainte Anne, pour le prix de huit mille florins, » comme nous pouuez ueoir par la copie dudict prix » faict qui est en une pièce assès curieuse à la Lllt® « liasse du 1 archif sous cotte A. »

Nous prévenons avec regret que ces pièces trèssoigneusement indiquées par le rédacteur du pouillé ne sont pas sous nos yeux et qu'il est plus que probable qu'elles ont péri. Au surplus, l'indication du pouillé nous suffit.

Avant la bulle d'Urbain V qui ordonne de se mettre

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à l'œuvre de la reconstruction de la cathédrale, nous trouvons une ordonnance du roi Charles V qui enjoint de faire le dénombrement général des feux du Cévaudan taxés à un florin par feu , en faveur du pape Urbain V qui projettoit de rétabli?' l'églize catliédralle. Cette ordonnance est datée de l'an 1564. Or la bulle est de la septième année du pontificat de ce pape, c'est-à-dire de l'an 15G9.

Le pouillé annonce un « estât des comptes et dé- » pences faictes pour ledit œuure par maistre Boeri, » précenieur, uicaire général et principal commis ou » intendant dudit bastiment. » Et puis encore « Testât » des pierres taillées et uendues par cane à pied » d'œuvre par diuers massons pour ledit bastiment es « années 1369 et 1570. «Pierre Boeri mourut en 1589. Il est fâcheux que le nom des architectes ne nous ait pas été transmis, mais nous aurons ceux des continuateurs de l'œuvre , dans le siècle suivant. Des renseignements que nous venons de présenter il résulte que sous le pontificat d'Urbain \, mort en 1570, ce grand travail de reconstruction ne prit pas un développement considérable.

Sous Grégoire XI, successeur d'Urbain, les travaux continuèrent. Nous nous complaisons à citer le texte du pouillé : « Requeste présentée au pape Grégoire XI » successeur immédiat d'Urbain V, concernant les « basiimants de lad. églize où sont déduittes les prin- » cipales raisons qui auoient obligé ledict pape Urbain j) à ce grand œuvre ei c'est une des plus anciennes

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