‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 130 sur 233 · I. Psychologie économique, p · texte numérisé non relu

I. Psychologie économique, p

Quant au eapital-invention, il commence par être la propriété exclusive de l’inventeur, puisque toutes les inventions naissent de l’individu ; mais toutes finissent à la longue par tomber dans le domaine commun, ce qui est d ailleurs la condition presque nécessaire de leur conservation, si bien qu’ici l’on passe toujours de la propriété individuelle à l’appropriation collective. Quant au capital auxiliaire, l’individu peut l’entretenir et le conserver aussi bien que la collectivilé et en fait l’initiative privée a toujours précédé 1 initiative publique dans la mise en œuvre des inventions. Et par une généralisation lente et due aux rayonnements imitatifs, à la force de l’exemple, cette invention s’étend et tend quelquetois à devenir collective. Mais Tarde ne veut pas toucher ici à la question du socialisme et se contente de dire que la propriété individuelle a fait ses preuves relativement à la conservation et à l’accroissement du capital matériel, tandis que la propriété collective n’a pas encore fait les siennes.

Ce que l’on doit pratiquement réaliser, c’est faciliter aux hommes les plus capables le moyen d’acquérir les connaissances théoriques et pratiques (d les ressources nécessaires pour les mettre en œuvre, c’est-à-dire l’accès de tous à 1 enseignement théorique et technique et la diffusion du crédit combiné avec l’association.

On devine maintenant quelle réponse Tarde, étant donné son système, devra faire aux théoriciens marxistes

pour qui les ouvriers auraient droit de se partager tout le produit de leur travail combiné avec celui des machines qu’ils surveillent, mais qu’ils n’ont ni inventées ni fabriquées.

En bonne logique, on devrait décider que le travail de ces ouvriers ne doit être payé qu’en raison de sa seule durée ou de sa seule intensité. Car cette machine qu’il n’a ni inventée, ni fabriquée, l’ouvrier ne peut exiger que le jeu en soit gratuit, ou que lui seul bénéficie de son fonctionnement .

Mais en fait, le seul problème pratique à considérer ici, c’est de savoir dans quelles proportions le propriétaire de la machine, l’ouvrier et le consommateur bénéficieront de son travail. Or l’apparition et l’adaptation d’une invention nouvelle produisent trois effets : i» Un accroissement du bénéfice des entrepreneurs ; 2° une hausse des salaires de l’ouvrier, dont le prix, ditM. Levasseur, tend toujours à s’élever avec la productivité du travail ; 3“ un avantage évident pour le consommateur, qui pourra se procurer un article meilleur ou moins cher. Et si rien n’est plus variable que la proportion de ces trois éléments, il est certain que les gains de l’entrepreneur fort considérables au début de l’exploitation de l’invention nouvelle vont diminuant avec la vulgarisation de cette invention, tandis qu’au contraire, le salaire de l’ouvrier progresse, ainsi que l’avantage du

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