PREMIÈRE PARTIE, NOTIONS PRÉLIMINAIRES
cette œuvre. On a vu, d'après les dates précitées, si le P. L'Ouvreleul a pu dire avec raison que quand l'église cathédrale de Mende eut été terminée par le pape Urbain V, ce pontife y envoya diverses reliques! II est pénible de relever de pareilles bévues dans un écrivain qui était sur les lieux et qui prétendait écrire d'après les archives du chapitre ! Le fait de l'envoi des saintes reliques à la cathédrale de Mende ne prouve pas que l'église projetée eût reçu la dernière main; l'ancienne subsistait et n'était démolie que par parcelles pour être remplacée par les nouveaux bâtiments.
Comment maintenant s'expliquer l'interruption des travaux pendant un si long temps? Pour peu qu'on connaisse l'histoire de France à cette époque, on en trouvera la cause dans les guerres si désastreuses que le royaume eut à soutenir contre les Anglais. En particulier, leGévaudan fut, à celte occasion, le théâtre des plus sanglantes collisions; la France se déchirait elle-même les entrailles. Ces temps malheureux étaient peu favorables à de grandes entreprises, à cause de la profonde détresse où les populations étaient plongées, surtout dans le diocèse de Mende.
Enfin de meilleurs jours succèdent h tant de désastres. Le 7 septembre 1452, Galabert de Cenaret, prévôt du chapitre, posa la première pierre de la continuation de la cathédrale. Il était assisté des chanoines et du nombreux clergé de cette église. Ce prolongement joignait le cimetière de Saint-Michel. Au 20
octobre suivant, les fruits d'une prébende, pendant six ans, furent destinés à l'œuvre. Nous trouvons mention d'une quittance faite au chapitre, en 1455, par Pons Gaspart et Jean Durand, qualifiés maislres de L'œuvre et fabrique de i'églize ; cette quittance est de trois cent neuf moutons d'or, d'une notable quantité de blé et d'autres choses qui justifient le zèle du chapitre pour Taccomplissement de l'œuvre.
Une transaction passée en l'an 1458 nous fait connaître les noms des architectes; ce sont Jean Durand, dit Dalverni, Pons Gaspart et Raymond Fonlanel.
L'année 1465 est la date d'autres quittances signées de l'évêque et du chapitre en faveur de Jean Durand.
En 1466, une vérification de travaux, avec quittance au même Jean Durand, est faite par le chapitre. Il paraît qu'à cette époque les travaux étaient terminés, car cette quilance est désignée comme générale, et, en effet, la vérification (que le pouillé nomme expérificalion) avait eu lieu.
En nous rapprochant, de nouveau, de la pose de la première pierre, nous lisons ce qui suit: « Les » pierres du basiiment de I'églize feurent tirées à » Chantorueiols (aujourd'hui Chanturuéjols), comme » résulte d'un acte concernant l'indemnité de Jean » de Lafont qui se plaignoit qu'on auoit ruiné un sien » préd , un jardin et sa basse court en tirant lesdites » pierres, de l'an 1457. »
Sous la date de 1459, nous voyons que les biens d'un hebdomadier du chapitre mort sans laisser son
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testament furent alîectés h la fabrique de l'église, par Iransaction entre l'évêque el le chapitre.
En l'an J465, furent faites les chaires ou stalles du nouveau chœur; les orgues y furent placées en la même année. Ce fut en 1467 que Ton plaça les vitres de la nouvelle église.
Nous reprenons maintenant Tordre chronologique qui s'est arrêté h l'expertise et aux quittances, h l'an
Nous transcrivons notre ponillé : « En l'an l^S?, » le chœur de l'églize étoit faict et le maistre autel » feust allors consacré par Messire Guy de la Panouse » éuesque, et faut obseruer que l'office se faisoit au- » parauant soubs la nef entre les chapelles de sainct » André et de Toussaints et celles de saincte Agnès » et de sainct Etienne, présant des Cinq Playes, et » le zèle du chapitre feust si ardent pour le bastiment » des alées et chapelles qu'il assigna en l'an 1477 un » fonds annuel de trente livres en argent, cent se- » tiers seigle, trente seliers froment et quarante se- » tiers auoine, oultre les reuenus de la maison de » l'aulmône jusques à la perfection du dict œuure. »
Nous lisons à la suite ces particularités qui ne sont pas sans importance pour l'histoire de la construction de l'église cathédrale : « Les armes de Messire Clé- » ment de la Rouere éuesque de ceste églize sont aux » deux encoulesde la chapelle de Toussaint, comme » on ueoit de la basse court de l'éuesché el c'est un » témoignage que la dicte chapelle a été baslie de son
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» temps, comme aussi une partie de la nef de l'églize, » comme on peut ueoir par une permission qui feust » donnée au dict seigneur éuesque par le chapitre de » mettre ses armes à la clef de la dicte nef, le 15 avril » 1502. En Tan 1487 feust prise délibération, par » forme de statuts entre messire Clément de Rouère » et le chapitre que le dict seigneur éuesque contri- » huerait tous les ans la somme de 400 liures jusqu'à » ce que les réparations nécessaires à l'églize calhé- » dralle feussent acheuées. »
C'est le 2 août de la dite année 1467 qu'eut lieu la consécration du nouvel autel. L'ancien avait été consacré en l'honneur de saint Julien et autres saints qui souffrirent avec lui le martyre h Antioche. Le document que nous transcrivons nous apprend qu'on possédait une grande quantité de reliques qui avaient été placées sous l'autel auprès de celles de saint Privât, en 1170, par l'évêque Aldebert.
Avant de clore ce qui se réfère à cette seconde phase de l'édification, nous devons mentionner quelques faits particuliers. Nous voyons que le clergé contribua pour trois cents moutons d'or à ce que notre document nomme les repparalions de l'églize ès-années 1466, 1467 et 1468. Nous rencontrons encore d'autres contributions pour les repparations de l'églize et des clochers, en 1581, et surtout une somme de trenteet-un florins pour les orgues. Cette dernière indication se rapporte à la première période, mais nous la notons h cause des orgues. Nous avons déjà vu qu'en