‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 115 sur 233 · I. Psychologie économique, p · texte numérisé non relu

I. Psychologie économique, p

Dupont ^ *

et si tranchée établie par Tarde entre le travail et l’invention est un peu trop catégorique. Dans la réalité des faits, et Tarde lui-même a été obligé de le reconnaître, ces deux facteurs sont intimement mêlés. A dire vrai, s’il y a des inventions qui ne coûtent pas de travail, il en est beaucoup qui en ont réclamé beaucoup. Et en définitive, le travail de l’inventeur, malgré la joie indicible qu’il lui procure au moment où l’étincelle Jaillit, est parlois pénible, absorbant et délabrant.

Cette petite réserve proposée, nous devons reconnaître que toutes ces observations de Tarde sont fort instructives ; ces pages sont extrêmement attachantes. Ces remarques sur la fatigue et l’ennui, sur l’importance de la considération attachée aux travaux sont des plus curieuses et prouvent quelle contribution utile la psychologie peut apporter au développement de l’économie politique.

De la division du travail.— Il serait utile avant d’aborder le cJiapitre de la monnaie et de quitter définitivement cette grande question du travail de revenir un peu sur un de ses aspects et que Tarde a plutôt laissé dans l’ombre : nous voulons parler de la division du travail. Certes, Tarde y reviendra dans le troisième livre de sa Psychologie économique à propos de l’association. Il faut d’abord regretter que le plan adopté par notre auteur 1 ait ainsi obligé à traiter cettequestion à plusieurs reprises ; il eût été préférable de la traiter complète-

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ment du premier coup et c’était ici, pensons-nous, que devait être sa vraie place.

De plus. Tarde a, croyons-nous, trop négligé ce phénomène qui Joue manifestement un rôle prépondérant dans les relations économiques, et qui a été un facteur fort important des évolutions économiques et sociales. Nous ne contestons pas assurément le rôle fécondant de l’invention et Adam Smith a fait preuve d’émerveillement un peu naïf en présence des effets de la division du travail.

Mais Tarde lui-même ne s’extasie-t-il pas quelque peu devant les merveilles de toute sorte dont la source magique, c’est précisément l’invention.

Quoi qu’il en soit la thèse un peu simpliste de Smith a été depuis merveilleusement enrichie et Tarde eût pu serrer de plus près cette notion de la division du travail. Depuis Smith (i) en efl’et, M. Durkheim (2) notamment dans son livre sur la Division du travail social, et plusieurs autres philosophes, aussi bien qu’économistes, nous ont présenté cette question sous un tout autre Jour. De même M. Bouglé (3) essayant d’envisager les théories récentes sur la division du travail et se demandant où en était arrivé cette théorie, nous montre que cette question a plus d’importance que Tarde semble le reconnaître au premier abord.

1 . A. Smith. Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations.

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