CHAPITRE VI
premières et pour la fabrication des outils ou machines propres à fabriquer les produits nouveaux «.Certes Tarde ne nie pas que cette découverte, que ces procédés techniques ont besoin de matières premières pour s’y appliquer ; mais en somme, la seule portion indispensable des produits anciens, c’est ce faisceau d’idées et d'inventions rassemblé dans le cerveau de l'inventeur. Ainsi pour la locomotive par exemple, la seule chose indispensable en toute rigueur pour sa production, « c’est la connaissance détaillée des pièces d’une locomotive, de la manière de les fabriquer et d’abord d’extraire les matériaux dont elles sont faites ».
Et c'est si vrai que si l’on suppose que subitement tous les ingénieurs américains viennent à perdre la mémoire de toutes leurs connaissances techniques, au milieu du prétendu capital colossal des Etats-Unis, machines perfectionnées, ateliers énormes, etc., ils ne parviendront à rien produire. Et empruntant une instructive anecdote à M. Carol Wright, Tarde nous montre l’Anglais Samuel Slater apportant en 1789 aux Etats- Unis, en une cargaison impondérable et invisible « tout le capital d’où la grande industrie américaine est sortie » ; c’étaient tout simplement les connaissances techniques sulïisantes pour construire les premières machines à filer le coton.
C’est là le vrai, l’essentiel du capital, mais ce n’en