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DANIEL DE LA MOTHE DUPLESSIS-HOUDANCOURT

Le roi Louis XIII appela à l'évêché de Mende ce prélat qui avait été abbé de Souillac , au diocèse de Cahors. Il avait pour frères 1° Philippe d'Houdancourt, maréchal de France ; 2® Henri d'Houdancourt, évêque de Rennes. Il joignait lui-même à son nom de famille ce dernier surnom féodal. Daniel ne reçut l'onction épiscopale que le 19 février 162o, des mains xle Jean-François de Gondy , premier archevêque de Paris. Il prit possession de son siège, par procureur,

le 29 avril suivant, mais il ne vint jamais en personne h Mende. Jacques Dumas l'y représentait en qualité de grand vicaire.

Daniel de la Mothe était premier aumônier de Henriette-Marie de France, qu'il accompagna en Angleterre, dont elle avait épousé le roi Charles I^^ Cet évêque mourut à la Rochelle le 5 mars 1628 , pendant le siège de cette ville, et y fut inhumé dans l'église de Sainte-Marguerite. Il laissa par testament six mille livres à sa cathédrale.

SYI.YESTRE DE CRUZY DE MARSILLAC.

Ce prélat était originaire du Quercy et avait possédé les abbayes de Souillac et de Marsillac au diocèse de Cahors. Il fut nommé évêque de Mende le 26 mars i628 et sacré dans la cathédrale d'Albi par Alphonse d'Elbène, évêque de ce siège, qui fut plus tard érigé en métropole. A l'exemple d'Adam de Hurtelou et de Charles de Rousseau , ce prélat montra beaur coup de zèle pour le maintien de la foi catholique et l'extinction du calvinisme dans son diocèse. Des missions furent organisées, le service divin fut rétabli dans un grand nombre de paroisses. Pendant près de deux siècles , aucun de ses prédécesseurs n'avait visité le diocèse. Sylvestre de Marsillac accomplit cette pé? nible tâche, et son passage fut partout marqué par des

bienfaits. La cathédrale fut embellie, le palais épiscopal construit ; plusieurs communautés religieuses par lui instituées secondèrent sa noble sollicitude. C'est lui qui rebâtit le château de Chanac.

Il ne put exécuter tant et de si grandes choses sans exciter de violentes passions et se créer de nombreux ennemis. Ainsi est faite notre pauvre nature humaine, que la foi seule peut corriger et rectitier! On a dit ^ue la vengeance ne fut pas étrangère à sa mort , qui arriva, le 20 octobre 1659, à Paris où il se trouvait. Le prélat du reste avait 88 ans d'âge et 51 ans d'épiscopat.

Le 15 juillet de l'an 1645 avait été marqué par un odieux attentat à la personne de ce vénérable évêque. Trois de ses ennemis déclarés, le sieur Cou- Ion , ancien juge à Mende, et les sieurs de Montrodat et de Trellans avaient comploté de l'assassiner dans son lit; mais il était déjà dans sa cathédrale, célébrant le saint sacrifice. Les meurtriers y entrèrent et ils allaient immoler sur l'autel même le pontife, lorsque les chanoines parvinrent à les repousser. Condamnés à mort par le parlement de Toulouse, ces trois criminels parvinrent à se soustraire à la vengeance légale, car ils avaient été jugés par contumace. Ce fait est consigné dans les procès-verbaux de l'Assemblée du Clergé de France, cités dans les intéressantes nolices de M. J.-J-.M. Ignon.

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