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CHAPITRE Xlll

Hyacinthe Serroni; François Placide de Piencourt; Pierre BagUon de la Salle; Gabriel Florent de Choiseul-Beaupré; Jean-Arnaud de Castellane.

HYACINTHE SERRONI.

Un prélat romain fnt appelé à la succession de Sylvestre de Marsillac. Ce fut Hyacinthe Serroni, né à Rome le 50 août 1617. Il était venu en France à la suite du cardinal Michel Mazarin , archevêque d*Aix, frère du célèbre cardinal , premier ministre de France sous la régence d'Anne d'Autriche , mère de Louis XIV. Il n'était alors que simple religieux dominicain. Rientôt il se fit connaître à la cour par son habileté dans les affaires. Le roi , pour récompenser les services de Serroni, lui donna ce qu'on nomme des armoiries parlantes : c'était un rocher d'or qui est divisé par une scie , par allusion au mot latin se?'m, scie, d'où Serroni en italien. Mais une preuve plus efficace de la gratitude royale était réservée à Serroni. Le monarque le nomma en 1646 évêque d'Orange , titre auquel s'adjoignirent bientôt

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ceux d'intendant de la marine et d'intendant de l'armée de Catalogne. Serroni passa en 1661 à l'évêché de Mende. Il fonda dans cette ville le séminaire dont il confia la direction aux doctrinaires. Il institua aussi le collège.

L'évêché d'Albi , un des plus riches du royaume , fut érigé en archevêché en 1678. Serroni en fut nommé le premier archevêque et prit possession de son titre métropolitain le 22 février 1679. Ce fut alors que Mende fut détaché de la métropole de Bourges et appartint désormais h celle d'Albi. On sait qu'Albi lui-même, ainsi que Rodez et Cabors, furent distraits en même temps de Bourges.

Hyacinthe Serroni occupa donc le siège de Mende pendant près de dix-sept ans. Il est vrai que selon l'usage de cette époque, la plus brillante du règne de Louis XIY, le prélat résida très-souvent h Paris ou h Versailles, mais on a vu qu'il ne négligeait pas pour cela les intérêts de son diocèse. En 1672, il avait été nommé abbé de la Chaise-Dieu. Serroni mourut à Paris le 7 janvier 1687 et fut inhumé dans l'église de Saint-Thomas-d'Aquin dont il avait posé la première pierre le 5 mars 1682. On doit se rappeler que primitivement Serroni avait été dominicain, c'est pourquoi les religieux du couvent de Saint -Thomasd'Aquin avaient déféré l'honneur de poser la première pierre de leur nouvelle église h leur ancien confrère. Cette église est aujourd'hui la cure titulaire du 10^ arrondissement municipal de Paris. Ses obsèques

eurent lieu sans pompe, ainsi qu'il l'avait demandé dans son testament.

On a de lui 1» VOraison funèbre de la reine-mère dont il avait été premier aumônier; 2° les Entretiens effectifs de Pâme avec Dieu, sur les psaumes de David, en 5 volumes in-12, publiés en i689 ; 3° quelques autres opuscules de piété.

On prête à Serroni ces appréciations piquantes sur ses trois sièges épiscopaux : «Ma première épouse » était belle, mais pauvre (Orange). Ma seconde était » laide, mais riche (Mende). Ma troisième épouse est » belle et riche (Al bi).»

FRANÇOIS PLACIDE de BAUDRY de PIENCOURT.

Ce prélat issu d'une noble famille du diocèse d'Evreux succéda en 1677 h son prédécesseur, promu au nouvel archevêché d'Albi. II fut d'abord bénédictin et prit le bonnet de docteur en Sorbonne. Son oncle qui était abbé de Saint-Leufroy , au même diocèse d'Evreux, l'avait fait son coadjuleur, elle neveu lui succéda.

La charité de cet évêque éclata principalement dans une grande famine qu'éprouva son diocèse. Il fonda des établissemenls utiles et acheva de réparer les désastres dont le protestantisme avait frappé sa

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malheureuse Eglise. Les mêmes désordres repari>rent au commencement du dix-huitième siècle. Nous voulons parler de la rébellion des protestants des Cevennes que Louis XIV se vit obligé de réprimer énergiquement. C'est ce qu'on nomme les dragonadesy dont l'esprit de parti a voulu faire peser Todieuse responsabilité sur le monarque. L'impartiale et inflexible histoire dit de quel côté vinrent les agressions. Certes, les catholiques ne virent pas sortir de leurs rangs les camisards fanatiques dont les monstrueux excès firent reparaître dans ces contrées les assassinats et les spoliations du seizième siècle! L'histoire nous dit que la tolérance ne fut alors, comme de nos jours , invoquée avec tant d'éclat que par ceuxlà même qui se sont montrés constamment les plus intolérants. 11 ne s'agit point ici de récriminations rancunières contre les sectaires du Calvinisme, qui sont encore assez nombreux dans le diocèse deMende. La vérité n'en conserve pas moins ses droits, sans que nous prétendions appeler sur les protestants , nos compatriotes, la responsabilité des faits de leurs devanciers. Nous nous complaisons même à reconnaître en eux des sentiments de mansuétude et de concorde dont, au reste, les catholiques savent leur donner le continuel exemple.

François Placide de Piencourt mourut le 13 septembre 1707, aprèo un épiscopat de trente ans. Son corps fut inhumé devant les marches du grand autel de sa cathédrale, qu'il avait dotée de nombreux

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embellissemenls. Son cœur, enfermé dans une urne, fut déposé dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu de Mende. Ce bon prélat avait institué cet établissement son légataire universel.

PIERKE BAGLION DE LA SALLE.

Le 24 décembre 1707, Louis XIV signa la nomination de ce prélat à l'évêché de Mende. Pierre Baglion de la Salle ne reçut cependant la consécration épiscopale que le 24 juin 1708, parle ministère du cardinal de Noailles , archevêque de Paris. Avant sa promotion , ce prélat était vicaire-général de son oncle, qui était évêque de Poitiers. Le P. L'Ouvreleul dit que cet évêque était issu d'une noble famille de Lyon , originaire de la ville de Pérouse en Italie, et à laquelle François I" avait accordé le privilège de mettre trois fleurs de lis dans son écusson. Hugues du Tems le nomme Baglion de la Salle de Saillant, et ajoute qu'il prêta son serment le 1^' juillet 1708.

Vers la fin de son épiscopat, Pierre Baglion eut à faire éclater son zèle et sa charité pendant la peste qui ravagea cruellement le diocèse de Mende, de 1720 à 1723, en même temps que ce terrible fléau faisait briller aussi l'héroïque dévouement de l'immortel Xavier de Belsunce, évêque de Marseille. Cet

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évêque mourut le 27 septembre 1725, à l'âge encore peu avancé de 62 ans, après en avoir passé quinze à Mende.

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