I. Psychologie économique, p. 207-aio
ports du eycle des besoins et du cycle des travaux. Le premier «va se compliquant déplus en plus, s’abrégeant jusqu’à un certain point et se régularisant de plus en plus ». Ainsi tout besoin nouveau — besoin de fumer, de manger, de voyager — a d’abord été exceptionnel, intermittent, pour devenir enfin périodique ; de même le besoin de renouveler ses vêtements, son mobilier même dans les classes riches. Au contraire, « le cycle des travaux individuels, élémentaires, où tourne l’ouvrier de plus en plus spécialisé, va se compliquant ». De cette anomalie résultent un dégoût croissant du travail et un désir impérieux de le resserrer dans des limites toujotirs plus étroites.
Quant au cycle des travaux d’où résulte un produit, il va se compliquant et se régularisant. Il a rarement une durée égale à la période de reproduction des besoins que le produit est destiné à satisfaire; «à des besoins qui se reproduisent deux ou trois fois par jour, il est répondu en agriculture et même en industrie, par des travaux dont la rotation est annuelle ».
C’est de « ce défaut de synchronisme » qu’est né le salaire. Il a fallu payer les ouvriers par jour et non à l’année par exemple ou après la vente, parce que le besoin de manger se faisait sentir chaque jour et non chaque année et ne permettait pas d’attendre. Et comme le cycle des travaux en devenant de plus en plus collectif voit sa durée s’allonger plutôt, tandis que le cycle des besoins reste toujours aussi court, « l’ère du sa*
larîat n’est donc pas près de se clore v. Et l’extension du socialisme d’Etat n’a-t-il pas pour efTet de transformer de plus en plus les ouvriers eux-mêmes en fonctionnaires, en salariés du gouvernement » ?
Expression de cette périodicité dans les budgets. — Cette périodicité des besoins et des travaux. Tarde la trouve merveilleusement exprimée dans les budgets des familles, des sociétés, des Etats. Aussi loue-t-il Le Play d’avoir analysé ces budgets.
Dans tout budget, il faut distinguer les revenus qui proviennent de travaux exécutés et les dépenses, qui ont trait à la satisfaction des besoins. Or, les revenus sont comme les sources et bien qu’en apparence très irréguliers, on les voit dans toutes les carrières aspirer à une situation assurée, régulière et d’autant plus que la société progresse ; car « la civilisation a pour effet d’inégaliser et de différencier, mais aussi de régulariser et d’assurer en moyenne les revenus, aussi bien privés que publics ». Et en effet, à l’époque chasseresse, on vit au jour le jour, sans provisions ; à l’époque pastorale, « le croît et le lait destroupeaux constituent déjà un revenu», mais fort instable à cause des sécheress(;s, et des épizooties de toutes sortes. Ces incertitudes sont moindres à l’âge agricole à cause de la variété des sources de revenus qui souvent se compensent.
Enfin, avec l’âge industriel, les revenus deviennent
ces de toutes sortes, qm précisent les revenus luiuis.
Les budgets des familles ont toujours été annuels, mais pas toujours ceux des Etats. Toutefois la périodicité annuelle prévaut de plus en plus pour tous ; car l’annualité est la règle générale des budgets. C’est qu’en effet « cette période des budgets leur est imposée moins par le cycle des travaux que par la période générale des besoins, et que celle-ci est sous la dépendance de la périodicité astronomique ». Ce n’est que dans l’agriculf.mA la né^rioclîp.ité annu6ll6 dcs traviiux.