‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 125 sur 233 · I . Psychologie économique, p. Sao-Sag · texte numérisé non relu

I . Psychologie économique, p. Sao-Sag

valeurs de Bourse étaient ohjcctives,la baisse ne devrait pourtant se limiter qu au titre en question, ici à la rente d Etat, les autres devant même se trouver plutôt rehaussés par comparaison Aussi, conclut Tarde, « les palais de la Bourse sont ainsi, sans qu’il y paraisse, des laboratoires, continuellement actifs, de psychologie collective. »

Ds la KHileiir intrinsèque de la monnaie. — Dans ce chapitre de la monnaie. Tarde nous a encore montré des aperçus nouveaux, des vues originales notamment sur la psychologie des financiers et des habitués des Bourses, gens que l'on pourrait croire plutôt froids et de sens rassi et que nous voyons pourtant si passionnés et si fiévreux. L’application du point de vue psychologique semblait cependant au premier abord difiieile à introduire dans ce problème si abstrait (*t de nature à réclamer une explication plutôt objective. Et en effet,la première solution qui fut apportée à ce problème fut des plus objectives ; elle consistait à admettre que la monnaie était la richesse par excellence. Celte solution que préconisait la théorie mercantile et dont les effets furent fâcheux, parce qu’elle était erronée, atteignit son apogée aux xviie et xvm® siècles. Elle postulait pratiquement 1 existence d’un protectionnisme étroit au point de vue du commerce international : il fallait éviter que le numéraire, la richesse par excellence, ne quittât le pays cl au contraire favoriser l’industrie et les expor-

tâtions des marchandises de manière à faire aflluer dans

le pciys iiielaïux précieux.

Cette théorie est complètement discréditée maintenant et Tarde n'a pas eu de peine à la sacrifier. Mais il tombé dans l'excès contraire et ne sembler suite des désirs et des croyanpétuels de toute transformation éco-

qui de multiples sont nombreuses, ar riveune seule.

peut-être est t-il pas nous dire que pa ces, ces facteurs per nomique et sociale, les monnaies devenues dès maintenant très peu ront un jour à se fusionner complètement en or, ou billet de banque, dont la valeur consisterait tout simplement dans une croyance générale, dans un acte

de foi universel ?

Nous admettons parfaitement que la monnaie n’est pas une marchandise comme une autre, qu elle n est pas toute la richesse, qu elle n’est pas uniquement objective, et que dans la monnaie de papier notamment, sous toutes ses formes multiples, il entre une immense part de croyance ou de confiance, c’est-à-dire un élément subjectif ; mais il est assez risqué de ne pas tenir un compte plus grand du caractère objectif de la monnaie et spécialement de sa valeur intrinsèque. Il y a là, cri»yous-nous, une réédition, sous une tout autre forme naturellement, de la théorie, dite réaliste, reprise avec vigueur en ces derniers temps, par M. Nogaro principalement, et opposée à la théorie quantitative, admise en général par les économistes.

M. Nogaro (i) nous dit en effet que la valeur du numéraire dépend beaucoup plus des lois monétaires que de la production plus ou moins abondante des métaux précieux. Envisageant précisément la fameuse question du bi métallisme, cet économiste prétend que la cause de la dépréciation de l argent n’est pas tant l’afflux de ce métal sur le marché quela suspension de la frappe libre. Si 1 on n avait pas arrêté cette frappe de l’argent, les écarts entre l’or et l’argent n’eussent été que très faibles, de simples oscillations à peine sensibles. Mais cette

mesure législative a précipité la chute de l’argent, du

Jour où elle en a interdit la frappe. La loi a donc pour M. Nogaro l’influence déterminante en toute question monétaire.

Gabriel Tarde ne nous parle pas de loi. mais de désirs et de croyances. Nous pourrions cependant indiquer qu il n y a peut-être pas une grande différence entre une loi, mesure généralement édictée pour être appliquée à toute une collectivité et d’ordinaire conforme aux besoins et aux aspirations de cette collectivité, et une croyance ou confiance, état d’âme de toute une collectivité également et souvent même plus impérieux que certaines lois. En tout cas, pour Tarde, c’est la croyance qui semble avoir l’influence déterminante et primordiale

I . M. Nogaro. Reçue d'économie politique, octobre iqo5 et 1908.

dans ces questions. Il y a là, comme dans la thèse de M. Nogaro, une méconnaissance de la valeur intrinsèque de la monnaie. 11 serait plus exact d adopter la théorie quantitative, de reconnaître que le caractère d’une bonne monnaie sera toujours d’avoir une certaine valeur réelle, qui peut servir de garantie dans les échanges nationaux et internationaux.

8“ La question du bi-métallisme. — Une autre remarque nous semble également nécessitée par le peu d’importance que Tarde paraît attacher à la question du mono métallisme et du bi-métallisme. Malheureusement ce sujet n’a pas été traité complètement dans ce chapitre et c’est surtout dans le livre des oppositions économiques que Tarde épuisera cette question à propos des oppositions monétaires (i). C’est encore un grief de plus contre le plan adopté par cet auteur.

En tout cas, ce grave problème du bi-métallisme semble n’avoir dans le système de Tarde qu’une importance minime : « par là s’offre à nous, dit-il, comme trop facile à être résolue pour être longuement discutée, la question du bi-métallisme et du mono-métallisme, qui est, de nos jours, la plus anxieuse des luttes de la monnaie avec elle-même ». Le problème en somme se réduit à ceci selon Tarde ; Les monnaies luttent entre elles, régies en ceci comme partout par la tendance générale

vers runification .

T. Tarde. Psychologie économique, t. II, p. iSS-iSq.

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