I. Psychologie économique, pp
moins en moins pénible, au moins musculairement ; mais est-il devenu également de moins en moins ennuyeux ?
Il est un critérium qu’on pourrait adopter pour résoudre ce problème, c’est le suivant : « On a un bon signe de la gaieté du travailleur, quand il a l’habitude de chanter en travaillant. undt (i)et Bûcher ont prouvé que « les chants accompagnant le travail sont, suivant toute probabilité, la forme la plus primitive de la poésie et de l’expression musicale ». « Le travail a donc commencé par être une page de vers avant d’être une page de prose » dit Tarde ; il a la même origine que la poésieet la musique, et il a longtemps conservé o ce caractère rythmique et musical » du début. M. Guiraud retrouve cette commune origine dans les petits ateliers de la Grèce, où le travail était plus attrayant que dans nos grandes usines : « on avait coutume d’égayer sa tâche par des chants... Au Pirée, on se servait de flûtes, de fifres et de sifflets pour donner de l’entrain aux ouvriers de l’arsenal militaire et régler leurs mouvements ». G est aussi Le Play (a) qui consacre dans ses monographies ouvrières un chapitre spécial aux conversations et constate la présence du travail en commun, accompagné de chants aux âges primitifs. Et encore maintenant ce travail en commun est à la campagne « une satisfaction rare donnée au besoin de sociabilité» ;