GUILLAUME IV
En dJ87, Guillaume de Peyre , Giiillelmtis de Petrâ, fut élu pour succéder h Aldebert III. Les ha^ bitanls de sa ville épiscopale, à la suite de plusieurs conflits du domaine temporel, l'obligèrent de quitter leurs murs, et il ne put y rentrer qu'après avoir fait, en ld94, un accommodement. 11 eut l'honneur d'être chargé par le pape Honorius III (et non pas Honoré)
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de rétablir la concorde entre l'évêque du Puy et ses diocésains. Ceci était encore un conflit temporel.
La vie de cet évêque, en sa qualité de comte du Gévaudan , fut singulièrement agitée. Pierre , roi d'Aragon, voulait conserver sa souveraineté sur certaines parties du territoire gabalitain, et principalement sur le château et sur la ville de Maruéjols. Guillaume de Peyre en expulsa le gouverneur, après un siège, et vint à bout de revendiquer ce domaine.
Nous avons dit, dans la première partie, que l'abbaye de Mercoire fut érigée sous l'épiscopat de Guillaume de Peyre. Hugues du Tems nous apprend que cet évêque partit pour la Terre-Sainie en 1225, en se démettant de son siège entre les mains de l'évêque de Porto , cardinal légat du pape en France. Les diverses dates déjà relatées donnent jusqu'à ce moment trente-six ans à son épiscopat. Cela fait nécessairement supposer qu'il avait été promu bien jeune à cette dignité, puisqu'il entreprit le voyage de la Palestine, après une aussi longue administration.
L'abbé Prouzet fait observer, dans une note, que d'après Doat (1" tome, Bibliothèque royale), Guillaume IV ne se démit pas de son évêché, en partant pour la Terre-Sainle, puisqu'il confia, en son absence, l'Eglise de Mende à son vicaire-général Guillaume de Peyre. Celui-ci apparemment était son neveu. Ce fait ne nous semble pas d'une importance majeure. D'ailleurs, si cela est, celte administration
ne fut pas de longue durée, car nous verrons tout à rheure que le successeur de Guillaume IV fut élu, en celle année 1225.
Guillaume de Peyre posséda , comme on a vu, le siège épiscopal de Mende durant trente-sept ans. Sous ce long pontificat , tout le midi de la France fut dans une agitation terrible causée par la Irop fameuse hérésie qui est celle dite des Albigeois. C'était une sorte de confédération d'hérétiques Pétrobrusiens , Henriciens, Arnoudistes, Vaudois, Cathares, divisés en une infinité d'opinions religieuses, mais étroitement unis pour faire une guerre implacable à la religion catholique. Toutes les sectes séparées du centre de l'unité se sont toujours ainsi coalisées contre la chaire de saint Pierre. C'est ainsi encore de nos jours que conjurent contre elle toutes les sectes religieuses profondément divisées entre elles par les croyances et parfaitement d'accord pour protester.
Les principales erreurs de ces hérétiques consistaient à croire que les morts ne ressusciteraient pas, que nos âmes logées dans nos corps sont des démons, qu'il y avait deux principes créateurs , l'un bon et l'auire méchant, etc. Ils niaient tous les sacrements et ils avaient surtout en horreur l'eucharistie. Point de confession chez eux, ni même de mariage. Ils brisaient les croix, brûlaient les reliques et les images et ne prêchaient leurs doctrines que le fer et la torche à la main.
Avant de déployer la plus grande sévérité contre
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les Albigeois on avait employé plus de quarante ans à les convertir par des missions. Comme ces moyens étaient restés sans effet on usa des plus implacables rigueurs contre eux, et tout en regrettant qu'on ait été obligé de sévir avec tant de sévérité ^ on est forcé de reconnaître que ces fanatiques s'étaient portés aux plus effroyables excès. C'est ainsi que le comte de Toulouse, qui se réconcilia en 1209 avec l'Eglise, avait poussé la barbarie jusqu'à faire étrangler son propre frère , parce qu'il était rentré dans le sein du catholicisme !