PREMIÈRE PARTIE, NOTIONS PRÉLIMINAIRES. iOo
société leur doivent un égal tribut de reconnaissance.
Nous croyons devoir fournir quelques notions sur une confrérie qui , en général , n'est connue que dans les provinces méridionales : c'est celle qu'on nomme la confrérie des Pénitents. Elle se compose d(^ personnes pieuses des deux sexes qui se réunissent dans une chapelle spéciale pour y célébrer leurs ofHces; les hommes se revêtent d'une aube blanche qu'ils appellent un sac; cette aube est serrée autour des reins par un cordon blanc, et la tête des confrères est couverte d'un capuchon de toile que l'on rabat en certaines circonstances sur la figure, et qui se termine en pointe. On a vu anciennement des pénitents noirs, verts , bleus, gris, ainsi désignés de l;i couleur de leur sac. Ceux dont le sac est de toile blanche se nomment pénitents blancs.
La plus ancienne confrérie de ce genre, dans le diocèse de Mende, est celle des pénitents blancs de cette ville; elle remonte à l'épiscopat de Daniel de la Motte-Duplessis, en 16^7. Une bulle du pape Urbaiii VIII, en date du 15 novembre de la même année, confirma cette institution. La confrérie des pénitents blancs de Mende a sa chapelle à côté d'une vieille tour des anciennes fortifications de la ville. Cette chapelle fut vendue sous le régime révolutionnaire, mais la confrérie la racheta après le rétablissement du culte, en 1802.
La ville de Maruéjols possède une confrérie de
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même nature; elle fut érigée sous l'épiscopat de Baglion de la Salle et confirmée par une bulle du pape Clément XI, en 1719. La chapelle primitive de cette confrérie a été affectée à des usages profanes depuis 1792. Les confrères s'établirent, après le concordat de 1802, dans l'ancienne église des Augusiins; plus tard, ils célébrèrent leurs offices dans celle de l'Hôpital, et enfin ils occupent , depuis plusieurs années, l'ancienne église des Dominicains, nommés vulgairement Pères blancs.
Quelques autres villes, telles que Langogne , le Malzieu, et même des paroisses rurales, ont des confréries de ce genre. Ces confrères honorent particulièrement la Passion de N.-S. Jésus-Christ, et font le Jeudi-saint, h nuit close et aux flambeaux, une procession fort édifiante, où les membres de la confrérie marchent pieds-nus et portent les instruments de la Passion.
Les femmes sont couvertes d'un long voile blanc et ceintes d'un cordon de même couleur.
Ces institutions, lorsqu'elles comprennent bien le but et l'esprit de leur fondation, sont des moyens dont la Providence se sert pour faire avancer dans le chemin de la perfection les personnes qui s'y font agréger. Hors de là, trop souvent, ces confréries semblent vouloir constituer dans une même paroisse une sorte d'antagonisme religieux qui tendrait h la scinder en deux portions hostiles et pourrait y semer quelquefois une pernicieuse zizanie. On en a