‹ Gabalum ChristianumChapitre 61 sur 126 · ALDEBERT III · texte numérisé non relu

ALDEBERT III

Guillaume eut pour successeur, en 1151 , Aldebert III du Tournel, Aldebertus de Tiirnello. Cet évêque sortait de l'illustre famille de Chàteauneuf-Randon du Tournel. Avant sa promotion, il était prévôt, prœpositus, du chapitre de Mende. La sagesse de son épiscopat lui fit donner, selon Hugues du ïems, le litre de vénérable. Sans prétendre contester à ce prélat les vertus qui auraient pu le rendre en effet vénérable, on pourrait aussi bien trouver l'origine de cette qualification dans une étiquette de cour qui faisait donner par le roi Louis VII le litre de vénérable h Aldebert III , de même qu'à tout autre évêque

de son royaume. Voici la formule : Ludovicus

Aldeberto venerabili Gabalilanorum episcopo. « Louis, » à Aldebert , vénérable évêque des Gabalitains. » Il est évident que la qualification de vénérable s'accorde bien plus naturellement avec le litre d'évêque qu'avec le nom propre du prélat. Ce serait bien différent si on lisait : Venerabili Aldeberto Gabalilanorum episcopo.

Cette formule nous fournit en même temps une observation utile. C'est qu'ici Aldebert est qualifié d'évêque de Gévaudan et non de Mende. D'après tout ce que nous avons dit, il demeure incontestable, par ce nouvel exemple qui n'est pas encore le dernier, que le titre d'évêque de Gévaudan ne prouve rien en faveur du séjour des évêques à Javols.

Le monument précédé de la formule précitée est ce qu'on nomme la Bulle d'or. Le roi Louis VII y reconnaît l'hommage que lui fait Aldebert III de son territoire diocésain. Cette concession mérita au prélat les bonnes grâces du prince, mais elle indisposa contre lui ses proches , quoique le roi lui eût maintenu, ainsi qu'à ses prédécesseurs et à ses successeurs, les droits et le titre do comte du Gévaudan. Le frère d' Aldebert se montra surtout fort irrité. L'évêque , pour se protéger contre les menaces incessantes des mécontents, avait fait construire le château fort de Chapieu, Castriim de Capione^ sur le causse de Mende, non loin du village de Lanuéjols. A cette occasion, le frère indigné déclara à l'évêque une guerre implacable, parvint à s'emparer de sa personne et le retint dans une étroite prison où le prélat infortuné termina ses jours. C'est là un des tristes exemples de cette féodalité guerroyante du moyen-âge, qui se portait trop fréquemment aux plus déplorables excès. Toutefois gardons-nous d'exalter aux dépens du douzième siècle le progrès prétendu de nos lumières philosophiques. Au milieu de leur plus puissant rayonnement, qu'avons-nous vu à la Ou du siècle dernier!

En H62, Aldebert III reçut h Mende le pape Alexandre III, accompagné de sept cardinaux. C'est de Mende qu'est datée, 29 juillet de cette année, la bulle que ce pape donna en faveur de Tabbaye de Bonneval, en Rouergue. Ce même pape nomma Aldebert pour juger comme arbitre une grave discus-» sion soulevée entre le vicomte de Polignac et Tévêque du Puy.

Le P. Louvreleul fournit plusieurs détails sur la transaction passée entre l'évêque Aldebert et le roi Louis YII. Il rapporte que comme insigne de la souveraineté de l'évêque ce prince remit au prélat un sceptre d'or que l'on portait jadis dans les processions de la cathédrale. Nous n'avons point h nous étendre sur ce point qui concerne l'histoire civile du Gévaudan.

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