‹ Gabalum ChristianumChapitre 8 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE, NOTIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, NOTIONS PRÉLIMINAIRES

susdit siècle, sous la métropole de Laodicée. C'est cette -dernière Gabala qui , sous l'empire du paganisme, était célèbre par le culte qu'on y rendait à Adonis. On connaît plusieurs de ses évêques, tels que Zoïle , Sévère , Sévérit;n , Eusèbe , Mara , Pierre , Flavien, etc. Ce n'est plus aujourd'hui qu'un titre crévéché in pariibus infidelium.

Quelle pourrait être la cause de cette concordance de noms locaux, à une si immense distance? Selon les anciens historiens, les Gaulois, guidés par Brennus et défaits à Rome, près de quatre siècles avant l'ère chrétienne, ou l'an de Rome 561 (on n'est pas d'ac- <:ord sur la date précise), s'avancèrent jusques dans la grande Grèce et y conquirent une province nommée par eux Gallatie, en souvenir de leur pays. Furganlt dit que la conquête de celle contrée est due aux Gaulois qui, se trouvant trop resserrés entre les Cevennes et les Pyrénées, parlirenl au nombre de trente mille, et qu'après avoir ravagé la Grèce, pillé le lemple de Delphes et passé l'Hellespont, ils répandirent la terreur dans toute l'Asie-Mineure , jusqu'au mont Taurus. On voit que cet auteur fait honneur de tous ces exploits aux Gaulois méridionaux. Parmi ceux-ci devaient nécessairement figurer plusieurs milliers de Gabales ou Gévaudanois. Ces derniers , en souvenir de leur région natale, n'ont-ils pas pu donner le nom de Gabala , du moins à l'une des deux villes précitées? On a un grand exemple de ce genre ew Aniéi'ique où les noms de [plusieurs villes de l'aa-

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cien continent ont été imposés aux nouvelles cités bâties par les colons européens. Il en est de même , en ce moment, dans nos possessions africaines.

Une origine loul-à-fait inverse est conjecturée par quelques écrivains auxquels nous déclarons , dès le début, accorder notre assentiment. Selon eux, ce seraient, au contraire, des Grecs qui, faisant partie de la colonie phocéenne à laquelle Marseille doit sa fondation, auraient pénétré dans les contrées monlueuses où sont les sources du Tarn , du Lot et de l'Allier, et auraient fait revivre le Gab.ila de l' Asie- Mineure dans le Gabalum gaulois. 11 existe un assez grand nombre de traditions locales qui peuvent appuyer celte opinion sur l'analogie de ces noms de lieux.

Voici une autre concordance non moins étrange que la première. C'est que le nom de Mimât ou Mijiias qui est imposé h la montagne, au pied de laquelle est assise la ville de Monde [Mimate ou Mimatum , se rencontre pareillement sur des plages lointaines. Il est, auprès de Colophon, dans l'ionie, un mont Mimas. Un autre du même nom est placé par Suidas dans la contrée ingrate et montueuse de la Thrace. Les Gaulois méridionaux du pays des Gabales n'ont pas, très-certainement, importé ce nom de Mimas dans l'Asie, car il se lit dans Homère, qui vivait mille ans environ avant l'ère chrétienne, et très antérieurement à l'époque des incursions de Brennus. Ce terme a pu donc et a dû même être imposé a u

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mont gévaudanois des rives du Lot, par les colonies phocéennes de Marseille. La langue de ces contrées emprunte h celle des Grecs un assez grand nombre de termes. Ceci a été spécialement constaté par l'abbé Audibert que cite M. Du Mège, dans son Histoire de la ville de Toulouse. Nous concluons de ce qui vient d'être dit , que l'appellation de Gabalum est originaire des régions où s'élevèrent, jadis, les deux villes de Gabala. Du moins les apparences militent en faveur de cette opinion.

Nous avons actuellement h aborder la question long-temps controversée sur la capitale ancienne du pays des Cabales ou Cabalitains. Nous commençons par établir le fait que cette ville existait sur le sol maintenant occupé par le bourg de Javols. Cette localité appartient au canton d'Aumont , à quatre ou cinq anciennes lieues de Mende. Son nom primitif est Anderitum. Il s'effaça devant celui des peuples dont elle était la cité principale. Ptolomée lui donne en grec le nom d'Av^îpt^ov , auquel succéda celui de Gabalum. Cette substitution ne doit pas plus surprendre que celle du nom de Parisii à celui de Lutetia , et nous pourrions citer un grand nombre de semblables substitutions, en France. Depuis les découvertes récentes faites à Javols , on ne peut disputer à ce bourg rhonneur d'avoir été la cité capitale des peuples Cabales. Le nom seul de Javols en est une preuve irrécusable. La transition de Gabalum à Javaium n'est pas plus étrange que celle de Gargolium à Jargeau,

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de Gemmeiica à Jumièges , de Gaudiosa h Joyeuse et même de Gaiidiwn h Joie.

De Gabaliim dérive , par des altérations successives, le nom de Gévaudan. On lit dans divers auteurs du pioyen-âge Gavaldanum , Gavuldanum , et puis en français Gavauldan, Gevouldan^ Givandan et Gévaudan. Le changement de la troisième lettre de Gabalum , pour en faire Gavalum et Gavaldanum j n'a rien qui puisse surprendre dans un pays dont Jules Scaliger a pu dire avec raison :

Felices populi quibus vivere est bibere.

Le sel de celte facétie ne peut être senti que par les personnes versées dans l'intelligence de la langue latine.

Les anciens, tels que Pline, nomment ce pays pagus Gabalicus. Cet auteur vante le fromage que produit cette contrée dont il désigne la principale montagne , sous l'appellation de Lesura, dont Sidoine Apollinaire a fait Lesora. Les modernes l'ont nommé Lozère avec moins de raison que Losère. Celte dernière dénomination devait, en J790, détrôner l'antique Gévaudan. Elle se maintient^officiellement dans l'administration civile du pays. A ce sujet, nous ferons observer, en passant, que la bulle de circonscription des nouveaux diocèses , en vertu du concordat de 1801, nomme mal à propos, en latin, ce département Provinciamontis Loxerani. Le rédacteur de cette bulle n'avait aucune ponnaissance du^nom npçien de cette montagne. C'est bien plutôt Provincia

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